jeudi, avril 23, 2009

Chanter la joie de servir Dieu

mardi, avril 21, 2009

Qui oserait dire que Monseigneur Fort a raison ?

Pourtant on peut l'affirmer : Oui ! Les risques d’échec du préservatif ont été identifiés et prouvés scientifiquement ! Je vous livre à ce propos un texte de Alain Toulza qui a le mérite de dire tout haut ce qu'on ne dit même pas tout bas :

"Sida. Le vaccin de la vérité", ouvrage que j’ai publié en 1995 sous le pseudonyme de Thomas Montfort, a produit des preuves irréfutables du mensonge associatif et officiel sur le taux de fiabilité du préservatif. Il rassemblait une somme unique de témoignages médicaux, d’enquêtes scientifiques et d’informations techniques de sources diverses et de haut niveau dont les plus importantes ont été soigneusement cachées par les autorités publiques. En particulier :
  • Une étude de la University of Texas, Medical Branch. Effectuée par onze équipes sous l’autorité du professeur Susan Weller et intitulée Meta-analyse de l’efficacité du préservatif dans la réduction de la transmission sexuelle du Virus HIV, indiquait une efficacité globale de 69% sur un an pour 100 rapports dans l’année (in Soc.Sc.Med., vol.36, n° 12, pp.1635-1664, 1993).
  • L’éditorial du New England Journal of Medicine du 11.8.1994 (volume 331 n° 6, p.391), qui rendait compte des travaux de la conférence internationale de Yokohama sur le sida (août 1994). Il a validé l’étude de synthèse du professeur Susan Weller; puis, à propos d’une enquête du Centre Européen pour la Surveillance Epidémiologique (CESE) du sida (en fait, une équipe de l’Hôpital national de Saint-Maurice) menée à l’initiative du ministre français de la Santé, il a exprimé le sentiment commun que "L’échantillon [des personnes suivies] n’était pas assez large pour écarter la possibilité d’une transmission dans un taux supérieur à 1,5% personnes-années parmi les utilisateurs réguliers du préservatif. "
    Ce que, dans un élan déjà mensonger, le pouvoir politique avait voulu faire croire par le biais d’une structure dépendante était sévèrement stigmatisé dans une instance internationale scientifique libre de toute pression. A noter que, rapporteur à Yokohama des travaux du CESE, la doctoresse Isabelle de Vincenzi concluait, dans la revue Biofutur de juin 1994 : "Le sexe sans risque (safe sex) exclut tout type de pénétration, avec ou sans préservatif, à la seule exception des relations entre partenaires non infectés et fidèles... Tout type de pénétration sexuelle avec une personne séropositive ou de statut sérologique inconnu comporte un risque potentiel... Des messages de prévention se donnant pour objectif, ne serait-ce qu’implicitement, d’atteindre un risque nul ne correspondent à aucune réalité ni psychologique, ni sociale, ni épidémiologique. "
  • Les révélations du chef de la section des Propriétés polymères du Naval Reserch Laboratory des USA, C.M. Roland : "La superficie des préservatifs apparait comme une surface couverte de cratères ayant un diamètre de 15 microns environ et d’une profondeur de 30 microns. Pire même, dans l’optique de la transmission du virus, nous avons découvert des canaux de 5 microns de diamètre, qui traversent la paroi de part en part. En d’autres termes, cela signifie qu’il existe des passages qui établissent un lien de communication entre l’intérieur et l’extérieur du préservatif et dont le diamètre est cinquante fois supérieur à celui du virus HIV. "

D’autres études citées corroborent ces vérités. Mais en 1995 déjà, au plus fort de la campagne de promotion du préservatif, il était impardonnable d’exprimer un point de vue contraire au discours officiel en la matière, et quiconque s’y aventurait était violemment pris à partie et qualifié de criminel. Pourtant, à l’occasion d’un recours en Conseil d’Etat intenté par une coordination d’associations (le C.I.D) contre sa circulaire du 15 avril 1996 relative à la prévention du sida en milieu scolaire, François Bayrou, alors ministre de l’Education nationale, informé par les plaignants de la teneur des preuves scientifiques que révélait mon livre sur la fiabilité dangereusement limitée du préservatif, a totalement esquivé le débat. Le gouvernement - en premier lieu le ministre de la Santé, M. Douste-Blazy - s’est bien gardé de citer l’ouvrage en justice ou même d’en contester publiquement le contenu. L’auteur s’attendait, pour le moins, à une volée de bois vert en provenance des instances officielles concernées mises nommément en cause, ainsi que des associations dites de prévention. Il n’en a rien été et la presse aux ordres, largement attributaire d’exemplaires du livre, a, pour sa part, entouré ce dossier accablant d’un mur de silence. "Sida. Le vaccin de la vérité" a été diffusé, dans le cadre d’une troisième édition, en 5.000 exemplaires auprès des évêques d’Afrique francophone en 1996.Aujourd’hui, ce livre n’a pas pris une ride. Il vient même d’être conforté en grande partie par un document des plus officiels, le Guide d’interventions prioritaires de l’OMS publié le 3 avril 2009. Ce Guide "… fournit des informations techniques sur toute une série de sujets, de la procédure à suivre pour élargir les programmes de préservatifs, aux dernières normes et directives thérapeutiques." Au point 1.2.1.1 intitulé Promotion et soutien de l’utilisation du préservatif (p. 16), il est écrit que "L’utilisation correcte et systématique du préservatif réduit le risque de transmission sexuelle du VIH de 80-90%." Si l’utilisation en est "correcte et systématique", c’est donc que le risque provient du "matériau" utilisé ! En fait, les travaux de recherche entrepris depuis dix ans pour améliorer la fabrication du condom n’ont toujours pas abouti à éliminer les plus petits (mais trop grands) microtrous. S’il en était autrement, le monde entier en aurait été informé à grands fracas médiatiques.

Alain Toulza est président du collectif Oui à la Famille, et l'auteur de deux excellents ouvrages politiquement incorrects parus aux Editions F-X de Guibert, qu'on peut se procurer auprès de l’Association Papa, Maman et Nous, 24 rue Louis Blanc, 75010 Paris.Sida. Le vaccin de la vérité(121 pages):15 € port inclus. Le meilleur des mondes sexuels (345 pages): 25 € port inclus. Les deux volumes : 35 €, port inclus.

vendredi, avril 10, 2009

Vendredi Saint

Au reposoir


La nuit tombée gardait le souvenir de la belle journée ensoleillée. L'air était doux, le ciel dégagé. Beaucoup de monde dans les rues mais bien peu parmi cette population occupée semblait pénétrée de l'esprit qui devrait pourtant imprégner l'atmosphère et rendre nos gestes et nos actions plus mesurés, nos paroles retenues et notre regard comme voilé par la proche passion de Notre Seigneur. C'est le jour ou Jésus lava les pieds de ses disciples. Jeudi saint. Dans toutes les églises du monde, les tabernacles sont vides. Ce trou béant au coeur de nos temples est aussi une immense blessure dans nos coeurs... Je traversais donc la ville pour me rendre à Saint Paul, au couvent des dominicains où le reposoir était ouvert à l'adoration des fidèles jusqu'à minuit. Dans la nef peu éclairée, une cinquantaine de personnes étaient restées après la messe pour écouter les textes lus par les frères. Dans une chapelle latérale on a dressé le reposoir, magnifique velum de toile rouge orné de galons d'or, l'autel débordant de fleurs blanches et de feuillages, avec deux magnifiques guirlandes de lys et de verdure, des cierges et deux anges de chaque côté du reposoir, rutilant. L'impression de pénétrer l'atmosphère pleine de gloire et de piété des peintres du XVIIe siècle... A la beauté immédiate, visible, voulue par les frères, se rajoutait cette atmosphère particulière aux lieux de prière, la nuit quand, posée au milieu de la ville, au milieu du monde, ils semblent capter une énergie différente mais pourtant partie intégrante de leur environnement. Non pas hors du monde, mais en lui et au-delà de lui. Le sielnce, le peu de lumière, les parfums, tout concourt bien sûr à rendre cette impression de paix et de sérénité. Nous avons prié , chacun avec ses mots, ses attitudes jusqu'à minuit. Certains étaient à genoux, d'autres le front contre le sol, d'autres sur les bancs, sur des chaises. Quelque chose de fort, comme chaque année se répandait parmi nous et montait, remplissant les lieux comme les volutes d'encens qui se répandent dans la nef au moment des offices. Il était là, dans ce petit placard de marbre et de cuivre, entouré de fleurs aux parfums enivrants. Et me revint à l'oreille le célèbre choral de la passion selon St Matthieu de Johann Sebastian Bach que nous chanterons demain à l'office du Vendredi Saint. J'aurai pu rester là toute la nuit, dans ce silence si plein, face à Lui, totalement présent et à la fois tellement douloureusement loin. Et ces paroles qui résonnaient en moi...

"Mache dich, mein Herze, rein,
Ich will Jesum, selbst begraben.
Denn er soll nunmehr in mir
Für und für
Seine süsse haben.
Welt, geh aus, lass Jesum ein !"

mardi, mars 24, 2009

Prière du matin


Rassasie-nous de ton amour au matin,nous serons dans la joie et le chant tous les jours.

(Psaume 90,14)

jeudi, mars 19, 2009

Paroles pour le Carême


« Je marche vers Dieu à reculons, je tomberai en Lui à la renverse »
Gustave Thibon

mercredi, mars 18, 2009

Vérités

"Des pays un temps riches de foi et de vocations perdent désormais leur identité propre, sous l'influence délétère et destructive d'une certaine culture moderne. On y voit celui qui, ayant décidé que Dieu est mort, se déclare dieu lui-même, et se considère le seul artisan de son propre destin, le propriétaire absolu du monde... Mais quand l'homme élimine Dieu de son propre horizon, est-il vraiment plus heureux ? Devient-il vraiment plus libre ?... N'arrive-t-il pas plutôt - comme nous le démontre amplement la chronique quotidienne - que s'étendent l'arbitrage du pouvoir, les intérêts égoïstes, l'injustice et l'exploitation, la violence dans chacune de ses expressions ? En fin de compte, l'homme se retrouve plus seul et la société plus divisée et confuse".
Benoît XVI

Ma liberté

Discutant l'autre jour avec une dame - charmante et attentionnée au demeurant - envoyée par les services des impôts pour comprendre ma manière de fonctionner, je me suis rendu compte combien les conséquences de mon cheminement intérieur pouvaient paraître incroyables et bizarres aux yeux des gens contraints de demeurer dans le système et d'y coller. Les évènements de ma vie privée, l'évolution (le mot est mal choisi mais c'est le seul auquel je pense sur l'instant) de notre monde et mes nombreuses heures de Désert, semblent confirmer la validité de mes choix qui, s'ils m'enlèvent toute possibilité de m'enrichir, de me faire connaître; d'avoir une "position", m'ont apporté une paix profonde, une joie inexorable et la certitude d'être enfin sur la bonne voie, ouvert aux autres. A l'écoute. Disponible et serein. Cette liberté conquise sur mes atavismes, mes manques, mes conformismes. Sur mon éducation et la culture de mon milieu simplement. Mais cette liberté n'est pas une fin en soi, sinon elle ne serait qu'égoïsme. Elle est un moyen. Elle me permet de regarder aujourd'hui l'autre comme il est et non à travers de prismes déformants. Elle me permet d'appréhender chaque situation de mon existence avec un regard à chaque fois différent. Elle est à reconquérir chaque jour, éternelle lutte contre moi-même. Elle procède de bien plus haut et plus important que moi, car c'est la soumission à l’Autre qui conditionne la liberté. Une soumission voulue, joyeuse et active.
En cherchant comment expliquer ce ressenti, j'ai déniché un beau texte du Père Rouet, notre vicaire épiscopal, noté sur son blog :
"La liberté est le bien le plus précieux et le moins partagé dans le monde des hommes... Elle est essentiellement intérieure. Elle ne se confond ni avec le libéralisme ni avec le caprice de faire ce que je veux, quand je veux... Elle n'est vraie et réelle que sous la forme d'une libération. Je ne nais pas libre, je le deviens ... peut-être ! Elle est ce sentiment profond d'être soi, l'expérience d'un épanouissement de soi qui déploie mon être et mes capacités de vie et de relation. Elle n'est jamais acquise une fois pour toute. Elle ne s'expérimente que dans l'ouverture à l'autre, que dans le consentement à soi et à l'autre. C'est dans le désert que j'apprends à l'aimer car il n'y a rien d'autre que Dieu et l'immensité..."

lundi, mars 16, 2009

Monseigneur Marc Aillet, nouvel évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, a été interrogé dans la revue "La Nef" à propos de la levée des excommunications des quatre évêques sacrés par Monseigneur Lefebvre sans mandat pontifical en 1988. Voici un extrait des propos de Monseigneur Aillet sur ce sujet :

"Sans doute les propos négationnistes intolérables de Mgr Williamson sont-ils venus parasiter la décision du Saint-Siège et je ne peux m’empêcher de penser qu’ils ont servi ceux qui veulent systématiquement discréditer le Saint-Père et faire peser le soupçon sur ses intentions. [...]
Mais l’incompréhension vient aussi de l’ignorance qui caractérise de nombreux fidèles par rapport au Concile Vatican II, dont on peut se demander, à quarante ans de distance, s’il a été effectivement reçu. C’était la question que posait Jean Paul II en 2001 dans sa lettre, Au début du nouveau millénaire : « En préparation du Grand Jubilé, j’avais demandé que l’Église s’interroge sur la réception du Concile. Cela a-t-il été fait ? » Force est de constater que, lors de la levée de bouclier qui a accueilli, y compris au sein du monde catholique, la levée des excommunications, l’on a d’autant plus invoqué le Concile Vatican II de façon incantatoire que l’on est souvent bien loin, dans sa mise en œuvre, du véritable Concile. [...]
Comment taire la contestation ouverte qui s’est parfois imposée de manière explicite de la part de pasteurs ou de théologiens, constitués en véritables groupes de pression, qui comptent parmi les principaux défenseurs de l’esprit du Concile, sur des points essentiels de la foi ou de la morale catholique, rappelés pourtant sans ambiguïtés par le Concile et par le Magistère post-conciliaire : je pense à la doctrine d’Humanae Vitae ( Une encyclique promulgué par Paul VI en 1968 ) sur la régulation naturelle des naissances, l’indissolubilité du mariage, le non-accès des femmes au sacerdoce ministériel, le célibat des prêtres, la nature sacrificielle de la Messe, la présence réelle, le sacrement de pénitence et de réconciliation, etc. [...]
En outre, je suis de ceux qui demandent que nous soyons vigilants à dénoncer clairement tous les négationnismes : celui de l’holocauste bien sûr, mais aussi celui des goulags soviétiques dont nous avons pu être complices par des rapprochements pour le moins imprudents avec le Parti communiste ou ses dérivés syndicaux dans les années 70, mais encore celui des 220.000 enfants massacrés dans le sein de leur mère : les générations futures ne seront-elles pas en droit de nous reprocher notre silence ?"

jeudi, février 26, 2009

« Quel est le jeûne qui me plaît ?... N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim ? » (Is 58,6-7)

elui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne : il doit sympathiser avec l'homme qui a faim s'il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim ; il doit faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde... Ce que nous avons perdu par le mépris, nous devons le conquérir par le jeûne ; immolons nos vies par le jeûne, parce qu'il n'est rien que nous puissions offrir à Dieu de plus important, comme le prouve le prophète lorsqu'il dit : "Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; le coeur qui est broyé et abaissé, Dieu ne le méprise pas" (Ps 50,19). Offre donc à Dieu ta vie, offre l'oblation du jeûne pour qu'il y ait là une offrande pure, un sacrifice saint, une victime vivante qui insiste en ta faveur...
Mais pour que ces dons soient agréés, il faut que vienne ensuite la miséricorde. Le jeûne ne porte pas de fruit s'il n'est pas arrosé par la miséricorde ; le jeûne devient moins aride par la miséricorde ; ce que la pluie est pour la terre, la miséricorde l'est pour le jeûne. Celui qui jeûne peut bien cultiver son coeur, purifier sa chair, arracher les vices, semer les vertus : s'il n'y verse pas les flots de la miséricorde, il ne recueille pas de fruit.
Toi qui jeûnes, ton champ jeûne aussi s'il est privé de miséricorde ; toi qui jeûnes, ce que tu répands par ta miséricorde rejaillira dans ta grange. Pour ne pas gaspiller par ton avarice, recueille par tes largesses. En donnant au pauvre, tu donnes à toi-même ; car ce que tu n'abandonnes pas à autrui, tu ne l'auras pas.
Saint Pierre Chrysologue
Docteur de l'Eglise, mort en 451.

mercredi, février 25, 2009

Un message d'amour et de sérénité

En ce premier jour de Carême, je voudrais apporter aux lecteurs de Doux et Humbles de coeur un message de joie et d'espérance. Pendant quarante jours, nous allons pouvoir nous regarder, voir en nous ce qui ne va pas ou pas assez, ce qui devrait mieux aller, ce qui devrait être magnifié, développé, amplifié pour mieux servir Dieu et mieux aimer l'autre. Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois ont un chant très émouvante, merveilleusement interprété comme toujours par cette manécanterie et qui dit tout l'amour, toute l'espérance et toute la foi que les enfants de dieu doivent transmettre et développer. Ces paroles disent à ceux qui sont dans la souffrance et dans le doute, combien l'amour est fort et combien ils sont aimés. Je ne sais pas comment vous ressentirez ces images et ce chant, moi ils m'ont terriblement émus et mes larmes furent de joie et de félicité. Je forme le voeu que vous tous pleuriez aussi de joie et de de félicité, votre espérance renforcée et vos attentes comblées.

Composé pour le centenaire de la plus formidable manécanterie de France, véritable école de foi qui forme depuis 1907 de jeunes garçons parisiens au chant et à la musique dans une optique chrétienne, ce chant est un hymne à la voix, à l'espérance et à l'enfance, naturellement bonne et solidaire. En voici les paroles :

Tout autour de la Terre,
Depuis déjà cent ans,
Unis et volontaires,
Nous défions le temps.
Apôtres et missionnaires
D'un monde en plein tourment,
Nous révélons le mystère
En sublimant nos chants.
Musique Universelle, Musique la plus belle,
Celle qui nous a tant donné, survivra pour l'éternité.
Elle tourne dans nos têtes, sans jamais s'arrêter,
Elle est l'âme d'une fête, un souffle de liberté.
Qu'il soit dans la misère,
Qu'il soit riche ou puissant,
Qu'il soit l'enfant d'une guerre,
Ou le fruit d'un serment,
Nous lui disons sereins,
Qu'il est digne d'amour,
Que même après la fin,
Il est un nouveau jour !
Musique Universelle, Musique la plus belle,
Celle qui nous a tant donné, survivra pour l'éternité.
Demain de nos poussières des voix s'élèveront,
Perpétuant nos prières, elles diront de chanter,
Pour l'humanité.

dimanche, février 01, 2009

La transfiguration par Duccio di Buoninsegna.

dimanche, janvier 25, 2009

Combien prompte est la discorde

Encore une fois, et sur un sujet délicat, l'homme moderne - et les médias - il est dit tout et n'importe quoi. Le Saint Père, fidèle à sa volonté annoncée dès le début de son pontificat, de mettre un terme au plus important schisme de l'Eglise depuis la Réforme, vient d'annuler l'excommunication de quatre évêques que Monseigneur Lefèvre avait consacré, en opposition aux règles de l'Eglise catholique. Ce geste aussitôt contesté s'inscrit dans ce désir d'unification à l'intérieur de l'Eglise romaine. Comment vivre l'unité des chrétiens, si dans sa propre maison on est désuni ? Ce n'est pas pour rien que cette mesure est officialisée au moment où les églises chrétienns prient ensemble sur l'Unité et l'oecuménisme.
Aussitôt des esprits chagrins relayés par d'autres mal intentionnés ou braqués donnent en pâture à l'opinion publique le pape et la Curie romaine, vus par eux comme un groupement de traditionnalistes obscurantistes et conservateurs, donc dangereux pour l'époque libertaire et décadente dans laquelle nous vivons. Souvenez-vous que pour bon nombre d'intellectuels, il est interdit d'interdire.
Quand, en plus, l'un des évêques tient des propos négationnistes, c'est la furie qui se réveille. Oui l'évêque schismatique anglais pense qu'il n'y a pas eu de chambre à gaz. Il ne nie pas la Shoah, il pense, à titre personnel, que les chambres à gaz n'ont pas existé. C'est l'opinion d'un homme et non pas le reflet de la pensée de l'Eglise. Certainement pas la pensée de Benoît XVI. J'ai même entendu quelqu'un dire "c'est normal, ce pape est bavarois, il ne peut pas cacher ses sympathies naturelles". C'est un scandale d'entendre cela.
Comme c'est un scandale pour ceux qui ont des membres de leur famille disparus dans les camps d'entendre un homme de Dieu prétendre que la solution finale n'est qu'une invention des sionistes et des marxistes. Mais bon sang, on ne peut accepter non plus ce politiquement correct qui interdit la manifestation de toute opinion hostile aux juifs. Ce peuple, élu par Dieu, nos frères, a été martyrisé par l'Allemagne nazie, comme avant dans la russie tsariste. C'est un fait indéniable et un scandale incroyable dont nous portons tous, que nous le voulions ou pas, une part de responsabilité. Mais doit-on assimiler pour autant les propos d'un homme, même d'église, à la pensée profonde de l'institution et de son chef, le pape ?
L'annulation des excommunications que Jean Paul II avait prononcé parce que c'était la seule position tenable pour le Vatican à l'époque, prouve seulement que les choses ont changé aujourd'hui. Le pape n'est pas homme à agir sans raison. Sa démarche est logique : ramener l'unité au sein de l'Eglise romaine. Resserrer les rangs et en finir avec ce scandale de la séparation. De grands progrès ont été faits. Il fallait un geste fort pour en finir avec le schisme. Malheureusement les traditionnalistes comptent parmi eux bon nombre de fidèles qui n'ont rien appris, ni rien oublié. Des gens pour qui le passé est la Vérité et qui refusent en bloc la démocratie, la laïcité, la république, l'oecuménisme et qui considèrent les autres églises comme des suppots de Satan. Il nous faut prier pour eux, avec compassion et regretter que leur pensée exigue se propage de génération en génération...
Délicat problème. Délicat sujet.
Si je ne partage pas la pensée de cet évêque "négationniste", si je suis un fidèle de Vatican II, je suis aussi persuadé de l'infaillibilité du successeur de Pierre et j'ai confiance en ses intuitions et je crois qu'il est bon de ramener les brebis dispersées. Pour mieux semer la Bonne Parole, sans discorde ni ressentiment.
Quand au prélat qui dit haut et fort ses convictions, pourquoi les associations de déportés et les familles des victimes n'entament-elles pas une action en justice contre l'homme, au lieu de laisser la presse - et le grand public - faire un procès d'intention à Benoît XVI ?

jeudi, janvier 22, 2009

Un hommage unanime : Le grand théologien orthodoxe Olivier Clément s’est éteint

La nouvelle fait la une du portail ligne de l’Eglise catholique en France : le théologien et historien français Olivier Clément est décédé à Paris le 15 janvier 2009 au soir, à l’âge de 87 ans. Il était membre du Conseil d’Eglises chrétiennes en France (CECEF) et ancien membre du Comité mixte catholique-orthodoxe.
Dans un communiqué diffusé le 16 janvier, l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France rend hommage à une "personnalité marquante et attachante de l’Orthodoxie en France, en Europe et de par le monde", souligne le site de la conférence des évêques français.

Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé, sur laquelle Olivier Clément a écrit un livre, a déclaré notamment : "La mort d’Olivier Clément nous touche, nous les frères de Taizé, jusqu’au plus profond de nos coeurs. C’était un ami proche. Par ses paroles lors de ses visites à Taizé, ou par ses livres, non seulement il nous a aidés à aimer l’orthodoxie, mais il a nourri notre foi et notre vie intérieure. Il était le témoin d’une communion réalisée entre l’Orient et l’Occident".
Il a ajouté : "Quand il rencontrait frère Roger, ces deux hommes pourtant si différents se comprenaient presque sans paroles, ils avaient la même vision d’un Dieu qui ne juge pas l’être humain mais qui ne peut qu’aimer".


A Rome, la communauté catholique de Sant’Egidio évoque un autre livre d’Olivier Clément en rappelant que "de sa proximité avec le patriarche oecuménique Athénagoras est né un monument de la littérature spirituelle du XXe siècle, « Les Dialogues avec Athénagoras », qui constitue encore aujourd’hui une source de grande sagesse spirituelle".


Amoureux de la beauté divine
"Olivier Clément était par excellence un être « philocalique », un véritable amoureux de la beauté divine qu’il recherchait et décryptait dans le monde et dans toute personne et qu’il retraduisait par une pensée théologique puissante et abondante, s’exprimant dans une parole poétique pleinement enracinée dans la vie et la tradition de l’Eglise", relève le site dans le communiqué orthodoxe. Cette "philocalie" et cette poésie ont traversé ses méditations pour le traditionnel Chemin de croix du Vendredi Saint au Colisée à Rome, que Jean-Paul II lui avait confiées.


Voir en Dieu tout visage d’homme
Ce 10 avril 1998, le théologien orthodoxe avait proposé des méditations sur le "visage" et sur la place donnée aux Saintes Femmes par les Evangiles : elles ont "le rôle majeur", écrivait-il, à part Saint Jean, étant "les seules fidèles, à la fois les plus exposées et les plus aimantes".
Olivier Clément associait la présence des femmes et le geste de compassion de Véronique, reproduit par les chemins de croix de tradition franciscaine. Il avait choisi cette expression franciscaine pour se "couler dans la sensibilité catholique". "Pour un orthodoxe", expliquait-il, "entrer dans la spiritualité franciscaine de la Via Crucis, c’était tenter d’en souligner la profondeur non seulement humaine mais divino-humaine".
Il s’arrêtait donc, lors de la VIe station, à ce geste de Véronique "essuyant le visage du Christ d’un voile où il s’imprime et se transmet à nos églises : tant de Saintes Faces où se montre en pleine pâte humaine le visage de Dieu, afin que désormais nous puissions voir en Dieu tout visage d’homme".

L’ouverture sans limite de l’amour
Dans la méditation sur le visage du Christ, il écrivait : "On disait alors d’un esclave qu’il est « sans visage », et voici que le plus beau des fils des hommes n’est plus que cet esclave torturé qu’on voit d’autant moins qu’on le torture. Ainsi il est identifié à tous les « sans-visages » du monde, ceux qu’on frappe pour les défigurer et voler leur âme, ceux qui n’ont en face d’eux, pendant des heures, que les écrans des ordinateurs, ceux qu’on désire sans aimer et les riches de fausse jeunesse fardée".
Et à propos du geste de Véronique et du "visage de Dieu", il continuait : "Seule une femme, un être de tendresse et de compassion, d’un geste de mère ou d’amante, a libéré ton visage du masque de sueur, de sang, de crachats. Et voici que la sainte-Face imprimée sur le voile de Véronique ou celui que reçut un roi d’Edesse ou le suaire brûlé du feu de l’Esprit, se multiplie dans nos églises pour nous apprendre à déceler, sous tant de masques, le visage de l’homme, sous tant de masques, le visage de Dieu".
Pour le théologien, lors de la Passion du Christ, "Dieu descend volontairement dans le mal, dans la mort - un mal, une mort dont il n’est nullement responsable, dont peut-être il n’a même pas l’idée, a dit un théologien contemporain -, pour s’interposer à jamais entre le néant et nous, pour nous faire sentir, nous faire vivre, qu’au fond des choses, il n’y a pas le néant mais l’amour". Il continuait : "Dieu se révèle ici non comme une plénitude écrasante, qui juge et qui condamne, mais comme l’ouverture sans limite de l’amour dans le respect sans limite de notre liberté".

L’amitié et la prière Enfin, commentant la dimension oecuménique de cette méditation, confiée depuis plusieurs années par le pape à des personnalités spirituelles non-catholiques, il disait : "sur la route du Golgotha, il ne peut plus y avoir de séparation". Et si les tensions persistent au niveau du dialogue officiel, confiait-il alors à Radio Vatican, avec de "fortes réactions identitaires", il affirmait qu’il y a toujours une place, pour le rapprochement entre les chrétiens, pour "l’amitié" et la "prière". Un message actuel, que le départ d’Olivier Clément pour l’autre rive rappelle avec vigueur, au moment où commence la grande Semaine de prière pour l’Unité des chrétiens.

Article de Anita S. Bourdin

La disparition d'un grand témoin

"La beauté sauvera le monde" (Dostoïevski)


Olivier Clément s'est éteint à Paris à l'âge de 87 ans, après une longue maladie. Ce grand théologien de la beauté, porte-parole de l'Eglise orthodoxe de France a répandu tout au long de sa vie une pensée merveilleusement profonde et a su transcrire dans ses livres une vision extrêmement élevée de la foi et de la tradition religieuse orthodoxe. Le monde a perdu aujourd'hui un grand témoin de la foi. Il chante dorénavant dans le choeur des anges au pied de Notre Seigneur, dans la beauté absolue de Dieu.



Ce petit film, diffusé en novembre dernier, est le dernier entretien d'Olivier Clément à l'occasion de la journée consacrée au 40ème anniversaire de la fondation du Comité inter-épiscopal orthodoxe en France. L'écouter est un régal. Puissent se lever demain d'autres Olivier Clément au service de la foi et puisse chacune de nos église avoir son Olivier Clément !

Parole pour le matin

"Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré"...
(Psaume 110)

mercredi, janvier 21, 2009

Dans le secret du coeur de l'homme

Saint Aelred de Rielvaux était un moine cistercien qui vivait dans ces années terribles de l'an 1000. Ce qu'il écrit demeure merveilleusement actuel. Sa prose est belle, limpide et sa pensée tellement pure qu'elle s'immisce en ceux qui le lisent comme une douce mélodie. Jamais rien de léger chez ce saint homme, rien de tragique non plus. Une grande paix et la certitude que le bonheur vient de Dieu. Ce texte est extrait du Miroir de la charité, réédité en 1992 chez Bellefontaine.
"Quand un homme s'est retiré du tumulte extérieur pour rentrer dans le secret de son coeur, qu'il a fermé sa porte à la bruyante foule des vanités et a fait le tour de ses trésors intérieurs, quand il n'a plus rien rencontré en lui d'agité ni de désordonné, rien qui puisse le tourmenter ou le contrarier mais que tout en lui est plein de joie, d'harmonie, de paix, de tranquillité ; quand tout le petit monde de ses pensées, paroles et actions lui sourit comme le ferait la maisonnée d'un père de famille dans une demeure où règne l'ordre et la paix ; alors se lève soudain une merveilleuse assurance. Et de cette assurance vient une joie extraordinaire et de cette joie jaillit un chant d'allégresse qui éclate en louanges de Dieu. Ces louanges sont d'autant plus ferventes que l'on voit plus clairement combien tout ce qui est bon en soi-même est un don de Dieu. C'est la joyeuse célébration du sabbat qui doit être précédée de six autres jours, c'est-à-dire du complet achèvement des oeuvres. Nous transpirons d'abord en faisant des oeuvres bonnes, pour nous reposer ensuite dans la paix de notre conscience A partir des oeuvres bonnes naît la pureté de la conscience qui conduit au juste amour de soi-même, qui nous permettra d'aimer notre prochain comme nous-mêmes" : "Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens lui disaient : « Regarde ce qu'ils font le jour du sabbat ! Cela n'est pas permis. » Jésus leur répond : « N'avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu'il fut dans le besoin et qu'il eut faim, lui et ses compagnons ? Au temps du grand prêtre Abiathar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l'offrande que seuls les prêtres peuvent manger, et il en donna aussi à ses compagnons. » Il leur disait encore : « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l'homme est maître, même du sabbat." (Evangile selon saint Marc chap. 2, versets 23-28).

mardi, janvier 20, 2009

Hommage à Olivier Clément

Voilà un homme qui respirait à plein avec les "deux poumons" de la foi chrétienne, l'Orient et l'Occident, Byzance et Rome. Avec lui, on passait des Pères de l'Eglise grecque à l'orthodoxie russe martyrisée sous Staline, des guerres d'un Proche-Orient en proie à tous les intégrismes à celles des Balkans dont il connaissait chaque épisode tragique. Olivier Clément est mort jeudi 15 janvier à Paris, à l'âge de 87 ans.
Historien, théologien, il pouvait être considéré, dans la veine des grands mystiques, comme le maître spirituel de l'orthodoxie en Occident, fils spirituel de Nicoals Berdiaev et Vladimir Lossky, respecté, voire vénéré en France comme à Constantinople, à Damas et au Liban.
Si l'orthodoxie est parfois synonyme de fascination pour le passé et la tradition, de repli sur soi et de méfiance vis-à-vis des "frères" séparés du catholicisme et du protestantisme, il était au contraire, reconnu et estimé dans toutes les confessions. Toute sa vie, il se sera révélé un passeur, un homme de dialogue entre le monde croyant et l'incroyance, entre la spiritualité intérieure et le monde extérieur, entre l'orthodoxie dans ce qu'elle a de plus vénérable, voire archaïque, et la modernité la plus avancée.
Son histoire est celle, d'abord, d'une conversion. Il naquit en 1921 au coeur des Cévennes, théâtre de tant de blessures religieuses. Ses ancêtres sont à la fois des protestants et des catholiques, mais il grandit dans un milieu déchristianisé, agnostique, anticlérical. Il n'est pas baptisé, ne reçoit aucune instruction religieuse. Son environnement est marqué par le "paganisme et l'athéisme militant socialiste", où la mort n'est que le néant, Dieu une invention des hommes et Jésus un mythe.
Converti, il ne méprisera jamais ces origines. Adolescent, il dévore la Bible autant que les poètes, Raine Maria Rilke entre autres. Très tôt, il fait l'expérience de ce que la mystique chrétienne appelle les "ténèbres", l'angoisse de l'homme devant le mystère de Dieu et de l'existence. A l'université de Montpellier, il plonge dans l'histoire des grandes religions et des civilisations. Il a pour professeurs d'illustres maîtres repliés dans le Midi à cause de la seconde guerre mondiale. Grâce à eux, il découvre les Pères de l'Eglise et l'anthropologie des religions.
Après avoir passé l'agrégation d'histoire en pleine guerre, il se retrouve dans le maquis, sans cesser de lire Kierkegaard, Newman, Heidegger ou Chestov. Il fait la rencontre de sa vie avec les théologiens et laïcs chrétiens issus de l'émigration russe comme Paul Evdokimov, et fait ainsi son entrée dans un autre univers fascinant, celui de la mystique orthodoxe. Olivier Clément découvre le mystère de la sainte Trinité, tout ce qu'il avait jusqu'ici cherché, à la fois la singularité de la personne humaine et la profusion de la grâce et de la transcendance divine.

... "Dieu est venu me chercher".

Sa conversion à l'orthodoxie est le fruit de ses lectures répétées de Dostoïevski et de Berdiaev, de sa prière au pied d'une icône trouvée chez un antiquaire à Paris, réunissant dans un triptyque Jésus, Marie et Jean-Baptiste. Un événement qu'il traduit ainsi : "A un moment donné, Dieu est venu me chercher et je l'ai suivi. J'ai mis entre parenthèses tout ce que je savais sur les religions. Je lui ai fait confiance." Il est baptisé à l'âge de 30 ans. Professeur au lycée Louis-le-Grand, à Paris, il enseignera aussi pendant près de quarante ans à l'Institut Saint-Serge. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, à la fois poétiques, spirituels, historiques, écrits dans une langue souvent lyrique.
Il s'est imposé progressivement comme la voix de l'orthodoxie, une voix qui retentira bien au-delà de la France. Jean-François Colosimo, lui aussi professeur à Saint-Serge, le définira comme "l'homme qui a réussi à faire passer l'orthodoxie orientale en France et le message de l Occident dans les Eglise d'Orient".
Les entretiens qu'il publie dans les années 1970 avec Athénagoras (1886-1972), patriarche de Constantinople, l'homme de la réconciliation avec Paul VI et de la fin des anathèmes contre Rome, est un témoignage de cette brève période d'oecuménisme fusionnel qui suivit le concile Vatican II (1962-1965).
Grâce à Olivier Clément, l'orthodoxie trouve une place dans l'intelligentsia française. Il est l'ami des poètes comme Pierre Emmanuel. Dans le séisme qui suit Mai 68, il est de ceux qui deviendront les hérauts d'une sorte de christianisme libre, voire libertaire.
Au Proche-Orient, il est aussi l'ami du patriarche d'Antioche, Ignace Hazim, qui dialogue avec l'islam et les autres Eglises, et de tous ces intellectuels orientaux. Il jouit d'un grand prestige aussi dans l'Eglise roumaine, sous le joug de la dictature, puis libérée, attirée, en raison de sa part de culture latine, par une orthodoxie moderne. Il sera le porte-parole d'une orthodoxie ouverte au monde et au dialogue oecuménique. Il entretient de bonnes relations avec Paul VI, puis Jean-Paul II, ce qui lui vaut de passer pour un dangereux papiste chez les orthodoxes les plus bornés.
On ne trouvera aucun observateur à la fois aussi critique envers les scléroses de l'orthodoxie et aussi émerveillé par les trésors de son patrimoine liturgique, sa tradition ascétique et monastique.
Dans un article publié dans Le Monde en 1993 et resté célèbre, il est l'un des premiers à dénoncer la dérive populiste et nationaliste de l'Eglise orthodoxe de Russie après la dislocation de l'empire soviétique. De même, après le démantèlement de la Yougoslavie, se montre-t-il sévère avec ses coreligionnaires engagés dans les guerres des Balkans - entre la Serbie orthodoxe et la Croatie catholique, en Bosnie, plus tard au Kosovo.
Olivier Clément a présidé l'Association des écrivains croyants d'expression française, qui regroupe des écrivains juifs, chrétiens et musulmans.
Plus qu'aucun autre, il aura eu conscience des dérives nationalistes engendrées par le lien historique et théologique entre religion et nation, en Russie, en Grèce, en Serbie... Il laissera le souvenir d'un homme qui aura plaidé pour une conception libre de l'orthodoxie dans un monde pluriel et libre. Il savait que, dans les volutes d'encens de ses églises, sous l'or de ses coupoles et de ses iconostases, elle risque de devenir une religion de musée. Mais il eut en permanence avec l'orthodoxie une relation de tendresse exigeante, toujours lucide.

D'après l'article de Henri Tincq paru dans l'édition du Monde du 20 janvier 2009

mercredi, janvier 14, 2009

Prière d’un Juif pour les enfants de Gaza

"Pour les peuples du proche orient, pour tous ceux qui cherchent une paix juste et durable dans cette région…" : cette prière a été souvent exprimée au cours de la rencontre de Bruxelles et à Taizé, dans cette période d’épreuve. En même temps, le Rabbin Levi Weiman-Kelman, de Kol Ha Neshama, Jérusalem, venu à plusieurs reprises à Taizé, attire notre attention sur la prière qui suit, parue dans les pages du journal Haaretz.

S’il y a jamais eu un temps pour prier, c’est maintenant.
S’il y a jamais eu un lieu abandonné, c’est Gaza.
Seigneur, créateur de tous les enfants, écoute notre prière en ce jour maudit. Dieu que nous nommons le Béni, tourne ton visage vers ceux-ci, les enfants de Gaza, afin qu’ils puissent connaître tes bénédictions et ton abri, qu’ils puissent connaître la lumière et la chaleur où il n’y a maintenant que ténèbres et fumées, et un froid qui resserre et coupe la peau.
Tout-puissant, toi qui fais des exceptions que nous appelons des miracles, fais une exception pour les enfants de Gaza. Protège-les de nous et des leurs. Épargne-les. Guéris-les. Laisse-les vivre en toute sécurité. Délivre-les de la faim et de l’horreur, de la fureur et du chagrin. Délivre-les de nous et des leurs.
Donne-leur de retrouver leur enfance volée et leurs droits de naissance, qui est un avant-goût du paradis.
Rappelle à notre mémoire, ô Seigneur, l’enfant Ismaël, qui est le père de tous les enfants de Gaza. Comment l’enfant Ismaël a été sans eau et laissé pour mort dans le désert de Beer-Sheba, tellement dépouillé de tout espoir que sa mère ne pouvait pas supporter de voir sa vie s’écouler dans le sable.
Sois ce Seigneur, le Dieu de notre parent Ismaël, qui a entendu son cri et a envoyé son ange pour réconforter sa mère Hagar.
Sois ce Seigneur, toi qui étais avec Ismaël ce jour-là et tous les jours d’après. Sois ce Dieu, le Tout Miséricordieux, qui a ouvert les yeux d’Hagar ce jour-là et lui a montré le puits afin qu’elle puisse donner à boire au garçon Ismaël et lui sauver la vie.
Allah, que nous appelons Élohim, toi qui donnes la vie, qui sais la valeur et la fragilité de toute vie, envoie tes anges à ces enfants. Sauve-les, les enfants de ce lieu, Gaza la plus belle, Gaza la damnée.
En ce jour où l’anxiété, la colère et le deuil que l’on appelle guerre saisissent nos cœurs et les couvrent de cicatrices, nous en appelons à toi, Seigneur, dont le nom est paix :
Bénis ces enfants et garde-les du mal.
Tourne ton visage vers eux, Seigneur. Montre-leur, comme si c’était pour la première fois, la lumière et la bonté, et ta bienveillance bouleversante.
Regarde-les, Seigneur. Laisse-leur voir ton visage.
Et, comme si c’était pour la première fois, accorde-leur la paix.


Bradley Burston, écrivain et journalsite du journal Haaretz

vendredi, janvier 02, 2009

"Je suis la voix qui crie à travers le désert"

"Voici quel fut le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il le reconnut ouvertement, il déclara : « Je ne suis pas le Messie. » Ils lui demandèrent : « Qui es-tu donc ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Non. - Alors es-tu le grand Prophète ? » Il répondit : « Ce n'est pas moi. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix qui crie à travers le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. » Or, certains des envoyés étaient des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Si tu n'es ni le Messie, ni Élie, ni le grand Prophète, pourquoi baptises-tu ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l'eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c'est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. » Tout cela s'est passé à Béthanie-de-Transjordanie, à l'endroit où Jean baptisait".

(Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,19-28).


L'evangile de ce jour est magnifiquement illustré par ce sermon de Saint Augustin que j'ai découvert un jour et qui est d'une modernité incroyable. Il montre bien que la pensée religieuse de ceux qui accompagnent l'Eglise dans son cheminement terrestre ne sont pas inspirées que par des données humaines :

"Jean était la voix, mais « au commencement était la Parole » (Jean 1,1). Jean, une voix pour un temps ; le Christ, la Parole dès le commencement, la Parole éternelle. Enlève la parole, qu'est-ce que la voix ? Là où il n'y a rien à comprendre, c'est un bruit vide. La voix sans la parole frappe l'oreille, elle n'édifie pas le coeur. Cependant, découvrons comment les choses s'enchaînent dans notre coeur qu'il s'agit d'édifier. Si je pense à ce que je dois dire, la parole est déjà dans mon coeur ; mais lorsque je veux te parler, je cherche comment faire passer dans ton coeur ce qui est déjà dans le mien. Si je cherche donc comment la parole qui est déjà dans mon coeur pourra te rejoindre et s'établir dans ton coeur, je me sers de la voix, et c'est avec cette voix que je te parle : le son de la voix conduit jusqu'à toi l'idée contenue dans la parole. Alors, il est vrai, le son s'évanouit ; mais la parole que le son a conduite jusqu'à toi est désormais dans ton coeur sans avoir quitté le mien. Lorsque la parole est passée jusqu'à toi, n'est-ce pas le son qui semble dire, comme Jean Baptiste : « Lui, il faut qu'il grandisse ; et moi, que je diminue » ? (Jn 3,30) Le son de la voix a retenti pour accomplir son service, et il a disparu comme en disant : « Moi, j'ai la joie en plénitude » (v. 29). Retenons donc la Parole ; ne laissons pas partir la Parole conçue au plus profond de notre coeur.
Saint Augustin

vendredi, mars 21, 2008

L'Office des Ténèbres

Entendu ce matin l'Office des Ténèbres pour le vendredi saint, chez les Dominicains. Un moment intense et fort où la pensée portée par la musique (autour du prieur, les moines formaient un petit choeur à six voix), dans la pénombre de l'église avec devant l'autel, comme le veut une très ancienne liturgie, un chandelier portant quinze cierges, un pour chacun des psaumes qu'on éteint un à un jusqu'à se retrouver dans le noir complet. Quand les moines se sont prosternés, quand le silence s'est fait et que les voûtes semblaient garder encore le reflet de ces belles voix justes, pures, paisibles, je me suis senti nu, mais lavé, éclairé. En paix.
Pensé à ce bel enregistrement de l'Office composé par François Couperin, interprété par Gérard Lesne et l'ensemble Seminario musicale . Une merveille pour le triduum pascal.

jeudi, mars 20, 2008

Un enseignement catholique ?

C’est aujourd’hui Jeudi-Saint, premier jour du triduum pascal, début du grand temps qui après le Carême, nous amène vers la Pâque de Notre Seigneur. Partout dans le diocèse se célèbre ce soir à 19 heures la messe du Jeudi-Saint, moment important de recueillement et de sanctification. Pourtant - et pour la première fois depuis de nombreuses années – nous n'allons pas pouvoir assister à cette messe. Explications…
Le lycée Saint-Joseph-de-Tivoli, établissement catholique d’enseignement, organise au même moment une rencontre, avec un diaporama sur le voyage fait à Strasbourg il y a quelques semaines par la classe de l’une de mes filles… Celle-ci ayant très à cœur de nous montrer des images de ce séjour, mais aussi de montrer que ses parents s’intéressent à la vie de sa classe, il est de mon devoir de me rendre à la réunion. Cependant, je suis choqué que l’administration du lycée et les enseignants organisateurs n’aient pas pris en compte le fait que la date choisie corresponde au jeudi de la Semaine Sainte.
S’il est important que nos enfants apprennent tôt le fonctionnement des institutions européennes qui vont peser sur leur avenir, s’il est important de former des femmes et des hommes en adéquation avec leur époque, il est aussi fondamental de leur inculquer, en prolongement des enseignements reçus normalement par la famille, le respect des racines chrétiennes de notre pays, de leur faire comprendre la primauté du spirituel sur le matériel. De l’être sur l’avoir. Donner à toutes les facettes de l’enseignement, dans toutes les matières, une résonnance chrétienne.
J’ai donc pris conscience ce soir que Tivoli n’était plus un établissement à vocation chrétienne, mais une structure privée comme les autres où le projet éducatif a évacué sinon dans la lettre du moins dans les faits l’impérieuse nécessité d’une vie spirituelle active, militante et exigeante. La vague présence spirituelle en pointillé ne répond pas selon moi aux exigences d’une véritable éducation chrétienne. En cela, je regrette aujourd’hui foncièrement d’avoir inscrit mes enfants dans cet établissement.
Cela ne remet pas en cause la qualité de l’enseignement que reçoivent nos enfants mais je ne puis m’empêcher de penser que cette trop grande adéquation avec un monde désincarné où les valeurs fondamentales que nous essayons de leur apprendre, sont chaque jour mises à mal, n’est pas à l’honneur du corps enseignant et de la direction d’un établissement d’inspiration et d’origine chrétienne.
Aller à Strasbourg c’est bien, replacer ce qu’on y a vu dans une perspective chrétienne, spirituelle et morale c’est mieux et cela correspondrait totalement à ce que nous, parents chrétiens, nous souhaiterions voir enseigné à nos enfants.

mardi, mars 18, 2008

Les jeunes sont beaux nous dit Frère David

Frère David est dominicain, originaire de Martinique. Il a de nombreux apostolats, notamment : il est aumônier de Lycée, il a un apostolat dans la rue, il est appelé pour prêcher un peu partout, et il est aussi prieur du Couvent des Dominicains de Bordeaux. Titulaire d'une maîtrise en théologie, il a écrit, entre autre, un "pense-bête de la foi" sur cette question :"Le pape est-il infaillible ?". Frère David a parlé aux jeunes de leur beauté et de l'amour. Ecoutez-le, c'est plein de leçons et c'est plein d'amour.
Il existe dans notre société, un phénomène indéniable que nous pourrions qualifier de racisme anti-jeunes. En effet, depuis quelques années, leurs agissements sont réprouvés sans discernement par une grande majorité. Or, ils ne font qu'exprimer la spontanéité, le dynamisme de leur âge face aux situations vécues et rencontrées. A part quelques extrêmes où la délinquance semble l'unique réponse à leurs problématiques. Les Jeunes sont beaux. Ils sont les étoiles des cieux en devenir. Ils sont ce que nous avons été dans une autre période. Et selon les périodes, les réponses diffèrent. Ce que nous ne saisissons point c'est la signification ontologique de ces réponses. Un regard plus clairvoyant, plus optimiste nous fait entrer progressivement dans leur Univers sans le violer. Ils sont beaux de la Beauté de l'Esprit qui les admire et les soutien dans leurs combats pour l'avenir. Oui, l'avenir est dans la paume de leurs mains. Il ne tient qu'à nous de les aider à le construire. Aucun individu sur cette terre n'est capable de s'édifier seul face à une société de plus en plus exigeante.Nous devons impérativement leur donner les bases nécessaires pour qu'ils aient une colonne vertébrale solide. Serons-nous les parents ou éducateurs qui auront l'Amour suffisant pour conforter leur structuration ? Ou abandonnerons-nous lâchement les devoirs qui nous incombent ? Le Frère David n'évoque pas ces questions. En tant que Dominicain ayant voyagé sur de nombreux continents. Les Jeunes représentent à ses yeux, la braise qui couve sous le Feu. Les Jeunes sont flamboyants. Les Jeunes sont d'une beauté rare qu'il ne faut point détruire. Ils sont les fleurs du jardin de nos connaissances. Ils sont emplis de potentialités insoupçonnées. Telle est l'approche de Frère Macaire. Telle est ma conviction profonde. Tous deux, nous connaissons bien les Jeunes pour vous affirmer qu'ils ne sont pas ce que les Médias en font. D'ailleurs, bon nombre de discours médiatiques ne servent qu'à entretenir les peurs et refus basiques de nos instincts animaux. Les Chrétiens ou Hommes et Femmes ayant une certaine Hauteur spirituelle ne peuvent se laisser piéger par de tels propos. Les Jeunes sont beaux. A nous d'épanouir dans un Respect absolu la splendeur de leurs métamorphoses. Que cette émission vous donne la Force de mieux comprendre nos chères têtes blondes.

dimanche, novembre 25, 2007

Qu'il est beau le jour du Vivant !

Cette belle manière de nommer le dimanche, ce jour attendu où nous nous retrouvons entre frères pour entendre la Parole, libérer nos coeurs de tout ce qui les encombre et recevoir la force et l'énergie que rien autant que l'Eucharistie ne peut nous donner. En ce 34e dimanche, fin de l'année liturgique, fête du Christ-Roi, je souhaite à tous mes lecteurs une Bonne Année !

Il est aussi bon de peler des pommes de terre pour le bon dieu que de bâtir des cathédrales...

Guy de Larigaudie, un des guides de ma prime jeunesse disait qu’il était aussi bien de peler des pommes de terre pour le bon dieu que e bâtir des cathédrales. J’ai l’impression depuis un certain temps de plutôt peler des pommes de terre que de bâtir des cathédrales dans ma vie spirituelle. Les dimanches sont devenus difficiles à gérer. Les enfants grandissant, il s’avère de plus en plus difficile de faire venir les enfants à la messe.
Même la petite, pourtant très pieuse, vit ce temps pourtant si fort comme une obligation et lorsque, renonçant à me stresser et à stresser tout le monde quand l’heure de la messe approche et que personne n’est encore habillé, je vois son regard se mettre à briller. Il faut dire que notre organisation de vie est devenue un peu compliquée, Ils sont avec moi chaque week- end mais doivent repartir déjeuner chez leur mère le dimanche. C’est donc la course à chaque fois. Il suffit que je les laisse un peu dormir – ils ont besoin de cette fin de semaine pour reprendre des forces et sont vraiment fatigués par leur vie quotidienne – que le petit déjeuner s’éternise pour qu’aussitôt les rouages s’emballent. Cris, énervements, menaces… Le moment de la messe devient une corvée voire un motif de tension familiale. Mon aînée n’y va plus jamais. La seconde baigne encore dans une atmosphère spirituelle grâce à l’aumônerie et aux guides. Mais mon fils, adolescent de 14 ans dans toute sa splendeur, est en pleine objection de conscience et son refus s’argumente de plus en plus et cela donne des échanges très vifs entre lui et moi. La petite dernière me suit mais je ne ressens plus l’enthousiasme béat de son enfance, cette joie qu’elle montrait à prier, à chanter les chants que je lui apprenais. Il faut dire que comme beaucoup d’enfants d’aujourd’hui, passé le temps de la communion, il n’y a plus rien d’organisé qui puisse la maintenir, en dehors du cercle familial, dans une sphère de foi et de vie spirituelle. Où est le temps de notre petite chapelle familiale, ces temps quotidiens de prière devant une icône et la bible ouverte ? Les bougies, la musique de Taizé, les chants de l’Emmanuel ou les psaumes de Goudimel ?
Ce dimanche encore nous n’irons pas tous ensemble à Saint Paul. La messe sera belle portant en cette solennitré du Christ-Roi. Je ne ressentirai pas cette joie intense quand, à l’élévation, mes enfants s’agenouilleront spontanément devant le saint sacrifice. Je ne tremblerai pas lorsque face au prêtre je recevrai le corps du Christ et que je regarderai mes enfants recevoir à leur tour la communion. Le décalage est grand entre ma soif de vie spirituelle, et le monde dans lequel mes enfants vivent. Leur mère n’est pas croyante. Elle a même adopté face à ma foi et à mon engagement spirituel une attitude critique et agressive. Le comportement des enfants s’en ressent. Ils ont beau appartenir à un milieu où la majorité des familles pratiquent une religion certainement d’usage, par héritage et tradition, mais qui pratiquent. Et puis ce ne sont pas des familles séparées… Alors je vis ma foi tout seul, dans les actes de mon quotidien, en assistant à des messes en semaine, en lisant la Bible et des textes de théologie, en priant aussi beaucoup dans le silence de mes nuits. Mais est suffisant ? Comment transmettre cet amour, cette force, cette sérénité que me donne ma foi ? Comment aider mes enfants à replacer le Christ au centre de leur vie, comme le moteur unique de leur cheminement ?

lundi, octobre 08, 2007

Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir...

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : Déracine-toi et va te planter dans la mer, et il vous obéirait. « Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : Viens vite à table ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour. Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir. »
Evangile selon Saint Luc (17,5-10)

Sois toujours fidèle dans les petites choses, car en elles réside notre force. Pour Dieu, rien n'est petit. Il n'entend rien diminuer. Pour lui, toutes les choses sont infinies. Pratique la fidélité dans les choses les plus minimes, non pas pour leur vertu propre, mais en raison de cette grande chose qu'est la volonté de Dieu -- et que, moi-même, je respecte infiniment.

Ne recherche pas des actions spectaculaires. Nous devons délibérément renoncer à tout désir de contempler le fruit de notre labeur, accomplir seulement ce que nous pouvons, du mieux que nous le pouvons, et laisser le reste entre les mains de Dieu. Ce qui importe, c’est le don de toi-même, le degré d'amour que tu mets dans chacune de tes actions.

Ne t'autorise pas le découragement face à un échec, dès lors que tu as fait de ton mieux. Refuse aussi la gloire lorsque tu réussis. Rends tout à Dieu avec la plus profonde gratitude. Si tu te sens abattu, c’est un signe d'orgueil qui montre combien tu crois en ta propre puissance. Ne te préoccupe pas plus de ce que pensent les gens. Sois humble et rien ne te dérangera jamais. Le Seigneur m'a lié là où je suis ; c'est lui qui m'en déliera.
Bienheureuse Teresa de Calcutta
« Il n'y a pas de plus grand amour », Editions Lattès, 1997

vendredi, septembre 28, 2007

Simple prière

Rendons grâce pour tant de beauté,
pour tant de joie, pour tout ce qui chaque jour nous est donné !

mardi, juillet 31, 2007

Il y a cent ans.

Il y a cent ans des jeunes hommes se réunissaient pour la première fois autour de Lord Baden-Powell. Naissait ainsi cet extraordinaire mouvement qui a formé des milliers de jeunes hommes et de jeunes filles aux valeurs chrétiennes. Il est émouvant de penser que dans quelques heures, le 1er août 2007, au lever du soleil, scouts et anciens scouts du monde entier vont se réunir pour renouveler leur promesse. Que Dieu les guide et qu'il fasse nombreuses les générations de scouts et de guides à travers le monde.

jeudi, juin 07, 2007

Dieu, le prochain et soi-même

Evangile de Jésus-Christ selon St Marc ( XII, 28-34)
"Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s'avança pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. » Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger. "

Celui qui n’aime pas son frère n’est pas dans l'amour, et celui qui n'est pas dans l'amour n’est pas en Dieu, car «Dieu est amour» (1Jn 4,8). En outre, celui qui n'est pas en Dieu n'est pas dans la lumière, car «Dieu est lumière, il n'y a pas de ténèbres en lui» (1Jn 1,5). Celui donc qui n'est pas dans la lumière, quoi d'étonnant qu'il ne voie pas la lumière, autrement dit, qu'il ne voie pas Dieu, puisqu'il est dans les ténèbres ? Il voit son frère d'une vue humaine, qui ne permet pas de voir Dieu. Mais si ce frère qu'il voit d'une vue humaine, il l'aimait d'un amour spirituel, il verrait Dieu qui est l’amour même, de cette vue intérieure qui permet de le voir.

Qu'il ne soit plus question de savoir combien de charité nous devons à notre frère, combien à Dieu : incomparablement plus à Dieu qu'à nous, autant à nos frères qu'à nous-mêmes ; or nous nous aimons d'autant plus nous-mêmes que nous aimons Dieu davantage. C'est donc d'une seule et même charité que nous aimons Dieu et le prochain, mais nous aimons Dieu pour lui-même, nous et le prochain pour Dieu.

Saint Augustin
(Extrait de De Trinitate)

lundi, mai 14, 2007

Si le monde a de la haine contre vous...


Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu'il en a eu d'abord contre moi. Si vous apparteniez au monde, le monde vous aimerait, car vous seriez à lui. Mais vous n'appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. Si l'on m'a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l'on a observé ma parole, on observera aussi la vôtre. Les gens vous traiteront ainsi à cause de moi, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé.

St Jean 15,18-21

mardi, mars 20, 2007


La semaine avait été très belle. Le printemps était au rendez-vous et dans la chambre, le soleil, l'odeur de l'herbe fraîchement coupée rendaient tout paisible et serein. Maman dormait. Depuis près d'une semaine, elle était plongée dans le coma. Sa respiration se faisait parfois rauque. Elle avait l'air détendue mais quelque chose dans son visage donnait l'impression d'une tension. Comme une lutte. Elle avait cessé de communiquer avec nous le dimanche d'avant. Elle ne se réveillait plus qu'à la voix des infirmières ou du médecin. Ne voulait-elle pas nous faire souffrir ou souffrait-elle de sentir qu'elle allait bientôt être séparée de nous ? Ou bien est-ce la rancoeur d'avoir été dupée ? On ne lui avait rien dit de son état, parlant tous d'une prochaine convalescence, d'un rtour à la maison. Et puis il y avait eu cette sotte, sorte de harpie baba-cool new-age qui tenait alors une épicerie bio près de chez nous et qui était venue la voir. A peine arrivée, pleine de bonnes intentions sans aucun doute, elle lui avait dit "Alors, ça y est, vous allez bientôt voir la lumière !". Cinq minutes plus tard, maman tombait dans une inconscience agitée et fébrile... Le pasteur et le prêtre qui venaient régulièrement la voir avaient jugé que sa fragilité nécessitait d'éviter le sujet...

Elle avait passé les derniers jours à lire un peu, quand je venais la voir, nous allions nous promener dans le jardin. Le parc de Bagatelle était splendide, partout des fleurs écloses, des arbres en fleur. La rémission fut de courte durée.

Puis arriva le 20 mars. Elle mourut doucement, comme un souffle qui s'éteind. Lorsque j'arrivais, prévenu par mon frère qui l'avait veillé, je la trouvais enfin apaisée. Son visage avait retrouvé ses couleurs. Elle semblait sourire. Les infirmières la vêtirent de sa plus belle robe que nosu avions acheté ensemble. Une broche en or tenait sur l'épaule une étaule. La famille défila. Tous très tristes, sa soeur, ses nièces et neveux, ses beaux-frères et ses belles-soeurs, ses amies... Personne n'avait voulu imaginer ce moment si terrible. Il faisait très beau ce samedi-là. Laissant tout le monde, je me suis échappé un instant. Mes pas m'ont conduit vers la chapelle, sous les toits. Un lieu paisible où j'étais venu souvent pendant les longs mois que notre mère passa en soins palliatifs à Bagatelle. Maintenant tout était fini. Marié, père de deux enfants, attendant le troisième, je n'étais plus le petit enfant qui a besoin de sa mère. Pourtant sa mort me laissait vide, seul, anéanti. j'avais eu le temps de faire d'avance mon deuil cependant là, face à la réalité de ce départ, je me sentais perdu. La lecture ses psaumes m'apaisa et mon chagrin bien vite s'effaça. Ce moment de paix dans la petite chapelle de Bagatelle est une des étapes fondamentales de ma vie spirituelle. Je ne l'ai su que bien plus tard...

L'office religieux eut lieu quelques jours plus tard dans l'église où elle fut baptisée, où ses parents s'étaient mariés, à Sainte Clotilde du Bouscat. L'assemblée était nombreuse, montrant combien maman était aimée et appréciée. Beaucoup de fleurs. La cérémonie fut très belle, très sobre. C'était le 20 mars 1993. Il y a quatorze ans déjà...

jeudi, février 15, 2007

Joie, joie, pleurs de joie


Je n'ai pu malheureusement l'accompagner comme le jour de son baptême. Mon esprit et mon coeur étaient là-bas néammoins, avec ma chère petite filleule, avec ses parents, sa famille et sa marraine. On m'a rapporté que ce fut une très belle cérémonie, très émouvante aussi.

jeudi, février 08, 2007

Un ermite dans les Cévennes.

A la fois seul, au bout des chemins, au bout du monde, et au centre d'un réseau de prière, d'engagement, de libération... A la fois pasteur et moine protestant, artisan, musicien et théologien. Comment devient-on ermite dans les Cévennes ? Vous ne risquez pas de le trouver par hasard ! Vous arrivez d'abord à St-Jean-du-Gard, un village des Cévennes. Prendre à gauche devant la gare du train touristique la route étroite qui tourne sur quelques kilomètres en pleine montagne. Laisser votre voiture sur une esplanade marquée "Parking des Abeillères" et continuer à pied un moment sur un sentier de moutons, à droite de la route, jusqu'à une clairière au pied des rochers. Et au fond du pré, une cabane de rondins.
Il vous accueille avec chaleur et simplicité. Des yeux d'enfant, une barbe de prophète, il a l'air d'un moine et c'est bien ce qu'il est : un moine protestant qui ne ressemble à personne. Silence, prière, musique, travail manuel, étude et écriture occupent cette vie solitaire et, en même temps, vouée à l'accueil. Ils sont des centaines à le lire, à lui écrire, à lui demander de l'aide. Il paraît lui-même découvrir avec émerveillement le parcours qui l'a mené là. Vit-il ici comme un ermite dans cette petite maison de bois ? "Oui, dit-il, si être ermite c'est vivre en retrait". Mais il est un ermite dont la porte est ouverte et il lui arrive rarement d'être seul deux jours de suite.
L’appel.
Depuis huit ans, il vit ici. Son parcours a commencé par des études de théologie à Montpellier, en Suisse, en Allemagne, à l'Ecole biblique de Jérusalem. Il a été coopérant à Madagascar. Après avoir enseigné à la Faculté de théologie de Montpellier, il est devenu pasteur de paroisse dans le Sud-Ouest. Et, c'est là que s'est imposé à lui comme une évidence l'appel à la vie monastique. A notre question : "être moine, n'est-ce pas étrange pour un protestant ?" il répond simplement : "cet appel je le ressens au plus profond de moi depuis que j'ai découvert en Israël la vie de ces moines du désert. Une vie consacrée à l'étude, à la prière et au travail manuel. Ce qui m'attire : ce lien souligné avec Dieu, ce temps qu'on peut Lui accorder, cet absolu pour Dieu, qu'on ne retrouve dans aucun autre ministère. Pour moi, le contact avec Dieu passe avant. C'est l'amour de Dieu qui nous permet d'aimer nos sœurs et nos frères. La vie du moine est essentiellement tournée vers le Christ. Elle se veut signe et témoignage pour les autres. Le Christ lui-même, les Evangiles nous le disent, priait dans les déserts et sur les montagnes. Lieu essentiel avec son Père. Il disparaissait et tout le monde le cherchait... ".
Pourtant le chemin de Daniel Bourguet n'a pas suivi une ligne droite : son souhait de vivre en communauté ne s'est pas réalisé à l'époque où il a quitté sa paroisse. Il a traversé alors sept ans de désert qui lui ont permis de découvrir la vie en solitude aux Abeillères. Une solitude rythmée par sept offices quotidiens, des heures consacrées à l'étude, à écrire des livres, au travail manuel. Le théologien gagne sa vie en réalisant cinq heures par jour des tapisseries en grosse laine d'après des dessins du pasteur Henri Lindegaard. "Ce travail, dit-il, est un bon support à la prière. Mais l'hôte passe avant tout. Si quelqu'un vient, arrête ta prière". Pour lui, la solitude est importante, mais elle est aussi communion. Il est aussi présent dans la paroisse de l'Eglise réformée de Saint-Jean-du-Gard : direction de l'ensemble musical, remplacements de l'organiste, réunions d'études et de partage pour le groupe de visiteurs, cultes...
Les passants sont nombreux ainsi que ceux qui lui écrivent.
Tant de gens ont besoin de se confier, de déposer leur fardeau parfois très ancien. Tant de gens sont très seuls et ont besoin de parler vraiment. D'être écoutés et entendus. C'est un ministère à part entière et on vient de toute la France se confier à l'ermite des Cévennes. Beaucoup lui disent : "C'est la première fois que je peux parler". Un jour un motard est entré après le sentier dans la montagne. Il a posé son casque sur la table et dit : "je viens parler de Dieu". Comment lui-même supporte-t-il tant de malheurs qui lui sont remis ? Il répond dans son livre "Dieu au cœurs de nos vies" : "Les visiteurs... ce n'est pas moi qu'ils viennent voir. Je m'occupe seulement de leur ouvrir la porte, de les laisser entrer. Je les laisse s'adresser directement au Christ... Eux savent aussi que mon écoute s'efforce d'être une aide et que leurs paroles rempliront mes prières. J'ouvre la porte, c'est tout ! Mais il faut que quelqu'un le fasse et je suis tellement heureux de le faire...". Le lien de la prière.
Les Veilleurs.
Enfin Daniel Bourguet est aussi prieur de la Fraternité des Veilleurs. Lien de prière qui rassemble un peu partout des chrétiens protestants de toutes origines ; tous engagés dans leurs Eglises respectives. Quand il est arrivé aux Abeillères, la maison vivait au rythme des sœurs de Pomeyrol avec l'accueil et les offices quotidiens. La Communauté de Pomeyrol est d'ailleurs née de la Fraternité des Veilleurs. Il y a un an, les sœurs se sont regroupées à Pomeyrol pour concentrer leurs efforts en ce lieu. C'est alors que la Fraternité des veilleurs a pris la relève : elle assure l'accueil de ceux qui viennent passer quelques jours de silence et de prières en pleine montagne, toujours au rythme des offices quotidiens.

Jésus et Jean

Une très belle icône, symbole pour moi d'amitié fraternelle

En union de prière avec ma filleule : à la recherche du Chemin.

Le 11 février prochain, dimanche de Notre Dame de Lourdes, ma chère petite filleule Domitille prononcera ses voeux définitifs au Prieuré Saint Hugues, à Semur-en-Brionnais, ce merveilleux petit village de la belle Bourgogne, où les Soeurs Apostoliques de Saint Jean ont leur maison-mère. Après de longues années de cheminement, l'enfant délurée et vive qui fut ma première approche du mystère et de la bénédiction de l'enfance pour le jeune adulte étourdi que j'étais ( elle est née en 1979, suivie par l'aînée de mes nièces, dix ans avant mon premier enfant) est aujourd'hui une jeune femme décidée et tout aussi joyeuse, du moins je l'espère.
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Les voeux définitifs. L'entrée en religion. Certes, les Soeurs apostoliques, contrairement aux Soeurs Contemplatives, ne sont pas en clôture. elles voyagent et servent les humbles partout dans le monde. Mais quel choix radical dans un univers de tiédeur livré à ses peurs et à ses démissions. Domitille sait où elle va et je crois sentir dans les (trop) rares lettres qu'elle m'adresse une joie ineffable et profonde. La place est-elle toujours faite par ceux qui enseignent les postulantes au discernement ? Toutes les soeurs et tous les frères de la grande et belle famille Saint Jean sont-ils au diapason du bel et joyeux engagement de Domitille ?
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Les petits gris font peur et dérangent. je ne me suis jamais senti du côté des délateurs et des critiques. j'ai certes entendu beaucoup de choses négatives. Un de mes amis, perdu de vue maintenant, brillant journaliste, a quitté "en urgence" la communauté "avant de devenir totalement fou" disait-il. Il a perdu la foi... J'ai rencontré des familles, pourtant engagées, bouleversées par l'état mental et parfois physique de leur enfant... Des associations chrétiennes répandent des témoignages édifiants. Qu'en est-il en vérité ?
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Pour ma part, je sais que ce qui est exigé de ces jeunes gens dépasse aujourd'hui et de loin les exigences attendues et obtenues de la jeunesse. Monde de facilité, d'envie et de permissivité, notre époque moderne, du moins en Occident, s'est éloignée des valeurs fortes qui bâtissent une âme et un corps face aux tentations du monde. Face au diable. Mais si cela part d'une haute idée de l'homme et de sa vocation première qui est de servir ses frères pour mieux servir Dieu, il ne faut pas oublier que, en dépit de l'appel valable pour chacun de nous, nous ne sommes pas et nous ne serons jamais tous des saints. Encore moins des martyrs. Rappelez-vous le texte sur les vocations...
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Pommes de terre et cathédrales.
Ces jeunes moines, ces jeunes moniales ne seront pas tous des Dominique, des Père de Foucaud, des Thérèse de l'Enfant Jésus. C'est aussi de la sainteté que d'avoir l'humilité un jour de se réveiller en se sachant trop pauvre, trop misérable, trop incomplet pour atteindre le haut de l'échelle de Jacob... N'est-ce-pas aussi une manière de sainteté que de reconnaître qu'on est meilleur jardinier que martyr ou ermite ? Me revient en mémoire cette merveilleuse phrase de Guy de Larigaudie: "il est aussi bon de peler des pommes de terre que de bâtir des cathédrales pour le bon dieu"...
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Je ne sais pas si ma chère petite filleule va peler des pommes de terre ou si elle saura bâtir des cathédrales ; je sais seulement que sa foi est ardente et vraie. Je sais que son engagement est fort et pur. Je sais qu'elle est portée par une présence qui ne nous a jamais quitté et qui la guide depuis son enfance. Depuis ce moment très fort où elle regardait en silence la photo de sa petite soeur disparue, glissée sur le miroir du salon quelques heures après l'enterrement...
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Je voudrais cependant croire (que les mots sont faibles et nous piègent à notre insu !) que ce n'est pas d'un deuil qu'est né son engagement, ce renoncement à ce qui justifie la plupart des vies Mis bien plutôt que de ce deuil est né une véritable espérance, une joie profonde et une détermination envoyée de là-haut par le Père.
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Le discernement.
Je voudrais être sûr que le discernement lui a été donné aussi. Je voudrais être sûr que la cérémonie de dimanche sera un couronnement. Je voudrais être sûr que sa joie et son amour féconderont tous ses actes et que ses pas ne cesseront jamais de l'amener vers ses frères, vers les enfants pauvres et malades qu'elle a déjà souvent cotoyé en Roumanie ou ailleurs. Je prierai dimanche pour que son engagement soit un témoignage d'unité et de paix. Et non pas un sacrifice, une fuite.
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J'ai la faiblesse de faire partie de ceux qui croient que la foi et la vie spirituelle ne doivent être que joie et sérénité. Si Soeur Domitille de Jésus apporte à ceux qu'elle sera appelée à aider tout l'amour d'une soeur, d'une mère, si elle sème par son sourire, par son regard, par sa voix l'amour et la paix, alors cet engagement si rare, si fort, sera la justification de tout ce en quoi sa mère et son père croient. Ce sera la justification de toutes ces années d'apprentissage dans une famille aimée et aimante. Ce sera la justification des môts qui furent prononcés à son baptême.
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Avec sa marraine, que j'ai hélas perdu de vue depuis tant d'années, je voudrais avoir été, avec mes faibles moyens, un de ceux qui l'ont amené vers cette paix intérieure qui doit être la base, le départ de toute vie consacrée sans limite à Dieu. Je pense aux paroles de Frère Roger et à l'exemple de ma chère Soeur Viviane : "La jubilation, non pas les gémissements, que tout devienne festif autour de toi... Et s'ouvrent les portes de l'enfance, l'étonnement d'un amour." Cette joie devrait rassurer tous ceux qui sont effrayés par son engagement. Elle sait que suivre le Christ, ce n'est jamais se suivre soi-même. Un jour, elle a compris : Dieu appelait sa résolution sans retour. Dans la joie. Alors, n'ayons pas peur pour elle. Il est avec elle depuis si longtemps.
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S'attarder aux sources intarissables.
"Deviens ce que tu es". C'est à cela que je pensais à ton baptême, petite filleule. Voilà que "c'est aujourd'hui que cela s'accomplit". "Quels que soient tes doutes ou ta foi, ce qui captive, il l'a déjà placé au-devant de toi. Personne ne pouvait répondre à ta place. A toi seule d'oser". Ces paroles de Frère Roger, je les connais par coeur depuis presque trente ans. Je n'ai pas su faire ce choix radical. Peut-être n'y étais-je pas appelé. Mais comme toi, ce qui m'a été donné, c'est la joie. Et cette phrase sans cesse entendue au fond de mon coeur "N'aie pas peur, je suis là". Que ton engagement, ma chère enfant, ne soit que le long poème d'un amour avec Lui. "Non point un poème de facilité, mais jusque dans la grisaille de tes jours, son allégresse et la gaîté elle-même. Sans elles, qui se réaliserait ?"
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Joyeux
d'une infinie reconnaissance,
n'aie jamais crainte de devancer l'aurore (ps 119)
pour louer
et bénir
et chanter
le Christ ton Seigneur

mercredi, janvier 10, 2007

La Fragilité comme un défi


Nos temps sont souvent perçus comme difficiles. Là où des modes de vie solidaires s’étiolent au bénéfice le plus souvent d’un renfermement sur soi, dans les grandes villes notamment, l’homme moderne oublie trop souvent que la vigueur et la force de la prime jeunesse s’émoussent toujours avec le temps. La solitude dont beaucoup trop d’entre nous font l’expérience n’est qu’un élément supplémentaire de ce mal-être que souvent nous ne voyons pas chez l’autre. Pourtant, nous savons tous combien nous sommes pétris de fragilité. Qu’il s’agisse de notre corps ou de notre cœur, de nos certitudes ou de nos idées, tout peut éclater ou au mieux s’étioler, par un accident ou une maladie pour ce qui est du physique, par une rupture ou une séparation pour ce qui est de notre moral.
Personne en fait n'est immunisé contre la fragilité. Fragilité des personnes âgées, fragilité des relations humaines, fragilité d’un sourire quand la douleur vient crisper un visage… Et si nous savons bien que rien ni personne sur cette terre ne peut annihiler cette fragilité et ses conséquences, notre engagement et notre présence à tous, ici, chacun à sa place - avec ses compétences, ses moyens, son ressenti, sa volonté mais aussi ses faiblesses, ses atermoiements, ses limites - apporte la preuve vivante que la solidarité existe. Je suis administrateur d'une masion de retraite d'origine confessionnelle et, si je ne suis pas souvent dans les couloirs de la maison, je sais combien les membres de l’équipe soignante, par exemple, savent prendre le temps d’écouter, de consoler, de rassurer. Bien sur, il faudrait encore plus de temps, et il faut se rendre disponible pour tout le monde, laissant certainement parfois des frustrations parmi les résidents qui attendent leur visite. Mais ce qui importe, c’est que leur travail n’est jamais mécanique. Leur mission s’accomplit aussi avec leur cœur. C’est ainsi que des bénévoles au personnel de cuisine, de l’administration aux animateurs et aux aumôniers, il y a dans la maison un leitmotiv jamais prononcé, jamais imposé non plus : la solidarité de tous devant la fragilité des corps et des âmes.

La fragilité, c’est quelque chose qui nous saute un jour au visage et nous avons tous beaucoup de mal à l’assumer. Tous nous cherchons à l’éloigner, à l’occulter. La présence parmi nous de plus faibles, de plus fragiles que nous, en nous incitant à mieux écouter, à mieux donner de notre présence, en un mot à mieux aimer, n’est pas qu’un service accompli pour les autres. C’est aussi une démarche personnelle lourde de conséquence. Au lieu de nous fuir, au lieu de demeurer enfermés dans cette illusion que rien ne peut nous atteindre, nous prenons conscience que notre tour viendra. Ce n’est pas de renoncement dont il s’agit, mais bien plutôt d’acceptation. D’engagement. Dieu nous attend tel que nous sommes. Il nous cherche en ces points de fragilité qui sont les nôtres. C’est une véritable réconciliation avec nous-même qui nous est ainsi proposée. La proximité des plus fragiles aiguise l’amour. Leur fragilité nous réconcilie avec nos faiblesses. Sans complaisance. C’est un chemin de foi. Une descente progressive au plus profond de nous-même, en ce lieu d’extrême vulnérabilité où se manifeste la présence de Dieu qui nous libère, nous raffermit et nous rend heureux. Mais pour vivre cette aventure, cette acceptation, il faut savoir lâcher prise, lâcher ces fausses sécurités et se laisser humblement et simplement guider par l’amour. C’est la leçon me semble-t-il qui nous est donnée par la proximité avec les plus âgés, les plus fragiles d’entre nous. Ce sont eux qui par un paradoxe dont seul Dieu a le secret, nous montrent le chemin de libération : C’est dans leur faiblesse que se déploie la force de Dieu comme elle se déploie dans nos fragilités. Ainsi, condition même de l’existence, la fragilité ne doit pas être considérée comme une fatalité qui justifierait l’abandon, l’éloignement, l’indifférence. Mais au contraire comme un lien entre les hommes. La justification évidente de la solidarité. Assumer pour nous et pour les autres cette fragilité est le défi de tous. Au-delà de l’impuissance, du découragement et de la tristesse qui accompagnent si souvent cette prise de conscience, il y a la joie d’être ensemble, le bonheur d’un sourire et la certitude que nous ne sommes finalement pas seuls. Je souhaite que tous, nous puissions ressentir et mettre en pratique ce sentiment qui forge une communauté, et mieux, une famille.

lundi, octobre 23, 2006

En finir avec les tièdes


Le Saint Père a prononcé à Ratisbonne un discours qui n'en finit pas de faire couler beaucoup d'encre. Un très beau discours, un très beau texte, difficile mais qu'il est fondamental de lire et de relire. Ce texte dérange indubitablement. Lers musulmans. Mais surtout les tièdes que nous sommes, les habitués du confort, les consensuels mous que le quotidien confortable où nos fois s'émoussent... J'ai rencontré beaucoup de gens, des gens qui pensent, des laïcs mais aussi des clercs, qui ont réagi d'une manière épidermique, selon l'esprit du temps. Je crois que si ce etxte dérange, il a posé clairement les choses : voulons-nous oui ou non défendre notre foi chrétienne et pensons-nous vraiment, du fonds du coeur et de l'âme, ce que nous répétons chaque dimanche quand le prêtre, le pope ou le pasteur nous invitent à proclamer notre foi ?

Benoît XVI défend sa foi, la foi chrétienne, d'une façon claire et raisonnée. Il tourne le dos à un vague syncrétisme, à un dialogue interreligieux s'il reste convenu et de surface. Inutile. On ne peut pas reprocher à l'Evêque de Rome de faire son travail. Mais commençons par le commencement. Qui dans les médias a rappelé que le titre du discours est : "Foi, Raison et Université. Mémoires et réflexions". Ne pas le citer revient à gommer le fondement de ce texte qui est avant tout un texte universitaire. Le Pape commence d'ailleurs ainsi : "C'est pour moi un moment de grande émotion de me trouver une nouvelle fois dans cette université et de pouvoir une nouvelle fois donner un cours".
Dans son introduction, Benoît XVI se souvient de son travail d'enseignant à l'Université de Bonn, et de la manière dont la théologie s'insérait naturellement dans le travail universitaire : "Sans aucun doute, l'université était également fière de ses deux facultés de théologie. Il était clair qu'elles aussi, en s'interrogeant sur la dimension raisonnable de la foi, accomplissaient un travail qui nécessairement fait partie du "tout" de l'universitas scientiarum, même si tous pouvaient ne pas partager la foi, dont la relation avec la raison commune est l'objet du travail des théologiens."
Dans le contexte du thème "foi et raison", il évoque le désormais célèbre empereur Manuel II Paléologue. Il en fait deux citations, et on peut se demander en fait laquelle dérange le plus certains musulmans, ou certains critiques : "Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait" ou bien : "Dieu n'apprécie pas le sang"- dit-il -,"ne pas agir selon la raison , sun logô, est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme, non du corps. Celui, par conséquent, qui veut conduire quelqu'un à la foi a besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la violence et de la menace... Pour convaincre une âme raisonnable, il n'est pas besoin de disposer ni de son bras, ni d'instrument pour frapper ni de quelque autre moyen que ce soit avec lequel on pourrait menacer une personne de mort..."
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La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme.
La position de Benoît XVI au sujet de la violence est claire et sans ambiguïté : ..."L'empereur, après s'être prononcé de manière si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme"... Voilà de quoi faire méditer ceux qui, imprégnés de relativisme culturel et de culpabilité occidentale, ont été chercher dans la bible et, de manière plus problématique, dans l'évangile, des paroles d'une "inouïe violence", pour bien établir que, bien sûr, toutes les religions se valent et qu'elles sont également porteuses de violence… Eh bien non, il semble que le christianisme ait définitivement tourné le dos à la tentation de la violence... Ce que n'a pas encore fait l'islam, nous en avons, hélas, des preuves tous les jours.
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Ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu.
C'est là le thème principal du discours de Benoit XVI. Le pape voit dans cette conviction le point crucial où la foi chrétienne se rapproche et s'unit à la raison grecque : "La conviction qu'agir contre la raison serait en contradiction avec la nature de Dieu, est-elle seulement une manière de penser grecque ou vaut-elle toujours et en soi ? Je pense qu'ici se manifeste la profonde concordance entre ce qui est grec dans le meilleur sens du terme et ce qu'est la foi en Dieu sur le fondement de la Bible."
Ce rapprochement est présent dès l'origine du christianisme : "Au commencement était le logos", nous dit Saint Jean. Cela ne doit rien au hasard ni à l'opportunité. Il est nécessaire et trouve ses racines dans l'Ancien Testament. Il est présent dans l'histoire du christianisme et de sa diffusion : "Fondamentalement, [au sujet de la traduction grecque de l'Ancien Testament réalisée à Alexandrie] il s'agit d'une rencontre entre la foi et la raison, entre l'authentique philosophie des lumières et la religion. En partant véritablement de la nature intime de la foi chrétienne et, dans le même temps, de la nature de la pensée grecque qui ne faisait désormais plus qu'un avec la foi, Manuel II pouvait dire : Ne pas agir "avec le logos" est contraire à la nature de Dieu.

Le fondement de l'Europe.
Il accompagne le développement du christianisme jusqu'au début de l'époque moderne, malgré des tentatives de remises en cause par certains théologiens comme Duns Scott. Benoît XVI insiste : "En opposition à cela, la foi de l'Église s'est toujours tenue à la conviction qu'entre Dieu et nous, entre son Esprit créateur éternel et notre raison créée, il existe une vraie analogie dans laquelle -comme le dit le IVe Concile du Latran en 1215 - les dissemblances sont certes assurément plus grandes que les ressemblances, mais toutefois pas au point d'abolir l'analogie et son langage". Ce rapprochement est un fait décisif de l'histoire universelle, "un fait qui nous crée des obligations aujourd'hui encore". Il est à l'origine et demeure le fondement de notre civilisation européenne, " de ce que l'on peut à juste titre appeler l'Europe". À partir de l'époque moderne apparaissent des mouvements de "des-hellénisation" du christianisme. Le pape découpe cette tendance en trois étapes.
Le premier de ces mouvements est celui de la Réforme, au XVIe siècle. Les réformateurs veulent retrouver la foi dans son sens véritable et originel, et pour cela il faut la libérer de la métaphysique. Kant pousse cette logique jusqu'au bout : "Ainsi a-t-il [Kant] ancré la foi exclusivement dans la raison pratique, en lui niant l'accès au tout de la réalité." À ce mouvement succède celui de la théologie libérale du XIXe et de XXe siècle. Il vise à réduire le christianisme à un humanisme, le libérant de tout aspect philosophique ou théologique, la théologie devenant alors une science historique. Cette "autolimitation" moderne de la raison, Benoît XVI la résume ainsi : "D'une part, on présuppose la structure mathématique de la matière, sa rationalité intrinsèque, pour ainsi dire, qui rend possible sa compréhension et son utilisation dans son efficacité opérationnelle : ce présupposé de fond est pour ainsi dire l'élément platonicien dans le concept moderne de la nature. D'autre part, on envisage l'"utilisabilité" fonctionnelle de la nature selon nos objectifs, où seule la possibilité de contrôler vérité et erreur à travers l'expérience fournit une certitude décisive."
Cette évolution de la conception de la raison a pour effet de réduire la diversité de la science, (les sciences humaines cherchant à se rapprocher du canon mathématico-empirique), mais aussi le domaine même de la raison (la question de Dieu est dorénavant rejetée de ce domaine). "Alors c'est l'homme lui-même qui devient victime d'une réduction" : "Car les interrogations proprement humaines, c'est-à-dire celles concernant les questions sur "d'où" et "vers où", les interrogations de la religion et de l'ethos, ne peuvent alors pas trouver de place dans l'espace de la raison commune décrite par la "science" interprétée de cette façon, et elles doivent être déplacées dans le domaine du subjectif. Le sujet décide, à partir de ses expériences, ce qui lui apparaît religieusement possible, et la "conscience" subjective devient, en définitive, la seule instance éthique".
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Le temps de l'inculturation.
Enfin le troisième temps de la deshellénisation du christianisme est celui, actuel, de l'inculturation : la rencontre du christianisme avec le monde grec a été une première inculturation, elle doit laisser la place à d'autres inculturations dans sa rencontre avec d'autres civilisations. Pour Benoît XVI, cela n'est qu'en partie vrai, tant la synthèse de la foi et du logos grec est le fondement même du christianisme.
Dans sa conclusion, Benoît XVI affirme qu'il ne pense pas à un quelconque retour en arrière,pas plus qu'à une remise en cause des convictions de l'époque contemporaine. Il propose au contraire "un élargissement de notre concept de raison et de l'usage de celle-ci. Car malgré toute la joie éprouvée face aux possibilités de l'homme, nous voyons également les menaces qui y apparaissent et nous devons nous demander comment nous pouvons les dominer. Nous y réussissons seulement si la raison et la foi se retrouvent unies d'une manière nouvelle ; si nous franchissons la limite auto-décrétée par la raison à ce qui est vérifiable par l'expérience, et si nous ouvrons à nouveau à celle-ci toutes ses perspectives". Qu'y-a-t-il dans ces paroles de rétrograde et de convenu ? J'y vois pour ma part une grande tolérance et l'acceptation raisonnée et raisonnable de nos temps. Propos d'une grande modernité et sans rien de paradoxal.

La condition d'un véritable dialogue des cultures et des religions.
On a voulu opposer la bienveillante attitude de Jean Paul II à assise à ce qui a été présenté dans les médias du monde entier comme une retenue compassée. Il s'agit bien plutôt d'une réflexion positive née de l'expérience du pontificat précédent à l'aulne de la pensée du théologien qui occupe aujourd'hui le trône de saint Pierre. "Une raison qui reste sourde face au divin et qui repousse la religion dans le domaine des sous-cultures est incapable de s'insérer dans le dialogue des cultures"..."Depuis longtemps l'Occident est menacé par cette aversion contre les interrogations de sa raison, et ainsi il ne peut subir qu'un grand dommage". Diagnostic impitoyable de notre état d'aveuglement. L'avertissement est clair.
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Revenant à son point de départ, Benoît XVI termine en disant : "Ne pas agir selon la raison, ne pas agir avec le logos, est contraire à la nature de Dieu" a dit Manuel II, partant de son image chrétienne de Dieu, à son interlocuteur persan. C'est à ce grand logos, à cette ampleur de la raison, que nous invitons nos interlocuteurs dans le dialogue des cultures. La retrouver nous-mêmes toujours à nouveau, est la grande tâche de l'université."
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Loin des polémiques déplacées qu'il a suscitées, et qui en masquent la véritable nature, nous avons affaire à un texte fondamental. Rien de ce que Saint Père a dit ne peut être négligé, ni balayé d'un geste désinvolte comme l'ont fait nombre de journalistes et d'intellectuels à la mode. Il n'est pas une provocation à mettre au compte d'une quelconque calotte, d'une quelconque secte frileuse, d'une assemblée de fanatiques aveuglés et exaltés qui perdant de la vigeur se rattache à des idées extrêmistes. Bien au contraire. On y sent à tout moment la lumière de la raison et la force de l'amour.
Loin de tous les sectarismes, de nouvelles réflexions, de nouvelles perspectives s'ouvrent à nous. Il reste maintenant à examiner, à argumenter, à réfléchir. Sans aucun doute un texte qui fera date. Il faut vite oublier les polémistes de tout poil qui se sont jetés sur Benoit XVI qui n'a pas le charisme de son prédecesseur. Loin des manifestations de masse, loin des trépidants mouvements de foule que Jean Paul II suscitait à chacun de ses déplacements, le petit homme qui lui a succédé travaille presque dans l'ombre. L'avenir démontrera au monde que le second prolonge l'action et la pensée du premier, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

dimanche, octobre 22, 2006

Prions avec Saint Augustin

Viens à moi,
Esprit SaintEsprit de sagesse !
Donne-moi un regard et une oreille intérieure
Pour que je ne sois pas attiré par les choses matérielles,
Mais que je cherche toujours les réalités de l'Esprit.

Viens à moi, Esprit Saint,Esprit d'amour :
Fais que mon cœur
Soit toujours capable d'une plus grande charité.

Viens à moi, Esprit saint,Esprit de vérité :
Donne-moi d'arriver à la connaissance de la vérité
En toute sa plénitude.

Viens à moi, Esprit saint,
Eau vivante qui jaillit en vie éternelle :
Fais-moi la grâce d'arriver
A contempler le visage du Père
Dans la vie et la joie sans fin.
Amen.
Saint Augustin - Fresque de Boticelli

jeudi, octobre 05, 2006

Dépasser le sensible et aller vers l'essentiel...

"Simplement viens, rejoins la Communauté en prière.
Dépasse le sensible et va vers l’essentiel.
Emprunte les mots séculaires pour dire l’inexprimable.
Applique ton cœur à ce qu’énoncent tes lèvres."..
Règle des diaconesses de Reuilly
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Simplicité qui éclaire et qui révèle. Aller vers l'essentiel. Plonger dans la profondeur du divin. S'enfouir dans la lumière du coeur. Simplement. Porter en silence la douleur et les espoirs de ce monde. Partager avec le Père les doutes, les misères mais aussi les joies et les victoires qui nous sont confiées...
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Dans la petite chapelle de Mamré, au Brillac où la nuit dans la crypte aménagée par les soeurs sous la grande maison familiale, combien d'heures avons-nous passé à prier. Cet apprentissage du silence, ce goût pour l'oraison, j'en ai été comme imprégné, par un air de cithare, par les chants qui s'élançaient aux quatre prières du jour. Le sensible oui, mais qui mène à l'essentiel : Rendre grâce et porter nos frères dans la prière.
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Non, mon coeur ne serait pas rempli d'autant de joie et de paix si je n'avais pas eu la chance de venir un jour au Brillac, avec ma communauté d'alors, cette grande famille des Chartrons, sous la conduite du pasteur Olivier Fabre ou bien était-ce le pasteur Ferret du Temple du ? La lecture de la Règle de cette communauté a fait jaillir ce soir une montagne de souvenirs.
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Je rends grâce au Seigneur pour l'intuition de Caroline Malvesin, celle de Soeur Viviane, pour Soeur Myriam et toutes les soeurs de la communauté. Les diaconesses sont un lien entre les Eglises comme le sont les frères de Taizé. Leur engagement dans le monde et leur vie de prière sont la justification de mon propre engagement. Le modèle aussi.


Joie, joie, pleurs de joie


« Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous du moins, mes amis, car la main de Dieu m'a frappé. Pourquoi vous acharner contre moi, comme Dieu lui-même ? Ne serez-vous jamais rassasiés de me mordre ? Je voudrais qu'on écrive ce que je vais dire, que mes paroles soient gravées sur le bronze avec le ciseau de fer et le poinçon, qu'elles soient sculptées dans le roc pour toujours : Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu'à la fin il se dressera sur la poussière des morts ; avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. Moi-même, je le verrai, et quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas. »
Job XIX,21-27.
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Quand je regarde autour de moi, je vois qu’à l’évidence nos temps sont difficiles. Mais ce sont nos temps. Le monde change sans que cela soit pour les hommes une évolution. Une constante cependant demeure : là où il y a souffrance et chagrin, il y a Dieu qui pleure et qui souffre. Ne pas chercher à réagir, ne pas tendre la main, ne pas vouloir chercher à soulager ne serait-ce qu’un peu, ne serait-ce que temporairement par un sourire, ou un geste revient à nier Dieu et sa présence. J’ai vécu comme tout un chacun des périodes difficiles. J’en vivrai d’autres. Ce n’est jamais facile. Cependant, j’ai reçu une grâce que je me dois de partager. Il n’y a pas de difficulté, de deuil, de douleur qui ne puisse être surmontée quand on remet au Seigneur tout ce qui nous pèse et nous assomme. Par la prière, par l’oraison, par le silence devant sa sainte Face, la paix puis la lumière nous sont toujours données.

mercredi, octobre 04, 2006

Sainte humilité ou diabolique méprise ?

En relisant dans un ouvrage d'histoire, le chapitre relatant le triste épisode des massacres de Vendée, j'ai pensé à un éditorial récent de Philippe Maxence dans l'Homme Nouveau.. En voici de larges extraits pour servir de base de réflexion, et de méditation :
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"Jacques Maritain, naguère, distinguait entre la "Personne" de l’Église et les membres de son "personnel". La première était "une, sainte, catholique et apostolique". Les seconds, bien que communiant à des degrés divers à cet article du Credo, pouvaient obscurcir la visibilité de la sainteté de l’Église par leurs péchés et leurs défaillances. L’Église, qui est sur la terre, est formée de pécheurs.
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Ce rappel, paradoxalement, ne doit pas nous conduire à douter de l’Église ou à manquer de confiance dans les membres de sa hiérarchie. L’Église est de constitution divine et cette constitution implique qu’elle repose sur l’autorité des évêques unis au pape. Il n’y a pas d’Église catholique sans évêques. Ceux qui espèrent ou qui rêvent d’une réforme de l’Église, d’un grand renouveau ou d’un retour aux grandes époques de son histoire, ne doivent pas oublier que rien ne se fera sans les évêques. Ils sont les successeurs des Apôtres, avec leur sainteté, leurs misères, leurs courages et leurs défaillances.
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Dans ce regard que nous jetons sur l’état de l’Église de France, il faut se garder de tomber dans deux pièges : l’angélisme et un hyper-réalisme critique. La première tentation serait d’affirmer que l’Église en France se porte bien, qu’elle n’a pas de problèmes ni de défaillances. La seconde tentation ne verrait, au contraire, que les zones d’ombre et les infidélités.
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À nous catholiques, il nous est demandé un grand effort : savoir porter sur des réalités naturelles un regard surnaturel, nourri par la foi, l’espérance, la charité, l’enseignement de l’Église et son histoire elle-même"...
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Dans un de ses dossiers, la revue l'Homme Nouveau présentait, un an après l’accession de Benoît XVI au souverain pontificat, et alors que de nouvelles nominations d’évêques et des départs à la retraite venaient d'avoir lieu, un tableau très détaillé de la situation de l’Église. a sa lecture, on pouvait aisément comprendre l'évolution des tendances du corps épiscopal. La déclaration de repentance de Mgr Santier, Evêque de Vendée y est évoquée "qui pose, selon nous, un véritable problème à notre conscience de laïcs catholiques".
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"Peut-on, tout en même temps, affirmer constamment le principe de l’autonomie du laïcat dans le domaine temporel tout en mettant en cause le principe même de la chrétienté, incarnation du spirituel chrétien dans le temporel ? Peut-on, sous prétexte de repentance, insulter à la mémoire de ceux qui sont morts pour obtenir de la Révolution anti-chrétienne la liberté religieuse ? Ces questions font, aussi, partie de la situation de l’Église de France."
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Mais reparlons des faits. l'Evêque de vendée déplorait dans sa déclaration "l'emprise de l'Eglise sur la société vendéenne dans le passé". Cette emprise était en effet tellement inacceptable, si jacobinement insupportable qu'il fallut en 1793 envoyer notamment le général-boucher Turreau et ses célèbres colonnes infernales pour essayer de la desserrer en exterminant 400.000 de ces "brigands" vendéens qui osaient défier le règne du progrès et de la liberté en se cramponnant à une foi catholique désuète et en restant fidèle à leur roi que tous dans le pays quelques mois auparavant aimaient et vénéraient comme leur père...
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L'emprise du clergé sur ces "fanatiques" était telle que dans les églises, les femmes et les enfants se pressaient autour de leurs prêtres pour mourir et que les soldats de la République étaient dans la nécessité de les égorger ou de les passer tous ensemble au fil des baïonnettes comme ils le firent, par exemple, le 28 février 1794 dans le petit bourg des Lucs-sur-Boulogne, "décalottant" selon le rapport Chapelain, "toute une nichée de calotins qui brandissaient leurs insignes du fanatisme". Les soldats de la liberté "décalottèrent" ainsi 564 femmes et enfants dont 109 de moins de 7 ans qui, n'en doutons pas, étaient déjà "sous emprise".
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Ce génocide n'est pas médiatique. Pas plus que le massacre des moines de Tibérine ou l'assassinat de cette soeur italienne en Afrique... Pourtant il représente pour la France autant que le génocide arménien sous d'autres cieux ! Fallait-il assimiler ces populations de croyants fervents à des fauteurs de trouble qui auraient démérité de la République ? Pourquoi laisse-t-on la pensée unique et la langue de bois se faufiler jusqu'à la chaire de nos églises ? Que le lecteur soit juge et qu'il prie le Seigneur de donner à nos évêque discernement et lucidité !"
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Philippe Maxence
Nota Bene :
A la réflexion, et après lecture de différents ouvrages, je ne pense pas que le terme "génocide" puisse s'appliquer au terrible massacre des vendéens, pas plus qu'à celui des arméniens. Ces boucheries terribles et inexcusables, injustifiables et impardonnables, n'ont jamais été commanditées, préméditées, organisées administrativement, politiquement, légilativement comme le fut le seul génocide des temps modernes, celui qui mena des centaines de milliers d'innocents vers une mort programmée dans les camps d'extermination voulus par le Régime nazi et ses chefs. Le monde connait depuis toujours des légions de martyrs dont le malheur fut d'avoir été à un mauvais moment au mauvais endroit.

dimanche, octobre 01, 2006

C'est demain Yom Kippour, la Fête du Grand Pardon pour nos frères juifs.

La veille de Yom Kippour, les juifs font un repas de fête pour montrer leur foi et leur confiance dans la miséricorde Divine. Une autre belle coutume de ce jour consiste pour les parents a bénir leurs enfants. Yom Kippour c'est le rachat des péchés commis a l’encontre de Dieu.
Mais non de ceux commis a l’encontre de son prochain. "C’est pourquoi il importe, la veille de Yom Kippour, de rechercher le pardon de ceux que nous avons pu offenser pour effacer les ressentiments que nous aurions fait naitre".
Bien que les "jours de crainte", comme on les nomme souvent, soient solennels, ils ne sont pas tristes. En fait, Yom Kippour, le jour le plus saint de l’année, est, d’une certaine manière, l’un des plus heureux. C’est qu’a Yom Kippour le croyant reçoit ce qui est peut être le don le plus sublime de Dieu, Son pardon. Lorsqu’un homme accorde son pardon, il exprime un sentiment profond d’amour, qui efface dans sa relation a l’autre les effets du mal subi. Le pardon que Dieu accorde est l’expression de son amour éternel et inconditionnel.
Bien que l'homme passe son temps à transgresser la volonté de Dieu, oour le juif notre notre âme, demeure divine (venant de Dieu) et donc pure. Yom Kippour est ce jour unique de l’année oü Dieu révèle plus clairement l’unité de son essence avec l'âme du pêcheur ; Cette âme par laquelle les juifs se trouvent véritablement dans une position d’égalité et d’individualité : "plus nous saurons montrer cette unité essentielle en agissant avec amour et fraternité, plus Dieu Lui-même nous révèlera, dans Sa plénitude, Son amour".
A Yom Kippour, le croyant est libéré de toute preoccupation matérielle : il peut donc consacrer tout le jour à la prière. Le service du soir commence par le chant de "Kol Nidré" qui absout des voeux que nous pourrions faire durant toute l’année a venir. Dans chacune des grandes prières de Kippour, les croyants récitent le "Vidouy", la confession qui énumère les pêchés que nous pouvons avoir commis et ils demandent le pardon Divin. La dernière prière de ce grand jour, alors que le jugement est sur le point d’être scellé, est appelé "Neilah". C'est, de toute l’année, le seul office qui s'accomplit devant l’Arche ouverte comme sont grandes ouvertes, a ce moment-là, les portes du ciel. La Neilah culmine avec la proclamation par la communauté du "Chema Israel" ("Ecoute Israël"), a l‘unisson, et enfin, par la dernière sonnerie du Chofar, cette trompette sacrée qui semble lorsqu'elle retentit devoir percer les cieux de son cri strident pour rejoindre le Père.
Que notre prière en ce jour rejoigne la grande prière de nos frères juifs qui se préparent à cette grande fête.

"au coeur de l'Eglise, je serai l'amour"

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus
Docteur de la Foi

Elle est morte à 24 ans. Elle est Docteur de la Foi, témoin de la Vie et guide d'une Eglise qui doute au milieu d'un monde déboussolé où les hommes se croyant définitivement libérés se jettent d'eux-mêmes sans s'en rendre compte dans un esclavage terrible où le malin les attire. Thérèse nous montre comment résister et travailler au triomphe de la Liberté vraie, celle qui porte le plus beau nom : l'Amour. Sur ce chemin, il y a la joie et la grâce. Aux dimensions du monde, cela se traduit par la paix et la tolérance, l'entraide et la solidarité. Ouvrons nos mains à toutes les misères, reprenons ensemble la route de la foi.
Des esprits "éclairés" crieront au retour de l'obscurantisme. On me traitera d'illuminé, de retardé. Proclamer sa foi et témoigner de la joie et de la force qu'on en reçoit déplait et agace. Comment être responsable, engagé dans son époque, présent au monde et digne de confiance, quand on est croyant, pratiquant et que de cette croyance, de cette pratique naissent des obligations et des comportements hors la mode et les convenances ?
La tentation est alors grande de s'enfermer avec ceux qui vibrent de la même manière en chantant les Psaumes de David, en écoutant les Paraboles du Christ et en communiant à son sang et à son corps, force vitale. Il faut résister. La tentation est grande de se penser sauvé et à l'abri quand on pénètre dans la Maison de Dieu et qu'inclinés devant son Saint Tabernacle rien du monde extérieur ne semble plus avoir d'importance. Le monde est important, les temps que nous vivons sont nos temps et nous devons y avoir notre part. Ce monde arrive à son terme, ces temps sont les derniers temps, mais nous en sommes tous, nous les croyants, responsables et quand la nuit se fera, nous devons être là car nous sommes le Corps du Christ.
Que ceux qui se moquent et critiquent soient bénis. Que la Lumière se fasse en eux et que la paix s'empare de leurs coeurs trompés par de fausses valeurs. Ne nous y trompons pas, il y a déjà leur place aux côtés du Père. Nous, de par notre mission et les talents qui nous ont été confiés pour servir l'Amour et la Paix, nous y avons moins de place. Avons-nous toujours veillé à ce que le feu ne s'éteigne pas ? Ne sommes nous pas complices de la violence, de l'injustice, trop souvent indifférents ? Le prince du mensonge n'a-t-il pas déjà pris notre coeur ? Sommes-nous assez détachés du monde pour pouvoir, à l'image du Christ, servir ce monde ? Nous appartenons au Christ, nous devons être ses prophètes, ses prêtres et ses rois. Sans crainte, sans peur de déparer dans cette époque vide de sens et d'amour vrai. Vous savez bien, la "porte étroite"... Sainte Thérèse disait que nos pêchés doivent nous rendre joyeux car ils servent à magnifier l'amour et la miséricorde du Père. Comme elle, soyons émerveillés.
Ce feu d'amour avec lequel il embrase nos coeurs doit jaillir en autant d'étincelles vers nos frères pour transmettre l'espérance et l'enthousiasme : C'est à notre joie et au bonheur de l'homme que le Christ a rendu visite, disait Dostoïevsky. Notre mission la voilà : répandre la Joie. Regardez Sainte Thérèse malade qui débordait de gaité alors que bientôt elle mourra... Nos misères et nos peines acceptées deviennent puissance de consolation, d'amour, d'intercession. Notre sourire comme notre faiblesse deviennent le sourire de Dieu et sa force ! "Surprised by Joy, Impatient like the wind", c'est cette phrase du poète qui doit définir notre action de chrétien dans ce monde gris et triste. N'abandonnons pas cette mission. Les valeurs de ce monde passeront, pas l'Amour. Soyons heureux d'être tout petits, faibles, imparfaits ; par le Christ, nous sauverons le monde. Ne cessons pas de clamer avec Sainte Thérèse : "ma vocation dans l'Eglise je l'ai trouvé, c'est l'amour".

lundi, septembre 04, 2006

Après le bonheur des vacances, la joie de la rentrée

Cette fois, c'est la bonne : la rentrée des classes pour les enfants et le retour au travail pour les parents. S'il est effectivement difficile de "reprendre le collier", le train train des affaires, le rythme du quotidien, l'enthousiasme de nos chers petits nous aide à appréhender ce retour à la routine, aux soucis inhérents à la vie active avec joie et sérénité.
Je souhaite à tous mes lecteurs, après le temps béni des vacances, une bonne rentrée et que l'Esprit saint vous gonfle d'espérance, de détermination et de sérénité. Je pense aussi à ceux qui ont perdu leur emploi ou sont en recherche d'une nouvelle orientation professionnelle. Qu'ils reçoivent courage et satisfaction !

jeudi, août 31, 2006

Disparition du Père Marie-Dominique Philippe

Le Père Marie-Dominique Philippe, père fondateur de la Communauté de Saint jean qui m'est chère pour de multiples raisons, à commencer parce que ma chère petite filleule Domitille et son frère ont rejoints la famille de Saint Jean, est retourné à Dieu. Parce que c'était un immense théologien. Comme Saint Jean au crépuscule de sa vie terrestre, le père Philippe continuait de creuser, "intelligence ouverte", l'essentiel : Dieu est amour, Dieu est bonté. Et il s'attristait de voir que la Sagesse ne fût plus aimée. Ses obsèques auront lieu à la Primatiale Saint Jean de Lyon sous la présidence du Cardinal Barbarin. Voici le très bel hommage de Gérard Leclerc .
la mort du Père Marie-Dominique Philippe - au matin du 26 août au prieuré de St-Jodard (Loire) - est pour nous l’occasion de nous recueillir en faisant mémoire d’un grand et beau serviteur de l’Eglise. Ce religieux de l’ordre de saint Dominique aura, sa vie durant, témoigné, selon sa propre expression, des trois sagesses dont il avait reçu le don : sagesse philosophique d’un disciple d’Aristote rompu aux affrontements modernes, sagesse théologique dans la tradition de saint Thomas, sagesse mystique dans la proximité de saint Jean l’évangéliste. La force intellectuelle, spirituelle du fondateur des Frères de Saint-Jean s’explique par ce profond enracinement ecclésial. N’était-il pas déjà tributaire de l’héritage, dès sa naissance et son baptême, d’une famille chrétienne du Nord, dont les nombreux enfants se consacrèrent presque tous à la vie religieuse ? Nous ne pouvons dissocier son souvenir de celui de son frère Thomas qui fonda l’Arche aux côtés de Jean Vanier. L’exemple de leur oncle, le Père Dehau, fut déterminant pour l’éveil de leur vocation et l’essor de leur pensée. Ils étaient prêts, l’un et l’autre, à répondre aux appels inattendus de l’Esprit à un moment de malaise - et pourquoi ne pas le dire ? - de désarroi dans une Eglise qui, à peine sortie de Vatican II, recevait de plein fouet les effets d’une crise interne alimentée par une crise de civilisation. Les épreuves n’ont pas manqué au Père Marie-Do comme on l’appelait familièrement. Epreuves d’une maladie acceptée courageusement. Ceux qui ont entendu sa voix brisée mais néanmoins audible grâce au micro qui la faisait vibrer, ne l’oublierons jamais. Epreuve aussi de l’incompréhension ou de l’opposition véhémente. Il acceptait tout sans polémiquer, en sachant s’en remettre à l’autorité légitime, qu’elle s’incarne dans le Père Abbé de Lérins ou dans l’évêque d’Autun. La récompense visible d’une pareille abnégation fut l’essor des “petits gris”, les frères et les sœurs, présents aujourd’hui dans bien des diocèses de France mais aussi sur les autres continents. Certains d’entre eux ne se préparent-ils pas à la mission pour d’énigmatiques pays communistes d’aujourd’hui ? Le Père Marie-Dominique Philippe est resté jusqu’au bout fidèle à l’ordre où il avait prononcé ses vœux. N’est-ce pas sur les conseils de son supérieur général qu’il avait fondé une autre famille, dont le vif essor était un signe de renouveau, alors que les ordres anciens avaient peine à surmonter les ruptures des années 60-70. Il affirmait qu’il ne se serait pas lancé dans pareille aventure - à 60 ans passés ! - si Marthe Robin ne l’y avait vivement encouragé. Comment ne pas se rappeler aussi de sa belle amitié avec Jean-Paul II rencontré avant qu’il ne soit Pape à l’université de Fribourg ? Les deux hommes, philosophes de métier, se comprenaient intimement, et leur connivence fut manifeste durant toutes les années du pontificat. S’il me faut rappeler un souvenir personnel, ce serait celui du beau rassemblement des jeunes à St-Quentin-sur-Indrois, où le fondateur des “petits gris” donnait l’envoi à ces milliers de visages fervents. Comment ne pas rendre grâce pour tant de fécondité, qui, d’évidence, se prolongera dans le sillage du témoin du Seigneur parmi nous ?
Gérard Leclerc

La mort de frère Roger : pourquoi ?


Dans beaucoup de messages que nous avons reçus l’an dernier, la mort de frère Roger a été comparée à celle de Martin Luther King, de Mgr Romero ou de Gandhi. Toutefois, on ne peut pas nier qu’il y ait aussi une différence. Car ceux-là se trouvaient dans un combat d’origine politique, idéologique, et ont été assassinés par des adversaires qui ne pouvaient pas supporter leur opinion et leur influence.
Certains diront qu’il est vain de chercher une explication à l’assassinat de frère Roger. Le mal déjoue toujours toute explication. Un juste de l’Ancien Testament disait qu’on le haïssait « sans raison », et saint Jean a mis cette même affirmation dans la bouche de Jésus : « Ils m’ont haï sans cause. » Cependant, en côtoyant frère Roger, un aspect de sa personnalité m’a toujours frappé, et je me demande si cela n’explique pas pourquoi il a été visé. Frère Roger était un innocent. Non pas qu’il n’y aurait pas eu de fautes en lui. Mais l’innocent est quelqu’un pour qui les choses ont une évidence et une immédiateté qu’elles n’ont pas pour les autres. Pour l’innocent, la vérité est évidente. Elle ne dépend pas de raisonnements. Il la « voit » pour ainsi dire, et il a de la peine à se rendre compte que d’autres ont une approche plus laborieuse. Ce qu’il dit est pour lui simple et clair, et il s’étonne que d’autres ne le ressentent pas ainsi. On comprend aisément qu’il se trouve souvent désarmé ou se sent vulnérable. Pourtant, son innocence n’a en général rien de naïf. Pour lui, le réel n’a pas la même opacité que pour les autres. Il « voit à travers ».
Je prends l’exemple de l’unité des chrétiens. Pour frère Roger, il était évident que si cette unité était voulue par le Christ, elle devait pouvoir être vécue sans tarder. Les arguments qu’on lui opposait devaient lui paraître artificiels. Pour lui, l’unité des chrétiens était avant tout une question de réconciliation. Et dans le fond il avait raison, car, nous autres, nous nous demandons beaucoup trop peu si nous sommes prêts à payer le prix de cette unité. Une réconciliation qui ne nous touche pas dans notre chair mérite-t-elle encore son nom ?
On disait de lui qu’il n’avait pas de pensée théologique. Mais ne voyait-il pas beaucoup plus clair que ceux qui disaient cela ? Depuis des siècles, les chrétiens ont eu besoin de justifier leurs divisions. Ils ont artificiellement agrandi les oppositions. Sans s’en rendre compte, ils sont entrés dans un processus de rivalité et l’évidence de ce phénomène leur a échappé. Ils n’ont pas « vu à travers ». L’unité leur paraissait impossible.
Frère Roger était un homme réaliste. Il tenait compte de ce qui demeure irréalisable, surtout du point de vue institutionnel. Mais il ne pouvait pas s’arrêter la. Cette innocence lui donnait une force persuasive très particulière, une sorte de douceur qui jamais ne s’avouait vaincue. Jusqu’au bout, il a vu l’unité des chrétiens comme une question de réconciliation. Or la réconciliation est une démarche que chaque chrétien peut faire. Si tous la faisaient effectivement, l’unité serait toute proche.
Il y avait un autre domaine où cette approche de frère Roger était sensible et où l’on voyait peut-être encore mieux sa personnalité avec ce qu’elle avait de radical : tout ce qui pouvait jeter un doute sur l’amour de Dieu lui était insupportable. Ici, on touche à cette compréhension très immédiate des choses de Dieu. Ce n’était pas qu’il refusait de réfléchir, mais il ressentait très fortement en lui-même qu’un certain langage qui se veut juste – par exemple sur l’amour de Dieu – obscurcit en réalité ce que des gens non avertis attendent de cet amour.
Si frère Roger a beaucoup insisté sur la bonté profonde de l’être humain, c’est à voir dans la même lumière. Il ne se faisait pas d’illusion sur le mal. Il était plutôt vulnérable de nature. Mais il avait la certitude que si Dieu aime et pardonne, il refuse de revenir sur le mal. Tout vrai pardon éveille le fond du cœur humain, ce fond qui est fait pour la bonté.
Paul Ricœur a été frappé par cet accent sur la bonté. Il nous a dit un jour à Taizé qu’il voyait là le sens de la religion : « Libérer le fond de bonté des hommes, aller le chercher là où il est complètement enfoui. » Dans le passé, une certaine prédication chrétienne est sans cesse revenue sur la nature humaine foncièrement mauvaise. Elle le faisait pour garantir la pure gratuité du pardon. Mais elle a éloigné beaucoup de gens de la foi ; même s’ils entendaient parler de l’amour, ils avaient l’impression que cet amour gardait des réserves et que le pardon annoncé n’était pas total.
Le plus précieux de l’héritage de frère Roger se trouve peut-être là : ce sens de l’amour et du pardon, deux réalités qui avaient pour lui une évidence et qu’il saisissait avec une immédiateté qui nous échappait souvent. Dans ce domaine, il était vraiment l’innocent, toujours simple, désarmé, lisant dans le cœur des autres, capable d’une extrême confiance. Son très beau regard traduisait cela. S’il se sentait si bien avec les enfants, c’est que ceux-ci vivent les choses avec la même immédiateté ; ils ne peuvent se protéger et ils ne peuvent croire ce qui est compliqué ; leur cœur va droit à ce qui les touche.
Le doute n’était jamais absent chez frère Roger. C’est pour cela qu’il aimait les paroles : « Ne laisse pas mes ténèbres me parler ! » Car les ténèbres, c’étaient les insinuations du doute. Mais ce doute n’entamait pas l’évidence avec laquelle il ressentait l’amour de Dieu. Peut-être même ce doute réclamait-il un langage qui ne laisse subsister aucune ambiguïté. L’évidence dont je parle ne se situait pas au niveau intellectuel, mais plus profondément, au niveau du cœur. Et comme tout ce qui ne peut pas être protégé par des raisonnements forts ou des certitudes bien bâties, cette évidence était nécessairement fragile.
Dans les Évangiles, la simplicité de Jésus dérange. Certains auditeurs se sont sentis mis en question. C’était comme si les pensées de leur cœur étaient dévoilées. Le langage clair de Jésus et sa façon de lire dans les cœurs constituaient pour eux une menace. Un homme qui ne se laisse pas enfermer dans les conflits, apparaît dangereux à certains. Cet homme fascine, mais la fascination peut facilement devenir hostilité.
Frère Roger a sûrement fasciné par son innocence, sa perception immédiate, son regard. Et je pense qu’il a vu dans les yeux de certains que la fascination pouvait se transformer en méfiance ou en agressivité. Pour quelqu’un qui porte en soi des conflits insolubles, cette innocence a dû devenir insupportable. Alors il ne suffisait pas d’insulter cette innocence. Il fallait l’éliminer. Le docteur Bernard de Senarclens a écrit : « Si la lumière est trop vive, et je pense que ce qui émanait de frère Roger pouvait éblouir, cela n’est pas toujours facile à supporter. Alors ne reste que la solution d’éteindre cette source lumineuse en la supprimant. »
J’ai voulu écrire cette réflexion, car elle permet de faire ressortir un aspect de l’unité de la vie de frère Roger. Sa mort a mystérieusement mis un sceau sur ce qu’il a toujours été. Car il n’a pas été tué pour une cause qu’il défendait. Il a été tué à cause de ce qu’il était.

Frère François, de Taizé

mercredi, août 16, 2006

Il y a un an déjà...

C'est aujourd'hui le premier anniversaire de la mort de Frère Roger. Un an déjà. Je me souviens de l'émotion qui avait saisi le monde à l'annonce de cette terrible nouvelle. Cette fin violent, si éloignée de l'amour qu'il avait toujours indiqué comme le chemin le plus sûr vers le Père. Il nous manque. Cependant, sa présence demeure très forte : sa voix, ses écrits, sa pensée et la Communauté de Taizé qui perpétue le message de paix, d'amour et de miséricorde de son fondateur.
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Avec tous les miens, nous prierons ce soir autour des Béatitudes, le dernier texte sur lequel Frère Roger médita avant d'être frappé à mort. Nous chanterons aussi cette belle litanie qu'il aimait particulièrement :
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"Jésus le Christ, lumière intérieure, ne laisse pas mes ténèbres me parler, jésus le Christ, lumière intérieure, donne-moi d'accueillir ton amour"

lundi, juillet 31, 2006

Non aliam nisi Te, Domine

-Dis-moi Thomas, que cherchais-tu au temps de ton enfance, toi le moinillon déposé par tes parents chez les Bénédictins du Mont-Cassin, quand tu demandais à qui voulais l'entendre : "Qui est Dieu ?". Pourquoi as-tu préféré les livres à la terre, la turbulence des salles de classe à la paix du cloître, ces grands voyages sur ton âne dans le froid et la neige, à la quiétude de bon couvent et au soleil de l'Italie ? Qu'allais-tu faire en noir et blanc ? Que cherchais-tu chez ces pauvres prêcheurs ?
- Toi seul, Seigneur.
- Thomas, on t'a vu étudier auprès du Grand Albert, non seulement les Augustin, les Damascène, les Jérôme, les Grégoire, les Denys, mais aussi ce vieux païen d'Aristote. Qu'allais-tu faire chez quelqu'un d'aussi peu recommandable, que cherchais-tu dans cette métaphysique, si pour toi "l'étude de la philosophie ne consiste pas à savoir ce que les hommes ont pensé mais à découvrir la vérité des choses"? (De Cælo, I, 22)
- Toi seul, Seigneur.
- Thomas, regarde maintenant tous les siècles qui passent. Regarde ton œuvre et sa féconde lumière. Tu as compris que l'œuvre de la vérité, si profondément vissée dans ta vocation apostolique, naît de l'amour, d'un grand amour que bouleverse une misère à sauver, la misère de l'intelligence. Là ou fut cette misère, là fut ton cœur ; et donner la vérité fut ta miséricorde. Mais toi, qui as tout donné, jusqu'à l'épuisement, où étais-tu pendant ce temps-là ? Jamais tu ne parles de toi, jamais tu ne t'épanches, jamais ton œuvre ne trahit son ouvrier. Thomas, que cherchais-tu dans toute ta théologie ?
- Toi seul, Seigneur.
- Thomas, si tu crois que les hommes sont faits pour me connaître tel que Je suis, et me voir un jour face à face, si donc tu crois que l'étude conduit à Dieu, pourquoi as-tu abandonné ton ouvrage ? Un jour que tu me cherchais dans le mystère de l'Eucharistie, je te suis apparu tout soudainement, souviens-t'en ; ce que tu as vu n'était qu'un pâle reflet de ma gloire, mais tu as méprisé tout ton effort, le dispersant comme la paille au vent qui tourne, et tu as fermé tes livres, quand tout le monde te suppliait d'achever. Thomas, t'ai-je dit, tu as bien parlé de moi. Que veux-tu pour récompense ? Et tu m'as répondu :
- Toi seul, Seigneur. Non aliam nisi Te, Domine.
- Viens, Thomas, qui t'es détaché de tout ce qui n'est pas moi, qui m'as préféré à tout ce qui ne fait que conduire à moi. Viens, Thomas, mon serviteur fidèle, entre dans la joie de ton maître.

Homélie de frère Thierry-Dominique Humbrecht o.p.

dimanche, juillet 16, 2006

Gloire à Dieu


Gloire à Dieu. En dépit de la violence comme en ce moment en Orient, de la misère ailleurs, du vide de trop de coeurs envahis de haine ou de douleur, notre foi doit demeurer forte et notre regard tourné vers la croix de notre Seigneur. Gloire à Dieu.

samedi, juillet 15, 2006

Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur

Alléluia ! Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur !
Je veux louer le Seigneur tant que je vis,
chanter mes hymnes pour mon Dieu tant que je dure.
Ne comptez pas sur les puissants,
des fils d'homme qui ne peuvent sauver !
Leur souffle s'en va : ils retournent à la terre ;
et ce jour-là, périssent leurs projets.
Heureux qui s'appuie sur le Dieu de Jacob,
qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu,
lui qui a fait le ciel et la terre
et la mer et tout ce qu'ils renferment !
Il garde à jamais sa fidélité,
il fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.
Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes,
le Seigneur protège l'étranger.
Il soutient la veuve et l'orphelin,
il égare les pas du méchant.
D'âge en âge, le Seigneur régnera :
ton Dieu, ô Sion, pour toujours !

Méditons ce psaume avec Sa Sainteté Jean Paul II :
Bienheureux l'homme qui place sa confiance dans le Seigneur
Le Psaume 145, que nous venons d'entendre, est un "alléluia", le premier des cinq qui terminent le recueil du Psautier dans son ensemble. La tradition liturgique hébraïque a déjà utilisé cet hymne comme chant de louange pour le matin: il atteint son sommet dans la proclamation de la souveraineté de Dieu sur l'histoire humaine. En effet, à la fin du Psaume il est déclaré que "Yahvé règne pour les siècles".
Il s'ensuit une vérité réconfortante: nous ne sommes pas abandonnés à nous-mêmes, les événements de nos journées ne sont pas dominés par le chaos ou le hasard, ils ne sont pas une simple succession d'actes privés de tout sens et sans objectif. A partir de cette conviction se développe une véritable profession de foi en Dieu, célébré dans une sorte de litanie dans laquelle sont proclamées les qualités d'amour et de bonté qui lui sont propres.
Dieu est le créateur du ciel et de la terre, il est le gardien fidèle du pacte qui le lie à son peuple, il est Celui qui rend justice aux opprimés, qui donne le pain qui soutient les affamés et libère les prisonniers. C'est Lui qui ouvre les yeux aux aveugles, qui relève celui qui est tombé, qui aime les justes, qui défend l'étranger, qui soutient l'orphelin et la veuve. C'est lui qui bouleverse la vie des impies et qui règne de façon souveraine sur tous les êtres et sur tous les temps.
Il y a douze affirmations théologiques qui, à travers leur nombre parfait, veulent exprimer la plénitude et la perfection de l'action divine. Le Seigneur n'est pas un Souverain distant de ses créatures, mais il participe à leur histoire: il est Celui qui fait régner la justice, en se rangeant du côté des derniers, des victimes, des opprimés, des malheureux.
L'homme se trouve alors face à un choix radical entre deux possibilités antagonistes: d'un côté, il y a la tentation de "mettre sa foi dans les princes", en adoptant leurs critières inspirés par la méchanceté, l'égoïsme et l'orgueil. En réalité, il s'agit d'une voie glissante et vouée à l'échec, c'est "un sentier tortueux, une piste oblique" , qui a comme point d'arrivée le désespoir.
En effet, le Psalmiste nous rappelle que l'homme est un être fragile et mortel, comme le dit le vocable 'adam, qui en hébreu renvoie à la terre, à la matière, à la poussière. L'homme - répète souvent la Bible - est semblable à un palais qui s'émiette, à une toile d'araignée que le vent peut rompre (cf. Job 8, 14), à un brin d'herbe verdoyant à l'aube, mais desséché le soir (cf. Ps 89, 5-6; 102, 15-16). Quand la mort le surprend, tous ses projets s'anéantissent et il redevient poussière: "Il rend le souffle, il retourne à sa glaise, en ce jour-là périssent ses pensées".
Il existe, cependant, une autre possibilité pour l'homme et il s'agit de celle qui est exaltée par le Psalmiste dans une Béatitude: "Heureux qui a l'appui du Dieu de Jacob et son espoir en Yahvé son Dieu". C'est la voie de la confiance dans le Dieu éternel et fidèle. Amen, qui est le verbe hébreu de la foi, signifie précisément se fonder sur la fidélité inébranlable du Seigneur, sur son éternité, sur sa puissance infinie. Mais cela signifie surtout partager ses choix que la profession de foi et de louange, que nous avons décrite auparavant, a mis en lumière.
Il est nécessaire de vivre en adhérant à la volonté divine, d'offrir le pain aux affamés, de rendre visite aux prisonniers, de soutenir et de réconforter les malades, de défendre et d'accueillir les étrangers, de se consacrer aux pauvres et aux indigents. C'est, en pratique, le même esprit que celui des Béatitudes; faire le choix de cette décision d'amour nous sauve déjà dans cette vie, qui sera ensuite l'objet de notre examen lors du jugement dernier qui scellera l'histoire. Nous serons alors jugés sur le choix de servir le Christ dans ceux qui sont affamés, assoiffés, étrangers, nus, malades ou en prison. "Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait" (Mt 25, 40): c'est ce que dira alors le Seigneur.
Nous concluons notre méditation sur le Psaume 145 par un élément de réflexion qui nous est offert par la tradition chrétienne successive.
Origène, le grand écrivain du III siècle, lorqu'il parvient au v. 7 du Psaume qui dit: "Il donne aux affamés du pain, Yahvé délie les enchaînés", y voit une référence implicite à l'Eucharistie: "Nous avons faim du Christ, et lui-même nous donnera le pain du ciel. "Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien". Ceux qui parlent ainsi sont affamés; ceux qui ressentent le besoin du pain sont affamés". Et cette faim est pleinement rassasiée par le Sacrement eucharistique, dans lequel l'homme se nourrit du Corps et du Sang du Christ (cf. Origène-Jérôme, 74 homélies sur le livre des psaumes, Milan 1993, pp. 526-527).