11 mai 2012

Afin que vous donniez du fruit et que votre fruit demeure

L'évangile du jour (St. Jean XV,12-17) est un des plus beaux textes du Nouveau testament. La première fois que je l'ai lu, j'ai ressenti une incroyable émotion. François d'Assise en a laissé un commentaire magnifique. Avec des mots simples, il nous rappelle la belle évidence de l'amour du Père : 

"Qu'ils sont heureux et bénis, ceux qui aiment Dieu et qui pratiquent ce que le Seigneur lui-même dit dans l'Évangile : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, et ton prochain comme toi-même ».
Aimons donc Dieu et adorons-le d'un cœur et d'un esprit purs... Puis, aimons notre prochain comme nous-mêmes. Et si quelqu'un ne veut pas ou ne peut pas aimer son prochain comme lui-même, qu'au moins il n'aille pas lui faire de mal, mais qu'il lui fasse du bien. Ceux qui ont été investis du pouvoir de juger autrui, qu'ils exercent leur charge de juge avec miséricorde, comme ils voudraient obtenir eux-mêmes miséricorde du Seigneur... Ayons donc charité et humilité : faisons des aumônes, car elles lavent les âmes des souillures de leurs péchés. En effet, tout ce que les hommes doivent laisser en quittant ce monde est à jamais perdu pour eux, tandis qu'ils emportent avec eux le prix de leur charité et les aumônes qu'ils auront faites : ils en recevront de Dieu la récompense et une juste rémunération...
Tous ceux et toutes celles qui agiront ainsi et qui persévèreront jusqu'à la fin, l'Esprit du Seigneur reposera sur eux et fera en eux son habitation et sa demeure, et ils seront les fils du Père céleste dont ils font les œuvres ; et ils sont époux, frères et mères de notre Seigneur Jésus Christ... Oh, qu'il est glorieux et saint et grand d'avoir un Père dans les cieux ! Qu'il est saint et beau, magnifique et admirable d'avoir dans les cieux un Époux ! Que c'est une chose sainte...et humble, apaisante et douce, aimable et désirable plus que tout, d'avoir un tel frère et un tel fils, qui a donné sa vie pour ses brebis, et qui a prié son Père pour nous en disant : « Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés...; je veux, Père, que là où je suis, eux aussi soient avec moi, pour qu'ils voient ma splendeur dans ton royaume. »"

10 mai 2012

Kolomenskoïe, l’icône rouge

En février 1917, juste avant les apparitions de Fatima et le commencement des soixante-dix terribles années d'oppression du communisme athée, la Mère de Dieu apparaît aux portes de Moscou, le jour même de l'abdication de l'empereur Nicolas II, le 2/15 mars. Elle demande d'installer une l'icône rouge... L'icône où la Reine du Ciel trône avec un manteau de pourpre, un sceptre et un globe terrestre, l'Enfant sur ses genoux.

Kolomenskoïe, petit village dont les origines remontent au XIVe siècle, sous le règne d'Ivan Kalita, domine la Moskova, à une dizaine de kilomètres au Sud-est du Kremlin. Les édifices sont situés dans un magnifique parc naturel de 390 hectares, où coulent des sources au milieu des rochers, parmi des chênes dont certains ont plus de quatre cents ans. Au quinzième siècle, la propriété est devenue une résidence royale d'été.

Dans la nuit du 13 février 1917, Evdokia Adrianova, paysanne de Botchinki (banlieue de Moscou), entend dans son sommeil une voix mystérieuse qui lui dit "A Kolomenskoïe il y a une grande icône noire. Il faut y installer l’icône rouge." Parvenue sur les lieux, Evdokia transmet le message au père Nicolas Likhatchev. Il retrouve la grande icône où la Reine du Ciel trône avec un manteau de pourpre, un sceptre et un globe terrestre, l’Enfant sur ses genoux. La paysanne reconnaît l'icône vue dans son rêve. Dès ce jour, on la vénéra en procession itinérante dans les monastères et dans les églises de Moscou. Selon le récit du prêtre, Evdokia aurait ajouté, dans son langage populaire, que Marie devenait ainsi en effigie la "Tsarine invisible".

De mai à octobre 1917 (la première apparition date du 13 mai), la Vierge apparaît à Fatima, au Portugal, une partie du message concerne la conversion de la Russie, liée à la venue d'un temps de paix. Le13 juillet, le secret prophétisant la fin des persécutions en Russie, fut communiqué par la vierge. Il fut tout d'abord totalement incompréhensible, puisque la révolution ne prit le pouvoir qu’en octobre 1917.

Le 19 septembre 1990, à l’heure où la Perestroïka mettait fin aux persécutions en Russie, le sanctuaire de Kolomenskoïe débordait d’une foule fervente sous les bulbes de ses clochers. L'église est classée depuis 1995 au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

10 avril 2012

Sagesse

" N'oublions pas que ce n'est pas le nombre et la longueur de ses branches, mais la profondeur et la santé de ses racines qui font la vigueur d'un arbre." 
Gustave Thibon
L’Équilibre et l'harmonie

Sur le jeûne et ses puissants bienfaits

Et si le manque n'était plus vécu comme une défaite ?
Le 29 mars, la chaine de télévision Arte a diffusé un documentaire intitulé "Le jeûne, une nouvelle thérapie ?". Il doit être rediffusé le mardi 17 avril à 10h40. Il sera commercialisé en DVDdès la fin du mois. Cet tonnant reportage montre les puissants bienfaits d'un jeûne strict, ce qui va à l'encontre de beaucoup d'idées reçues dans le monde d'aujourd'hui où avoir faim est considéré comme une chose négative. Il ne s'agit pas, dans ce documentaire, d'un approfondissement spirituel, mais d'une démarche liée à la santé physique et psychique. Toutefois cela permet de bien comprendre aussi qu'en prônant régulièrement le jeûne, la tradition chrétienne s'appuie sur une sagesse humaine immémoriale oubliée par la grande majorité aujourd'hui et dont la science découvre le bien-fondé. En fait, ce n'est pas nouveau puisque des chercheurs soviétiques ont entrepris depuis plus de soixante ans des recherches très approfondies sur la question. En Allemagne aussi, des thérapeutes travaillent depuis longtemps sur les capacités du corps à se régénérer et à compenser l'absence d'apports nutritionnels. Merveille que le corps humain. Merveille aussi de montrer au monde que les religions ont su dès leur origine apporter aux hommes des réponses à leurs besoins et que les préceptes prônés n'étaient pas de simples superstitions comme on voudrait le laisser penser. Et puis cela montre combien le marché de la maladie est juteux et que l'industrie de la santé, en imposant l'emprise de la chimie sur toute autre méthode n'a pas intérêt à ce qu'on parvienne à se soigner voire à se guérir sans l'intervention de médicaments. Le jeûne montre combien le monde économique est devenu peu ou prou l'ennemi de l'homme. Il a sa place dans l'arsenal thérapeutique à côté des médicaments.


Pour écouter dans de bonnes conditions ce documentaire, cliquer sur la fenêtre contenant les extraits musicaux proposés par le blog et mettre le lecteur Deezer en pause.

7 avril 2012

« Éveille-toi, ô toi qui dors »

Un grand silence recouvre aujourd'hui la terre. Un grand silence et une grande solitude. Le Roi s'est endormi. Hier, la terre a tremblé ; dans le Temple, le rideau s'est déchiré et il y a eu de grandes ténèbres. Puis tout s'est apaisé... Grand et Saint Samedi, voilà la Pâque du Seigneur qui s'approche...
« Qu’est-ceci ? Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le roi dort. La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair, et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. Dieu est mort dans la chair et les enfers ont tressailli. Dieu s’est endormi pour un peu de temps et il a réveillé du sommeil ceux qui séjournaient dans les enfers… Il va chercher Adam, notre premier père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va pour délivrer de leurs douleurs Adam dans ses liens et Ève captive avec lui, lui qui est en même temps leur Dieu et leur fils. Descendons avec lui pour voir l’alliance entre Dieu et les hommes. Là se trouve Adam, le premier père et, comme premier créé, enterré plus profondément que tous les condamnés. Là se trouve Abel, le premier mort, et comme premier pasteur juste, figure du meurtre injuste du Christ pasteur. Là se trouve Noé, figure du Christ, le constructeur de la grande arche de Dieu, l’Église. Là se trouve Abraham, le père du Christ, le sacrificateur qui offrit à Dieu par le glaive et sans le glaive un sacrifice mortel sans mort. Là demeure Moïse, dans les ténèbres inférieures, lui qui jadis a séjourné dans les ténèbres supérieures de l’arche de Dieu. Là se trouve Daniel, dans la fosse de l’enfer, lui qui jadis a séjourné sur la terre, dans la fosse aux lions. Là se trouve Jérémie, dans la fosse de boue, dans le trou de l’enfer, dans la fosse de la mort. Là se trouve Jonas dans le monstre capable de contenir le monde, c’est-à-dire dans l’enfer en signe du Christ éternel. Et, parmi les prophètes, il en est un qui s’écrie : « du ventre de l’enfer, entends ma supplication, écoute mon cri ! » et un autre « des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, entends ma voix » - Et un autre encore : « Fais rayonner ton visage, et nous serons sauvés ! »… Mais, comme par son avènement, le Seigneur voulait pénétrer dans les lieux les plus inférieurs, Adam en tant que premier père et que premier créé de tous les hommes et en tant que premier mortel, lui qui avait été tenu captif plus profondément que tous les autres, et avec le plus grand soin, il entendit le premier le bruit des pas du Seigneur qui venait vers les prisonniers. Et il reconnut la voix de celui qui cheminait dans la prison et s’adressant à tous ceux qui étaient enchaînés avec lui depuis le commencement du monde, il parla ainsi : « J’entends les pas de quelqu’un qui vient vers nous ! » Et pendant qu’il parlait, le Seigneur entra tenant les armes victorieuses de la croix. Et lorsque le premier père Adam le vit, plein de stupeur il se frappa la poitrine et cria aux autres : « Mon Seigneur soit avec vous tous ! » Et le Christ répondit à Adam : « Et avec ton esprit ». Et lui ayant saisi la main, il lui dit : « Tiens-toi debout, toi qui dormais, lève-toi d’entre les morts et le Christ t’illuminera. Je suis ton Dieu et, à cause de toi, je suis devenu ton fils. Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Surgis d’entre les morts, je suis la Vie des morts. Lève-toi, toi, l’œuvre de mes mains, toi, mon effigie, qui a été faite à mon image. Lève-toi et partons d’ici car tu es en moi et je suis en toi, nous formons tous deux une personne unique et indivisible. À cause de toi, moi, ton Dieu, je suis devenu ton fils ; à cause de toi, moi le Seigneur, j’ai pris la forme d’esclave ; à cause de toi, moi qui demeure au-dessus des cieux, je suis descendu sur la terre, et sous la terre. Pour toi, homme, je me suis fait comme un homme sans protection, livré aux juifs dans le jardin et j’ai été crucifié dans le jardin. Regarde sur mon visage les crachats que j’ai reçus pour toi, afin de te replacer dans l’antique paradis. Regarde sur mes joues la trace des soufflets que j’ai subis pour rétablir en mon image ta beauté détruite. Regarde sur mon dos la trace de la flagellation que j’ai reçue afin de te décharger du fardeau de tes péchés, qui avait été imposé sur ton dos. Regarde mes mains qui ont été solidement clouées au bois à cause de toi qui autrefois as mal étendu tes mains vers le bois… Je me suis endormi sur la croix et la lance a percé mon côté à cause de toi qui t’es endormi au paradis et as fait sortir Ève de ton côté. Ma douleur a guéri la douleur de ton côté. Et mon sommeil te fait sortir maintenant du sommeil de l’enfer. Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie, de la corruption à l’immortalité, des ténèbres à la lumière éternelle. Levez-vous et partons d’ici et allons de la douleur à la joie, de la prison à la Jérusalem céleste, des chaînes à la liberté, de la captivité aux délices du paradis, de la terre au ciel. Mon Père céleste attend la brebis perdue, un trône de chérubin est prêt, les porteurs sont debout et attendent, la salle de noces est préparée, les tentes et les demeures éternelles sont ornées, les trésors de tout bien sont ouverts, le royaume des cieux qui existait avant tous les siècles vous attend.»

3 avril 2012

Verbum supernum prodiens

Jésus se livre le premier, bel hymne pour la fête du Très Saint Sacrement de la Liturgie latine des heures, à méditer en ce mardi saint.
Le Verbe du ciel, descendu
Sans abdiquer sa gloire immense,
Accomplit son labeur ardu,
Puis vient au soir de l'existence.

Un disciple va le livrer
A ceux que mord la jalousie ;
Mais lui se livre le premier
A ses disciples, Pain de vie.

Pour nourriture et pour boisson,
Son Corps, son Sang il leur présente ;
Il veut apaiser par ce don
La faim, la soif qui les tourmentent.

En naissant, notre compagnon,
Notre nourriture à sa table,
En croix, il est notre rançon,
Dans le ciel, vision délectable.

Ô notre Sauveur immolé,
Qui du ciel nous ouvres les portes,
L'ennemi nous tient accablés :
Que ton aide nous réconforte.

A l'unique et trine Seigneur
Appartient la gloire éternelle ;
Qu'un jour il ouvre dans nos cœurs
Les sources de joie immortelle.

16 octobre 2011

La jeune moniale qui allait d'un pas joyeux

Jésus mon Christ, combien ta lumière irradie nos routes. Nous allons sur les chemins de la vie parfois hagards et plein d'angoisse, nos pas nous portent sans que nous sachions où aller, il fait sombre dans nos cœurs mais ton amour incandescent éclaire les cailloux de la route. C'est à cela que je pensais l'autre jour, vers le milieu du jour quand les obligations de la vie sociale m'avaient conduit dans le quartier du Jardin Public où j'ai longtemps vécu. J'allais à la banque et je chantais intérieurement ce beau cantique de Jacques Berthier qu'on chante à Taizé, "Jésus le Christ".
J'étais au milieu du monde. Entouré par la circulation automobile, le bruit, les passants pressés. Mais le ciel était serein, le soleil brillait. Soudain une sensation de légèreté s'empara de moi, une grande joie paisible pénétra mon cœur et se répandit jusqu'au bout de mes doigts. Je retrouvais soudain l'une des litanies que nous chantions: " je te rends grâce pour tout ce que tu me donnes, [...], conduis moi sur le chemin d'éternité"... Le hasard me fit me retourner. Une toute jeune femme vêtue de bure grise allait son chemin. Une religieuse de la communauté de Saint Jean... Certains de mes lecteurs le savent, l'aînée de mes filleuls est membre de cette congrégation. Cette enfant que j'ai pratiquement vu naître a fait ce choix radical qui surprend de nos jours, même les croyants fidèles. Elle n'a pas fui le monde, elle a choisi de le porter à bout de cœur, en ne réduisant pas son amour à quelques uns mais à l'universel, prenant l'extraordinaire décision de partir à la suite du Christ. Derrière toute l'inconscience de la jeunesse, l'enthousiasme du charbonnier, il y avait dès le premier instant le choix de Dieu qui sans s'imposer, sans rien forcer, a continuellement posé des jalons sur le chemin de cette enfant, pierraille tranchante et douloureuse ou galets polis par la joie... Elle a choisi la grâce et je me sens en face d'elle, comme en face de tous ceux qui quittent ce monde pour mieux le porter et ainsi mieux servir Dieu et ne servir que Lui, comme un petit enfant.
"Heureux ce qui avec un corps résolu font le joie de s'abandonner au Christ et de lui donner toute leur vie", c'est ainsi que s'exprimait Frère Roger. C'est avec ces mots-là qu'il m'ouvrit les portes de Taizé, me proposant quelques mois de présence au sein de la communauté. je savais que j'y resterai et je ne me suis jamais résolu à répondre à cet appel... Il y a eu la merveilleuse période du mariage et les quatre extraordinaires enfants qui m'ont été donnés. Mais parfois, comme ma pensée l'évoquait au moment même où cette jeune religieuse a croisé mes pas, l'idée très forte que depuis toujours mon chemin de Damas mène dans la direction que ma chère filleule a su choisir...
"Jésus le Christ lumière de Dieu,
ne laisse pas mes ténèbres me parler
Jésus le Christ, lumière intérieure
donne moi d'accueillir ton amour"


Comment un petit film peut contenir un grand et beau message

Quand "Histoire de Famille", le premier film réalisé par l'actrice Helen Hunt, est sorti, le public et la critique l'ont moyennement bien accueilli. En France on a crié à la bluette un peu lourde, les plus honnêtes parlant d'un film gentil, drôle, émouvant et sympathique. En le visionnant à nouveau ces jours-ci, dans sa version originale, j'ai découvert que derrière l'apparente légèreté, cet esprit à la Woody Allen (le film se déroule à New York), on avait affaire à un quelque chose de puissant et de profond. De son titre original,.
Se réservant le rôle principal, , Helene Hunt a co-écrit et réalisé "Then She Found Me", qui est adapté du roman éponyme de Elinor Lipman. C'est en résumé l'histoire d'April Epner, une institutrice encore jeune (elle a 39 ans), qui essaye de faire face au départ de Ben, son mari immature (Matthew Broderick), à la disparition de sa mère adoptive, à sa rencontre avec le père d'un de ses élèves qui se soucie de son (Colin Firth), l'apparition soudaine de sa mère biologique (Bette Midler) et le désir irrésistible d'avoir un bébé. April est juive et pratiquante, comme l'étaient ses parents adoptifs. Bernice, sa mère biologique, n'est pas vraiment croyante mais elle est chrétienne. Dans la clinique où elle doit faire une insémination artificielle, Bernice qui n'zest pas croyante, invite April à prier. Et c'est là qu'intervient une scène surprenante, du presque jamais vu dans un film hollywoodien : les deux protagonistes s'engagent dans une discussion approfondie sur le sens et l'importance de la prière. Mais oui, au beau milieu d'un film fait pour détendre et sourire, on assiste à une discussion sérieuse et qui nous touche ! Prions-nous quand nous nous sentons plus proches et plus confiants de Dieu ou quand nous nous sentons perdus et les plus dépourvus ?
Une des raisons qu'avance April pour expliquer sa réticence à se résoudre à prier en ce moment, c'est qu'il faudra penser à ce que signifie sa décision de se faire inséminer et réfléchir à la place que tient Dieu dans sa vie. Elle ne veut pas se résoudre à l'idée que ce qu'ele est en train de faire vient de son propre désir mais n'est pas la volonté de Dieu... Dans cette scène poignante, nous découvrons en même temps qu'April, combien Bernice la fofolle superficielle est sensible et combien elle aime sa fille retrouvée. Bernice pousse April à regarder honnêtement en elle pour décider de ce qui compte vraiment pour elle. Alors April se met à prier. Belle scène très émouvante où l'actrice se met à chanter le Shema Israel. elle aurait pu prononcer le Mishaberach, la prière que les juifs disent pour les guérisons, ou le Shehekianu, une prière de gratitude et de louange. Au lieu de cela, elle chante la plus ancienne et la plus sainte des prières des juifs, le Shema : "Ecoute Israël, Le Seigneur notre Dieu est Un seul Seigneur". Dans ce moment d'espoir et d'angoisse, l'héroïne revient à la première dès prières, celle qu'on apprend dès l'enfance, comme chez nous le Notre Père.
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14 octobre 2011

Quand Saul est devenu Paul, un sermon de Saint Bernard

C'est aujourd'hui que Paul s'est converti, ou plutôt que Saul est devenu Paul, car c'est aujourd'hui qu'il est devenu comme le tout petit enfant, dont le Seigneur a dit, dans son Évangile : « Si vous ne vous convertissez, et si vous ne devenez comme ce petit enfant, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux »(Mt 18, 3).

Peut-être était-ce de lui-même que le Sauveur parlait alors, car lui, le Seigneur, grand par excellence, et digne de toutes louanges, nous a été donné tout petit enfant ; aussi ne se montre-t-il pas grand à nos yeux, mais tout petit, afin de nous donner, en sa personne, un exemple aussi agréable qu'efficace d'un abaissement nécessaire. Tournez-vous donc vers cet enfant, mon frère, pour devenir enfant vous-même, et pour être un véritable enfant, en vous convertissant à lui. En effet, écoutez en quels termes pleins de clarté il se propose lui-même à vous, sous les traits de l'enfance, pour vous enseigner la vraie forme de la conversion, en vous proposant, d'une façon toute spéciale, en sa personne, ce qui est le propre d'un petit enfant.

« Apprenez de moi, dit-il, que je suis doux et humble de cœur »(Mt 11, 29). Il y a deux manières d'être petit, la douceur et l'humilité : l'une nous rend petits au dedans de nous-mêmes, et l'autre au dehors. Mais si ces deux vertus nous rendent petits, elles ne sont point petites pour cela, puisque c'est l'unique enseignement que cet enfant, si grand dans son abaissement, nous donne. C'est donc aujourd'hui que saint Paul s'est converti, et qu'il a cessé d'être Saul, aujourd'hui qu'il s'est fait doux et humble de cœur ; mais ce qui le prouve bien davantage encore, c'est la grandeur de la grâce qu'il a reçue, car elle n'eût pas été si grande si son humilité n'avait été grande aussi.

Saint Bernard de Clairvaux

4 septembre 2011

Dans la main de Dieu


"On doit être comme de l'argile informe dans la main de Dieu. Cette main d'amour nous forme comme elle le veut. […] Elle rend doux et passif, elle nous apprend à abandonner toute volonté. […] Elle nous isole dans un lieu vide de toute vie propre ou étrangère, où Dieu est le seul et entier trésor des âmes."
Gerhard Tersteegen (1697-1769)

Initiateur de la Réformation de l'Église, Luther a dénoncé l'ascèse monastique comme moyen de salut. Le monachisme a ainsi connu une longue éclipse dans le protestantisme. Luther a condamné aussi le monopole clérical de l'expérience spirituelle. Pour lui, l'âme de chaque fidèle est unie au Christ — dans la prière, la lecture de la Bible et la fréquentation du culte — par la grâce de la foi. Calvin, de son côté, a décrit le chrétien reformé comme «illuminé et glorifié par Dieu». Les débordements "illuministes" des mouvements radicaux de la Réforme ont rendu suspecte la voie mystique. Souvent rejetée par ses grands théologiens, tel Karl Barth au XXe siècle, elle n'en reste pas moins un phénomène résurgent dans le protestantisme. Aux XVI-XVIIe siècles, elle a pour principales figures Jacob Boehme et Gerhard Tersteegen. Au XVIIIe siècle, la spiritualité du mouvement piétiste est, à l'image de Zinzendorf, recherche de communion avec le Christ. L'est encore le mouvement du Réveil de la foi protestante (XIXe siècle), dont la ferveur spirituelle trouve des suites dans les courants pentecôtistes et charismatiques nés au XXe siècle. La démarche mystique a aussi été soutenue par Albert Schweitzer pour qui la foi ne peut atteindre sa plénitude en restant purement rationnelle. Au milieu du XIXe siècle, le monachisme a fait son retour avec des fondations communautaires, le plus souvent féminines, les diaconesses. Ce mouvement s'est poursuivi au XXe siècle, en s'inspirant parfois de l'expérience spirituelle de la communauté œcuménique deTaizé, d'origine protestante.

9 juin 2011

L'art contemporain et la beauté qui transcende...

33 Godtoys, Installation de Francis Moreeuw. 2005-2006.

La Biennale d'Art Contemporain de Venise (voir sur www.tramezzinimag.blogspot.com)vient d'ouvrir ses portes. Partout dans le monde des lieux offrent à voir des créations nouvelles et de nombreux courants existent en la matière. Mais qu'est-ce que ces œuvres ont à voir avec l'Art ? Peut-on encore envisager ce travail contemporain comme porteur d'un message de foi qui passe aussi par la Beauté, cette beauté dont le Père Bro disait qu'elle sauverait le monde ? Un site a eu l'idée - et le courage - de poser les questions que personne n'ose jamais formuler dans un musée, à plusieurs artistes, conservateurs et critiques d'art. Voilà ce que cela donne :

1/ L’art contemporain, n’est-ce pas un peu n’importe quoi ?

"Il a agrandi toutes les limites en poussant la recherche vers la plus grande radicalité, mais on avait perdu la clé, en oubliant que les œuvres sont portées par des commandes", estime Xavier Douroux. "Il a développé une rhétorique complexe en perdant les rapports avec le public. Il faut rétablir ce rapport et donner les clés qui permettent à tous de parler de l’art."

2 / En quoi est-il utile ?

"L’art permet tous les dialogues, bien au-delà des seules questions artistiques", continue Xavier Douroux. "Il est au cœur de toutes les décisions qu’il faut prendre dans la société." "Il permet d’exprimer des choses différentes de ce qui se dit d’ordinaire, car les discours sont toujours contrôlés", ajoute Geneviève Guénette. Jean Voguet pense, quant à lui, que "’artiste est un chercheur. Il va trouver les formes et les couleurs qui seront à la mode. L’artiste est un médium qui transmet la beauté qui n’est pas toujours où on la recherche". "C’est un marqueur d’idées qui parle de l’actualité avec ironie. L’exposition " La Boucherie humaine" aurait été plus influente sur une courte durée, pour ne pas entrer dans les mœurs", précise Rémi Tamain.

3 / La recherche du Beau est-elle encore d’actualité ?

"C’est quoi la beauté ? Si elle est spirituelle, alors ces œuvres y tendent. Si c’est uniquement esthétique, d’autres œuvres peuvent y prétendre, car c’est surtout la quête du sens", répond d’emblée Jean Voguet. Catarina Perazzi explique, de son côté, le sens de sa Déesse mère : "La nudité est un beau véhicule, si elle est bien utilisée. Je l’ai conçue comme une icône. "

4 / L’argent et l’art : un rapport scandaleux ?

"Des prix délirants et même irréels existent, mais ça ne concerne qu’une quinzaine d’artistes dans le monde", affirme Xavier Douroux, quand Geneviève Guénette souligne qu’elle "travaille à côté pour pouvoir vivre".

5 / Jeter un trait sur une toile blanche, c’est un peu facile ?

"On ne doit pas tout justifier par le travail manuel, car une œuvre est avant tout un travail intellectuel.", clame Jean Voguet. "Le savoir-faire très apparent peut, au contraire, cacher un manque de conception."

6 / Comment l’art contemporain retrouve sa place dans la vie quotidienne ?

"On passe des commandes avec l’aide de la ville à des artistes locaux pour qu’ils ne partent pas à Berlin ou à New York. On est aussi actif dans le Châtillonnais que dans les quartiers", nous apprend Xavier Douroux. "Quand une œuvre d’art trouve le bon contexte, elle n’a plus besoin d’être expliquée. On invite des street-artistes qui discutent avec les habitants.", conclut Jean Voguet.

© Franck Bassoleil

4 avril 2010

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !


Magnifique cérémonie hier soir, samedi Saint, à Saint-Paul pour la Vigile Pascale. L'église plein comme d'habitude et toute la communauté dominicaine au grand complet avec deux ou trois frères venus d'autres Provinces et un abbé aumônier militaire. Une douzaine de servants de messe et une chorale vraiment impliquée, les voix bien équilibrées et un Frère Joël, fatigué, mais en grande forme musicale. Aurélien Delage à l'orgue de chœur en attendant la remise en voix du Grand Orgue. Belle liturgie animée par le Prieur, Frère David qui nous a régalé d'une homélie flamboyante et revigorante comme à son habitude : "et si c'était faux tout cela, nous serions là pour rien...". Dès l'entrée en procession dans l'église, on sentait bien que cet office serait rayonnant. La splendeur des lieux, la force du rite, le choix des chants et la manière dont les textes furent lus - ou chantés - tout concourait à faire de cette veillée pascale une cérémonie hors classe. Si dans l'assistance quelques uns doutaient, les deux heures de l'office les auront définitivement converti. Quelle joie, quel bonheur que ces messes sobres mais somptueuses, où la pompe n'est jamais gratuite ou triviale. L'émotion qui transporte le fidèle n'est pas du seul domaine de l'esthétique. certes les visages charmants des enfants de chœur, la beauté des vêtements sacerdotaux, le décor même, sont des éléments esthétiques que l'Église a toujours su utiliser, mais il n'y a pas que ça. Au fur et à mesure que se déroulait la messe ce soir, une empathie semblait prendre peu à peu chacun de nous, on se sentait comme transporté, presque transfiguré. En d'autres lieux on eut parlé de magie. Dieu était vraiment parmi nous ce soir et se manifestait à travers toute cette beauté. Oui, je puis l'affirmer en sortant de Saint-Paul : Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !

2 avril 2010

Vendredi saint


Jésus le Christ, Lumière de Dieu
ne laisse pas mes ténèbres me parler
Donne moi d'accueillir ton amour

8 janvier 2010

Un beau texte de Saint Jean Chrysostome en ce début d'année

"Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; celui-ci, en voyant Jésus, tomba la face contre terre et lui demanda : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » A l'instant même, sa lèpre le quitta. Alors Jésus lui ordonna de ne le dire à personne : « Va plutôt te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit ; ta guérison sera pour les gens un témoignage. » On parlait de lui de plus en plus. De grandes foules accouraient pour l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Mais lui se retirait dans les endroits déserts, et il priait. "
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,12-16

"«Jésus étendit la main, le toucha et dit : Sois purifié ». Jésus ne dit pas simplement : «Je le veux, sois guéri.» Mieux encore : «Il étendit la main et le toucha.» Voilà qui est digne d'attention. Puisqu'il le guérissait par un acte de sa volonté et par une parole, pourquoi l'a-t-il touché de la main ? Pas pour une autre raison, me semble-t-il, que pour montrer qu'il n'est pas inférieur, mais supérieur à la Loi, et que désormais, rien n'est impur pour quelqu'un de pur... La main de Jésus n'est pas devenue impure au contact du lépreux ; au contraire, le corps du lépreux a été purifié par la sainteté de cette main. C'est que le Christ est venu non seulement guérir les corps, mais élever les âmes à la sainteté ; il nous enseigne ici à avoir soin de notre âme, à la purifier, sans nous préoccuper des ablutions extérieures. La seule lèpre à craindre, c'est celle de l'âme, c'est-à-dire le péché..."
"Quant à nous, rendons à Dieu de continuelles actions de grâces. Remercions-le non seulement pour les biens qu'il nous a donnés, mais encore pour ceux qu'il a accordés aux autres : nous pourrons ainsi détruire l'envie, entretenir et accroître notre amour du prochain..."
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

25 décembre 2009

Joyeux Noël à tous !

La Nativité, peinture sur panneau de bois de Lorenzo Costa (circa 1490)

10 avril 2009

Vendredi Saint

Au reposoir


La nuit tombée gardait le souvenir de la belle journée ensoleillée. L'air était doux, le ciel dégagé. Beaucoup de monde dans les rues mais bien peu parmi cette population occupée semblait pénétrée de l'esprit qui devrait pourtant imprégner l'atmosphère et rendre nos gestes et nos actions plus mesurés, nos paroles retenues et notre regard comme voilé par la proche passion de Notre Seigneur. C'est le jour ou Jésus lava les pieds de ses disciples. Jeudi saint. Dans toutes les églises du monde, les tabernacles sont vides. Ce trou béant au coeur de nos temples est aussi une immense blessure dans nos coeurs... Je traversais donc la ville pour me rendre à Saint Paul, au couvent des dominicains où le reposoir était ouvert à l'adoration des fidèles jusqu'à minuit. Dans la nef peu éclairée, une cinquantaine de personnes étaient restées après la messe pour écouter les textes lus par les frères. Dans une chapelle latérale on a dressé le reposoir, magnifique velum de toile rouge orné de galons d'or, l'autel débordant de fleurs blanches et de feuillages, avec deux magnifiques guirlandes de lys et de verdure, des cierges et deux anges de chaque côté du reposoir, rutilant. L'impression de pénétrer l'atmosphère pleine de gloire et de piété des peintres du XVIIe siècle... A la beauté immédiate, visible, voulue par les frères, se rajoutait cette atmosphère particulière aux lieux de prière, la nuit quand, posée au milieu de la ville, au milieu du monde, ils semblent capter une énergie différente mais pourtant partie intégrante de leur environnement. Non pas hors du monde, mais en lui et au-delà de lui. Le sielnce, le peu de lumière, les parfums, tout concourt bien sûr à rendre cette impression de paix et de sérénité. Nous avons prié , chacun avec ses mots, ses attitudes jusqu'à minuit. Certains étaient à genoux, d'autres le front contre le sol, d'autres sur les bancs, sur des chaises. Quelque chose de fort, comme chaque année se répandait parmi nous et montait, remplissant les lieux comme les volutes d'encens qui se répandent dans la nef au moment des offices. Il était là, dans ce petit placard de marbre et de cuivre, entouré de fleurs aux parfums enivrants. Et me revint à l'oreille le célèbre choral de la passion selon St Matthieu de Johann Sebastian Bach que nous chanterons demain à l'office du Vendredi Saint. J'aurai pu rester là toute la nuit, dans ce silence si plein, face à Lui, totalement présent et à la fois tellement douloureusement loin. Et ces paroles qui résonnaient en moi...

"Mache dich, mein Herze, rein,
Ich will Jesum, selbst begraben.
Denn er soll nunmehr in mir
Für und für
Seine süsse haben.
Welt, geh aus, lass Jesum ein !"

24 mars 2009

Prière du matin


Rassasie-nous de ton amour au matin,nous serons dans la joie et le chant tous les jours.

(Psaume 90,14)

19 mars 2009

Paroles pour le Carême


« Je marche vers Dieu à reculons, je tomberai en Lui à la renverse »
Gustave Thibon

18 mars 2009

Vérités

"Des pays un temps riches de foi et de vocations perdent désormais leur identité propre, sous l'influence délétère et destructive d'une certaine culture moderne. On y voit celui qui, ayant décidé que Dieu est mort, se déclare dieu lui-même, et se considère le seul artisan de son propre destin, le propriétaire absolu du monde... Mais quand l'homme élimine Dieu de son propre horizon, est-il vraiment plus heureux ? Devient-il vraiment plus libre ?... N'arrive-t-il pas plutôt - comme nous le démontre amplement la chronique quotidienne - que s'étendent l'arbitrage du pouvoir, les intérêts égoïstes, l'injustice et l'exploitation, la violence dans chacune de ses expressions ? En fin de compte, l'homme se retrouve plus seul et la société plus divisée et confuse".
Benoît XVI

Ma liberté

Discutant l'autre jour avec une dame - charmante et attentionnée au demeurant - envoyée par les services des impôts pour comprendre ma manière de fonctionner, je me suis rendu compte combien les conséquences de mon cheminement intérieur pouvaient paraître incroyables et bizarres aux yeux des gens contraints de demeurer dans le système et d'y coller. Les évènements de ma vie privée, l'évolution (le mot est mal choisi mais c'est le seul auquel je pense sur l'instant) de notre monde et mes nombreuses heures de Désert, semblent confirmer la validité de mes choix qui, s'ils m'enlèvent toute possibilité de m'enrichir, de me faire connaître; d'avoir une "position", m'ont apporté une paix profonde, une joie inexorable et la certitude d'être enfin sur la bonne voie, ouvert aux autres. A l'écoute. Disponible et serein. Cette liberté conquise sur mes atavismes, mes manques, mes conformismes. Sur mon éducation et la culture de mon milieu simplement. Mais cette liberté n'est pas une fin en soi, sinon elle ne serait qu'égoïsme. Elle est un moyen. Elle me permet de regarder aujourd'hui l'autre comme il est et non à travers de prismes déformants. Elle me permet d'appréhender chaque situation de mon existence avec un regard à chaque fois différent. Elle est à reconquérir chaque jour, éternelle lutte contre moi-même. Elle procède de bien plus haut et plus important que moi, car c'est la soumission à l’Autre qui conditionne la liberté. Une soumission voulue, joyeuse et active.
En cherchant comment expliquer ce ressenti, j'ai déniché un beau texte du Père Rouet, notre vicaire épiscopal, noté sur son blog :
"La liberté est le bien le plus précieux et le moins partagé dans le monde des hommes... Elle est essentiellement intérieure. Elle ne se confond ni avec le libéralisme ni avec le caprice de faire ce que je veux, quand je veux... Elle n'est vraie et réelle que sous la forme d'une libération. Je ne nais pas libre, je le deviens ... peut-être ! Elle est ce sentiment profond d'être soi, l'expérience d'un épanouissement de soi qui déploie mon être et mes capacités de vie et de relation. Elle n'est jamais acquise une fois pour toute. Elle ne s'expérimente que dans l'ouverture à l'autre, que dans le consentement à soi et à l'autre. C'est dans le désert que j'apprends à l'aimer car il n'y a rien d'autre que Dieu et l'immensité..."

16 mars 2009

Monseigneur Marc Aillet, nouvel évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, a été interrogé dans la revue "La Nef" à propos de la levée des excommunications des quatre évêques sacrés par Monseigneur Lefebvre sans mandat pontifical en 1988. Voici un extrait des propos de Monseigneur Aillet sur ce sujet :

"Sans doute les propos négationnistes intolérables de Mgr Williamson sont-ils venus parasiter la décision du Saint-Siège et je ne peux m’empêcher de penser qu’ils ont servi ceux qui veulent systématiquement discréditer le Saint-Père et faire peser le soupçon sur ses intentions. [...]
Mais l’incompréhension vient aussi de l’ignorance qui caractérise de nombreux fidèles par rapport au Concile Vatican II, dont on peut se demander, à quarante ans de distance, s’il a été effectivement reçu. C’était la question que posait Jean Paul II en 2001 dans sa lettre, Au début du nouveau millénaire : « En préparation du Grand Jubilé, j’avais demandé que l’Église s’interroge sur la réception du Concile. Cela a-t-il été fait ? » Force est de constater que, lors de la levée de bouclier qui a accueilli, y compris au sein du monde catholique, la levée des excommunications, l’on a d’autant plus invoqué le Concile Vatican II de façon incantatoire que l’on est souvent bien loin, dans sa mise en œuvre, du véritable Concile. [...]
Comment taire la contestation ouverte qui s’est parfois imposée de manière explicite de la part de pasteurs ou de théologiens, constitués en véritables groupes de pression, qui comptent parmi les principaux défenseurs de l’esprit du Concile, sur des points essentiels de la foi ou de la morale catholique, rappelés pourtant sans ambiguïtés par le Concile et par le Magistère post-conciliaire : je pense à la doctrine d’Humanae Vitae ( Une encyclique promulgué par Paul VI en 1968 ) sur la régulation naturelle des naissances, l’indissolubilité du mariage, le non-accès des femmes au sacerdoce ministériel, le célibat des prêtres, la nature sacrificielle de la Messe, la présence réelle, le sacrement de pénitence et de réconciliation, etc. [...]
En outre, je suis de ceux qui demandent que nous soyons vigilants à dénoncer clairement tous les négationnismes : celui de l’holocauste bien sûr, mais aussi celui des goulags soviétiques dont nous avons pu être complices par des rapprochements pour le moins imprudents avec le Parti communiste ou ses dérivés syndicaux dans les années 70, mais encore celui des 220.000 enfants massacrés dans le sein de leur mère : les générations futures ne seront-elles pas en droit de nous reprocher notre silence ?"

26 février 2009

« Quel est le jeûne qui me plaît ?... N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim ? » (Is 58,6-7)

elui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne : il doit sympathiser avec l'homme qui a faim s'il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim ; il doit faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde... Ce que nous avons perdu par le mépris, nous devons le conquérir par le jeûne ; immolons nos vies par le jeûne, parce qu'il n'est rien que nous puissions offrir à Dieu de plus important, comme le prouve le prophète lorsqu'il dit : "Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; le coeur qui est broyé et abaissé, Dieu ne le méprise pas" (Ps 50,19). Offre donc à Dieu ta vie, offre l'oblation du jeûne pour qu'il y ait là une offrande pure, un sacrifice saint, une victime vivante qui insiste en ta faveur...
Mais pour que ces dons soient agréés, il faut que vienne ensuite la miséricorde. Le jeûne ne porte pas de fruit s'il n'est pas arrosé par la miséricorde ; le jeûne devient moins aride par la miséricorde ; ce que la pluie est pour la terre, la miséricorde l'est pour le jeûne. Celui qui jeûne peut bien cultiver son coeur, purifier sa chair, arracher les vices, semer les vertus : s'il n'y verse pas les flots de la miséricorde, il ne recueille pas de fruit.
Toi qui jeûnes, ton champ jeûne aussi s'il est privé de miséricorde ; toi qui jeûnes, ce que tu répands par ta miséricorde rejaillira dans ta grange. Pour ne pas gaspiller par ton avarice, recueille par tes largesses. En donnant au pauvre, tu donnes à toi-même ; car ce que tu n'abandonnes pas à autrui, tu ne l'auras pas.
Saint Pierre Chrysologue
Docteur de l'Eglise, mort en 451.

25 février 2009

Un message d'amour et de sérénité

En ce premier jour de Carême, je voudrais apporter aux lecteurs de Doux et Humbles de coeur un message de joie et d'espérance. Pendant quarante jours, nous allons pouvoir nous regarder, voir en nous ce qui ne va pas ou pas assez, ce qui devrait mieux aller, ce qui devrait être magnifié, développé, amplifié pour mieux servir Dieu et mieux aimer l'autre. Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois ont un chant très émouvante, merveilleusement interprété comme toujours par cette manécanterie et qui dit tout l'amour, toute l'espérance et toute la foi que les enfants de dieu doivent transmettre et développer. Ces paroles disent à ceux qui sont dans la souffrance et dans le doute, combien l'amour est fort et combien ils sont aimés. Je ne sais pas comment vous ressentirez ces images et ce chant, moi ils m'ont terriblement émus et mes larmes furent de joie et de félicité. Je forme le voeu que vous tous pleuriez aussi de joie et de de félicité, votre espérance renforcée et vos attentes comblées.

Composé pour le centenaire de la plus formidable manécanterie de France, véritable école de foi qui forme depuis 1907 de jeunes garçons parisiens au chant et à la musique dans une optique chrétienne, ce chant est un hymne à la voix, à l'espérance et à l'enfance, naturellement bonne et solidaire. En voici les paroles :

Tout autour de la Terre,
Depuis déjà cent ans,
Unis et volontaires,
Nous défions le temps.
Apôtres et missionnaires
D'un monde en plein tourment,
Nous révélons le mystère
En sublimant nos chants.
Musique Universelle, Musique la plus belle,
Celle qui nous a tant donné, survivra pour l'éternité.
Elle tourne dans nos têtes, sans jamais s'arrêter,
Elle est l'âme d'une fête, un souffle de liberté.
Qu'il soit dans la misère,
Qu'il soit riche ou puissant,
Qu'il soit l'enfant d'une guerre,
Ou le fruit d'un serment,
Nous lui disons sereins,
Qu'il est digne d'amour,
Que même après la fin,
Il est un nouveau jour !
Musique Universelle, Musique la plus belle,
Celle qui nous a tant donné, survivra pour l'éternité.
Demain de nos poussières des voix s'élèveront,
Perpétuant nos prières, elles diront de chanter,
Pour l'humanité.

1 février 2009

La transfiguration par Duccio di Buoninsegna.

25 janvier 2009

Combien prompte est la discorde

Encore une fois, et sur un sujet délicat, l'homme moderne - et les médias - il est dit tout et n'importe quoi. Le Saint Père, fidèle à sa volonté annoncée dès le début de son pontificat, de mettre un terme au plus important schisme de l'Eglise depuis la Réforme, vient d'annuler l'excommunication de quatre évêques que Monseigneur Lefèvre avait consacré, en opposition aux règles de l'Eglise catholique. Ce geste aussitôt contesté s'inscrit dans ce désir d'unification à l'intérieur de l'Eglise romaine. Comment vivre l'unité des chrétiens, si dans sa propre maison on est désuni ? Ce n'est pas pour rien que cette mesure est officialisée au moment où les églises chrétienns prient ensemble sur l'Unité et l'oecuménisme.
Aussitôt des esprits chagrins relayés par d'autres mal intentionnés ou braqués donnent en pâture à l'opinion publique le pape et la Curie romaine, vus par eux comme un groupement de traditionnalistes obscurantistes et conservateurs, donc dangereux pour l'époque libertaire et décadente dans laquelle nous vivons. Souvenez-vous que pour bon nombre d'intellectuels, il est interdit d'interdire.
Quand, en plus, l'un des évêques tient des propos négationnistes, c'est la furie qui se réveille. Oui l'évêque schismatique anglais pense qu'il n'y a pas eu de chambre à gaz. Il ne nie pas la Shoah, il pense, à titre personnel, que les chambres à gaz n'ont pas existé. C'est l'opinion d'un homme et non pas le reflet de la pensée de l'Eglise. Certainement pas la pensée de Benoît XVI. J'ai même entendu quelqu'un dire "c'est normal, ce pape est bavarois, il ne peut pas cacher ses sympathies naturelles". C'est un scandale d'entendre cela.
Comme c'est un scandale pour ceux qui ont des membres de leur famille disparus dans les camps d'entendre un homme de Dieu prétendre que la solution finale n'est qu'une invention des sionistes et des marxistes. Mais bon sang, on ne peut accepter non plus ce politiquement correct qui interdit la manifestation de toute opinion hostile aux juifs. Ce peuple, élu par Dieu, nos frères, a été martyrisé par l'Allemagne nazie, comme avant dans la russie tsariste. C'est un fait indéniable et un scandale incroyable dont nous portons tous, que nous le voulions ou pas, une part de responsabilité. Mais doit-on assimiler pour autant les propos d'un homme, même d'église, à la pensée profonde de l'institution et de son chef, le pape ?
L'annulation des excommunications que Jean Paul II avait prononcé parce que c'était la seule position tenable pour le Vatican à l'époque, prouve seulement que les choses ont changé aujourd'hui. Le pape n'est pas homme à agir sans raison. Sa démarche est logique : ramener l'unité au sein de l'Eglise romaine. Resserrer les rangs et en finir avec ce scandale de la séparation. De grands progrès ont été faits. Il fallait un geste fort pour en finir avec le schisme. Malheureusement les traditionnalistes comptent parmi eux bon nombre de fidèles qui n'ont rien appris, ni rien oublié. Des gens pour qui le passé est la Vérité et qui refusent en bloc la démocratie, la laïcité, la république, l'oecuménisme et qui considèrent les autres églises comme des suppots de Satan. Il nous faut prier pour eux, avec compassion et regretter que leur pensée exigue se propage de génération en génération...
Délicat problème. Délicat sujet.
Si je ne partage pas la pensée de cet évêque "négationniste", si je suis un fidèle de Vatican II, je suis aussi persuadé de l'infaillibilité du successeur de Pierre et j'ai confiance en ses intuitions et je crois qu'il est bon de ramener les brebis dispersées. Pour mieux semer la Bonne Parole, sans discorde ni ressentiment.
Quand au prélat qui dit haut et fort ses convictions, pourquoi les associations de déportés et les familles des victimes n'entament-elles pas une action en justice contre l'homme, au lieu de laisser la presse - et le grand public - faire un procès d'intention à Benoît XVI ?

22 janvier 2009

Un hommage unanime : Le grand théologien orthodoxe Olivier Clément s’est éteint

La nouvelle fait la une du portail ligne de l’Eglise catholique en France : le théologien et historien français Olivier Clément est décédé à Paris le 15 janvier 2009 au soir, à l’âge de 87 ans. Il était membre du Conseil d’Eglises chrétiennes en France (CECEF) et ancien membre du Comité mixte catholique-orthodoxe.
Dans un communiqué diffusé le 16 janvier, l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France rend hommage à une "personnalité marquante et attachante de l’Orthodoxie en France, en Europe et de par le monde", souligne le site de la conférence des évêques français.

Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé, sur laquelle Olivier Clément a écrit un livre, a déclaré notamment : "La mort d’Olivier Clément nous touche, nous les frères de Taizé, jusqu’au plus profond de nos coeurs. C’était un ami proche. Par ses paroles lors de ses visites à Taizé, ou par ses livres, non seulement il nous a aidés à aimer l’orthodoxie, mais il a nourri notre foi et notre vie intérieure. Il était le témoin d’une communion réalisée entre l’Orient et l’Occident".
Il a ajouté : "Quand il rencontrait frère Roger, ces deux hommes pourtant si différents se comprenaient presque sans paroles, ils avaient la même vision d’un Dieu qui ne juge pas l’être humain mais qui ne peut qu’aimer".


A Rome, la communauté catholique de Sant’Egidio évoque un autre livre d’Olivier Clément en rappelant que "de sa proximité avec le patriarche oecuménique Athénagoras est né un monument de la littérature spirituelle du XXe siècle, « Les Dialogues avec Athénagoras », qui constitue encore aujourd’hui une source de grande sagesse spirituelle".


Amoureux de la beauté divine
"Olivier Clément était par excellence un être « philocalique », un véritable amoureux de la beauté divine qu’il recherchait et décryptait dans le monde et dans toute personne et qu’il retraduisait par une pensée théologique puissante et abondante, s’exprimant dans une parole poétique pleinement enracinée dans la vie et la tradition de l’Eglise", relève le site dans le communiqué orthodoxe. Cette "philocalie" et cette poésie ont traversé ses méditations pour le traditionnel Chemin de croix du Vendredi Saint au Colisée à Rome, que Jean-Paul II lui avait confiées.


Voir en Dieu tout visage d’homme
Ce 10 avril 1998, le théologien orthodoxe avait proposé des méditations sur le "visage" et sur la place donnée aux Saintes Femmes par les Evangiles : elles ont "le rôle majeur", écrivait-il, à part Saint Jean, étant "les seules fidèles, à la fois les plus exposées et les plus aimantes".
Olivier Clément associait la présence des femmes et le geste de compassion de Véronique, reproduit par les chemins de croix de tradition franciscaine. Il avait choisi cette expression franciscaine pour se "couler dans la sensibilité catholique". "Pour un orthodoxe", expliquait-il, "entrer dans la spiritualité franciscaine de la Via Crucis, c’était tenter d’en souligner la profondeur non seulement humaine mais divino-humaine".
Il s’arrêtait donc, lors de la VIe station, à ce geste de Véronique "essuyant le visage du Christ d’un voile où il s’imprime et se transmet à nos églises : tant de Saintes Faces où se montre en pleine pâte humaine le visage de Dieu, afin que désormais nous puissions voir en Dieu tout visage d’homme".

L’ouverture sans limite de l’amour
Dans la méditation sur le visage du Christ, il écrivait : "On disait alors d’un esclave qu’il est « sans visage », et voici que le plus beau des fils des hommes n’est plus que cet esclave torturé qu’on voit d’autant moins qu’on le torture. Ainsi il est identifié à tous les « sans-visages » du monde, ceux qu’on frappe pour les défigurer et voler leur âme, ceux qui n’ont en face d’eux, pendant des heures, que les écrans des ordinateurs, ceux qu’on désire sans aimer et les riches de fausse jeunesse fardée".
Et à propos du geste de Véronique et du "visage de Dieu", il continuait : "Seule une femme, un être de tendresse et de compassion, d’un geste de mère ou d’amante, a libéré ton visage du masque de sueur, de sang, de crachats. Et voici que la sainte-Face imprimée sur le voile de Véronique ou celui que reçut un roi d’Edesse ou le suaire brûlé du feu de l’Esprit, se multiplie dans nos églises pour nous apprendre à déceler, sous tant de masques, le visage de l’homme, sous tant de masques, le visage de Dieu".
Pour le théologien, lors de la Passion du Christ, "Dieu descend volontairement dans le mal, dans la mort - un mal, une mort dont il n’est nullement responsable, dont peut-être il n’a même pas l’idée, a dit un théologien contemporain -, pour s’interposer à jamais entre le néant et nous, pour nous faire sentir, nous faire vivre, qu’au fond des choses, il n’y a pas le néant mais l’amour". Il continuait : "Dieu se révèle ici non comme une plénitude écrasante, qui juge et qui condamne, mais comme l’ouverture sans limite de l’amour dans le respect sans limite de notre liberté".

L’amitié et la prière Enfin, commentant la dimension oecuménique de cette méditation, confiée depuis plusieurs années par le pape à des personnalités spirituelles non-catholiques, il disait : "sur la route du Golgotha, il ne peut plus y avoir de séparation". Et si les tensions persistent au niveau du dialogue officiel, confiait-il alors à Radio Vatican, avec de "fortes réactions identitaires", il affirmait qu’il y a toujours une place, pour le rapprochement entre les chrétiens, pour "l’amitié" et la "prière". Un message actuel, que le départ d’Olivier Clément pour l’autre rive rappelle avec vigueur, au moment où commence la grande Semaine de prière pour l’Unité des chrétiens.

Article de Anita S. Bourdin

La disparition d'un grand témoin

"La beauté sauvera le monde" (Dostoïevski)


Olivier Clément s'est éteint à Paris à l'âge de 87 ans, après une longue maladie. Ce grand théologien de la beauté, porte-parole de l'Eglise orthodoxe de France a répandu tout au long de sa vie une pensée merveilleusement profonde et a su transcrire dans ses livres une vision extrêmement élevée de la foi et de la tradition religieuse orthodoxe. Le monde a perdu aujourd'hui un grand témoin de la foi. Il chante dorénavant dans le choeur des anges au pied de Notre Seigneur, dans la beauté absolue de Dieu.



Ce petit film, diffusé en novembre dernier, est le dernier entretien d'Olivier Clément à l'occasion de la journée consacrée au 40ème anniversaire de la fondation du Comité inter-épiscopal orthodoxe en France. L'écouter est un régal. Puissent se lever demain d'autres Olivier Clément au service de la foi et puisse chacune de nos église avoir son Olivier Clément !

Parole pour le matin

"Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré"...
(Psaume 110)

21 janvier 2009

Dans le secret du coeur de l'homme

Saint Aelred de Rielvaux était un moine cistercien qui vivait dans ces années terribles de l'an 1000. Ce qu'il écrit demeure merveilleusement actuel. Sa prose est belle, limpide et sa pensée tellement pure qu'elle s'immisce en ceux qui le lisent comme une douce mélodie. Jamais rien de léger chez ce saint homme, rien de tragique non plus. Une grande paix et la certitude que le bonheur vient de Dieu. Ce texte est extrait du Miroir de la charité, réédité en 1992 chez Bellefontaine.
"Quand un homme s'est retiré du tumulte extérieur pour rentrer dans le secret de son coeur, qu'il a fermé sa porte à la bruyante foule des vanités et a fait le tour de ses trésors intérieurs, quand il n'a plus rien rencontré en lui d'agité ni de désordonné, rien qui puisse le tourmenter ou le contrarier mais que tout en lui est plein de joie, d'harmonie, de paix, de tranquillité ; quand tout le petit monde de ses pensées, paroles et actions lui sourit comme le ferait la maisonnée d'un père de famille dans une demeure où règne l'ordre et la paix ; alors se lève soudain une merveilleuse assurance. Et de cette assurance vient une joie extraordinaire et de cette joie jaillit un chant d'allégresse qui éclate en louanges de Dieu. Ces louanges sont d'autant plus ferventes que l'on voit plus clairement combien tout ce qui est bon en soi-même est un don de Dieu. C'est la joyeuse célébration du sabbat qui doit être précédée de six autres jours, c'est-à-dire du complet achèvement des oeuvres. Nous transpirons d'abord en faisant des oeuvres bonnes, pour nous reposer ensuite dans la paix de notre conscience A partir des oeuvres bonnes naît la pureté de la conscience qui conduit au juste amour de soi-même, qui nous permettra d'aimer notre prochain comme nous-mêmes" : "Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens lui disaient : « Regarde ce qu'ils font le jour du sabbat ! Cela n'est pas permis. » Jésus leur répond : « N'avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu'il fut dans le besoin et qu'il eut faim, lui et ses compagnons ? Au temps du grand prêtre Abiathar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l'offrande que seuls les prêtres peuvent manger, et il en donna aussi à ses compagnons. » Il leur disait encore : « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l'homme est maître, même du sabbat." (Evangile selon saint Marc chap. 2, versets 23-28).

20 janvier 2009

Hommage à Olivier Clément

Voilà un homme qui respirait à plein avec les "deux poumons" de la foi chrétienne, l'Orient et l'Occident, Byzance et Rome. Avec lui, on passait des Pères de l'Eglise grecque à l'orthodoxie russe martyrisée sous Staline, des guerres d'un Proche-Orient en proie à tous les intégrismes à celles des Balkans dont il connaissait chaque épisode tragique. Olivier Clément est mort jeudi 15 janvier à Paris, à l'âge de 87 ans.
Historien, théologien, il pouvait être considéré, dans la veine des grands mystiques, comme le maître spirituel de l'orthodoxie en Occident, fils spirituel de Nicoals Berdiaev et Vladimir Lossky, respecté, voire vénéré en France comme à Constantinople, à Damas et au Liban.
Si l'orthodoxie est parfois synonyme de fascination pour le passé et la tradition, de repli sur soi et de méfiance vis-à-vis des "frères" séparés du catholicisme et du protestantisme, il était au contraire, reconnu et estimé dans toutes les confessions. Toute sa vie, il se sera révélé un passeur, un homme de dialogue entre le monde croyant et l'incroyance, entre la spiritualité intérieure et le monde extérieur, entre l'orthodoxie dans ce qu'elle a de plus vénérable, voire archaïque, et la modernité la plus avancée.
Son histoire est celle, d'abord, d'une conversion. Il naquit en 1921 au coeur des Cévennes, théâtre de tant de blessures religieuses. Ses ancêtres sont à la fois des protestants et des catholiques, mais il grandit dans un milieu déchristianisé, agnostique, anticlérical. Il n'est pas baptisé, ne reçoit aucune instruction religieuse. Son environnement est marqué par le "paganisme et l'athéisme militant socialiste", où la mort n'est que le néant, Dieu une invention des hommes et Jésus un mythe.
Converti, il ne méprisera jamais ces origines. Adolescent, il dévore la Bible autant que les poètes, Raine Maria Rilke entre autres. Très tôt, il fait l'expérience de ce que la mystique chrétienne appelle les "ténèbres", l'angoisse de l'homme devant le mystère de Dieu et de l'existence. A l'université de Montpellier, il plonge dans l'histoire des grandes religions et des civilisations. Il a pour professeurs d'illustres maîtres repliés dans le Midi à cause de la seconde guerre mondiale. Grâce à eux, il découvre les Pères de l'Eglise et l'anthropologie des religions.
Après avoir passé l'agrégation d'histoire en pleine guerre, il se retrouve dans le maquis, sans cesser de lire Kierkegaard, Newman, Heidegger ou Chestov. Il fait la rencontre de sa vie avec les théologiens et laïcs chrétiens issus de l'émigration russe comme Paul Evdokimov, et fait ainsi son entrée dans un autre univers fascinant, celui de la mystique orthodoxe. Olivier Clément découvre le mystère de la sainte Trinité, tout ce qu'il avait jusqu'ici cherché, à la fois la singularité de la personne humaine et la profusion de la grâce et de la transcendance divine.

... "Dieu est venu me chercher".

Sa conversion à l'orthodoxie est le fruit de ses lectures répétées de Dostoïevski et de Berdiaev, de sa prière au pied d'une icône trouvée chez un antiquaire à Paris, réunissant dans un triptyque Jésus, Marie et Jean-Baptiste. Un événement qu'il traduit ainsi : "A un moment donné, Dieu est venu me chercher et je l'ai suivi. J'ai mis entre parenthèses tout ce que je savais sur les religions. Je lui ai fait confiance." Il est baptisé à l'âge de 30 ans. Professeur au lycée Louis-le-Grand, à Paris, il enseignera aussi pendant près de quarante ans à l'Institut Saint-Serge. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, à la fois poétiques, spirituels, historiques, écrits dans une langue souvent lyrique.
Il s'est imposé progressivement comme la voix de l'orthodoxie, une voix qui retentira bien au-delà de la France. Jean-François Colosimo, lui aussi professeur à Saint-Serge, le définira comme "l'homme qui a réussi à faire passer l'orthodoxie orientale en France et le message de l Occident dans les Eglise d'Orient".
Les entretiens qu'il publie dans les années 1970 avec Athénagoras (1886-1972), patriarche de Constantinople, l'homme de la réconciliation avec Paul VI et de la fin des anathèmes contre Rome, est un témoignage de cette brève période d'oecuménisme fusionnel qui suivit le concile Vatican II (1962-1965).
Grâce à Olivier Clément, l'orthodoxie trouve une place dans l'intelligentsia française. Il est l'ami des poètes comme Pierre Emmanuel. Dans le séisme qui suit Mai 68, il est de ceux qui deviendront les hérauts d'une sorte de christianisme libre, voire libertaire.
Au Proche-Orient, il est aussi l'ami du patriarche d'Antioche, Ignace Hazim, qui dialogue avec l'islam et les autres Eglises, et de tous ces intellectuels orientaux. Il jouit d'un grand prestige aussi dans l'Eglise roumaine, sous le joug de la dictature, puis libérée, attirée, en raison de sa part de culture latine, par une orthodoxie moderne. Il sera le porte-parole d'une orthodoxie ouverte au monde et au dialogue oecuménique. Il entretient de bonnes relations avec Paul VI, puis Jean-Paul II, ce qui lui vaut de passer pour un dangereux papiste chez les orthodoxes les plus bornés.
On ne trouvera aucun observateur à la fois aussi critique envers les scléroses de l'orthodoxie et aussi émerveillé par les trésors de son patrimoine liturgique, sa tradition ascétique et monastique.
Dans un article publié dans Le Monde en 1993 et resté célèbre, il est l'un des premiers à dénoncer la dérive populiste et nationaliste de l'Eglise orthodoxe de Russie après la dislocation de l'empire soviétique. De même, après le démantèlement de la Yougoslavie, se montre-t-il sévère avec ses coreligionnaires engagés dans les guerres des Balkans - entre la Serbie orthodoxe et la Croatie catholique, en Bosnie, plus tard au Kosovo.
Olivier Clément a présidé l'Association des écrivains croyants d'expression française, qui regroupe des écrivains juifs, chrétiens et musulmans.
Plus qu'aucun autre, il aura eu conscience des dérives nationalistes engendrées par le lien historique et théologique entre religion et nation, en Russie, en Grèce, en Serbie... Il laissera le souvenir d'un homme qui aura plaidé pour une conception libre de l'orthodoxie dans un monde pluriel et libre. Il savait que, dans les volutes d'encens de ses églises, sous l'or de ses coupoles et de ses iconostases, elle risque de devenir une religion de musée. Mais il eut en permanence avec l'orthodoxie une relation de tendresse exigeante, toujours lucide.

D'après l'article de Henri Tincq paru dans l'édition du Monde du 20 janvier 2009

14 janvier 2009

Prière d’un Juif pour les enfants de Gaza

"Pour les peuples du proche orient, pour tous ceux qui cherchent une paix juste et durable dans cette région…" : cette prière a été souvent exprimée au cours de la rencontre de Bruxelles et à Taizé, dans cette période d’épreuve. En même temps, le Rabbin Levi Weiman-Kelman, de Kol Ha Neshama, Jérusalem, venu à plusieurs reprises à Taizé, attire notre attention sur la prière qui suit, parue dans les pages du journal Haaretz.

S’il y a jamais eu un temps pour prier, c’est maintenant.
S’il y a jamais eu un lieu abandonné, c’est Gaza.
Seigneur, créateur de tous les enfants, écoute notre prière en ce jour maudit. Dieu que nous nommons le Béni, tourne ton visage vers ceux-ci, les enfants de Gaza, afin qu’ils puissent connaître tes bénédictions et ton abri, qu’ils puissent connaître la lumière et la chaleur où il n’y a maintenant que ténèbres et fumées, et un froid qui resserre et coupe la peau.
Tout-puissant, toi qui fais des exceptions que nous appelons des miracles, fais une exception pour les enfants de Gaza. Protège-les de nous et des leurs. Épargne-les. Guéris-les. Laisse-les vivre en toute sécurité. Délivre-les de la faim et de l’horreur, de la fureur et du chagrin. Délivre-les de nous et des leurs.
Donne-leur de retrouver leur enfance volée et leurs droits de naissance, qui est un avant-goût du paradis.
Rappelle à notre mémoire, ô Seigneur, l’enfant Ismaël, qui est le père de tous les enfants de Gaza. Comment l’enfant Ismaël a été sans eau et laissé pour mort dans le désert de Beer-Sheba, tellement dépouillé de tout espoir que sa mère ne pouvait pas supporter de voir sa vie s’écouler dans le sable.
Sois ce Seigneur, le Dieu de notre parent Ismaël, qui a entendu son cri et a envoyé son ange pour réconforter sa mère Hagar.
Sois ce Seigneur, toi qui étais avec Ismaël ce jour-là et tous les jours d’après. Sois ce Dieu, le Tout Miséricordieux, qui a ouvert les yeux d’Hagar ce jour-là et lui a montré le puits afin qu’elle puisse donner à boire au garçon Ismaël et lui sauver la vie.
Allah, que nous appelons Élohim, toi qui donnes la vie, qui sais la valeur et la fragilité de toute vie, envoie tes anges à ces enfants. Sauve-les, les enfants de ce lieu, Gaza la plus belle, Gaza la damnée.
En ce jour où l’anxiété, la colère et le deuil que l’on appelle guerre saisissent nos cœurs et les couvrent de cicatrices, nous en appelons à toi, Seigneur, dont le nom est paix :
Bénis ces enfants et garde-les du mal.
Tourne ton visage vers eux, Seigneur. Montre-leur, comme si c’était pour la première fois, la lumière et la bonté, et ta bienveillance bouleversante.
Regarde-les, Seigneur. Laisse-leur voir ton visage.
Et, comme si c’était pour la première fois, accorde-leur la paix.


Bradley Burston, écrivain et journalsite du journal Haaretz

2 janvier 2009

"Je suis la voix qui crie à travers le désert"

"Voici quel fut le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il le reconnut ouvertement, il déclara : « Je ne suis pas le Messie. » Ils lui demandèrent : « Qui es-tu donc ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Non. - Alors es-tu le grand Prophète ? » Il répondit : « Ce n'est pas moi. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix qui crie à travers le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. » Or, certains des envoyés étaient des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Si tu n'es ni le Messie, ni Élie, ni le grand Prophète, pourquoi baptises-tu ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l'eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c'est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. » Tout cela s'est passé à Béthanie-de-Transjordanie, à l'endroit où Jean baptisait".

(Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,19-28).


L'evangile de ce jour est magnifiquement illustré par ce sermon de Saint Augustin que j'ai découvert un jour et qui est d'une modernité incroyable. Il montre bien que la pensée religieuse de ceux qui accompagnent l'Eglise dans son cheminement terrestre ne sont pas inspirées que par des données humaines :

"Jean était la voix, mais « au commencement était la Parole » (Jean 1,1). Jean, une voix pour un temps ; le Christ, la Parole dès le commencement, la Parole éternelle. Enlève la parole, qu'est-ce que la voix ? Là où il n'y a rien à comprendre, c'est un bruit vide. La voix sans la parole frappe l'oreille, elle n'édifie pas le coeur. Cependant, découvrons comment les choses s'enchaînent dans notre coeur qu'il s'agit d'édifier. Si je pense à ce que je dois dire, la parole est déjà dans mon coeur ; mais lorsque je veux te parler, je cherche comment faire passer dans ton coeur ce qui est déjà dans le mien. Si je cherche donc comment la parole qui est déjà dans mon coeur pourra te rejoindre et s'établir dans ton coeur, je me sers de la voix, et c'est avec cette voix que je te parle : le son de la voix conduit jusqu'à toi l'idée contenue dans la parole. Alors, il est vrai, le son s'évanouit ; mais la parole que le son a conduite jusqu'à toi est désormais dans ton coeur sans avoir quitté le mien. Lorsque la parole est passée jusqu'à toi, n'est-ce pas le son qui semble dire, comme Jean Baptiste : « Lui, il faut qu'il grandisse ; et moi, que je diminue » ? (Jn 3,30) Le son de la voix a retenti pour accomplir son service, et il a disparu comme en disant : « Moi, j'ai la joie en plénitude » (v. 29). Retenons donc la Parole ; ne laissons pas partir la Parole conçue au plus profond de notre coeur.
Saint Augustin

21 mars 2008

L'Office des Ténèbres

Entendu ce matin l'Office des Ténèbres pour le vendredi saint, chez les Dominicains. Un moment intense et fort où la pensée portée par la musique (autour du prieur, les moines formaient un petit choeur à six voix), dans la pénombre de l'église avec devant l'autel, comme le veut une très ancienne liturgie, un chandelier portant quinze cierges, un pour chacun des psaumes qu'on éteint un à un jusqu'à se retrouver dans le noir complet. Quand les moines se sont prosternés, quand le silence s'est fait et que les voûtes semblaient garder encore le reflet de ces belles voix justes, pures, paisibles, je me suis senti nu, mais lavé, éclairé. En paix.
Pensé à ce bel enregistrement de l'Office composé par François Couperin, interprété par Gérard Lesne et l'ensemble Seminario musicale . Une merveille pour le triduum pascal.

20 mars 2008

Un enseignement catholique ?

C’est aujourd’hui Jeudi-Saint, premier jour du triduum pascal, début du grand temps qui après le Carême, nous amène vers la Pâque de Notre Seigneur. Partout dans le diocèse se célèbre ce soir à 19 heures la messe du Jeudi-Saint, moment important de recueillement et de sanctification. Pourtant - et pour la première fois depuis de nombreuses années – nous n'allons pas pouvoir assister à cette messe. Explications…
Le lycée Saint-Joseph-de-Tivoli, établissement catholique d’enseignement, organise au même moment une rencontre, avec un diaporama sur le voyage fait à Strasbourg il y a quelques semaines par la classe de l’une de mes filles… Celle-ci ayant très à cœur de nous montrer des images de ce séjour, mais aussi de montrer que ses parents s’intéressent à la vie de sa classe, il est de mon devoir de me rendre à la réunion. Cependant, je suis choqué que l’administration du lycée et les enseignants organisateurs n’aient pas pris en compte le fait que la date choisie corresponde au jeudi de la Semaine Sainte.
S’il est important que nos enfants apprennent tôt le fonctionnement des institutions européennes qui vont peser sur leur avenir, s’il est important de former des femmes et des hommes en adéquation avec leur époque, il est aussi fondamental de leur inculquer, en prolongement des enseignements reçus normalement par la famille, le respect des racines chrétiennes de notre pays, de leur faire comprendre la primauté du spirituel sur le matériel. De l’être sur l’avoir. Donner à toutes les facettes de l’enseignement, dans toutes les matières, une résonnance chrétienne.
J’ai donc pris conscience ce soir que Tivoli n’était plus un établissement à vocation chrétienne, mais une structure privée comme les autres où le projet éducatif a évacué sinon dans la lettre du moins dans les faits l’impérieuse nécessité d’une vie spirituelle active, militante et exigeante. La vague présence spirituelle en pointillé ne répond pas selon moi aux exigences d’une véritable éducation chrétienne. En cela, je regrette aujourd’hui foncièrement d’avoir inscrit mes enfants dans cet établissement.
Cela ne remet pas en cause la qualité de l’enseignement que reçoivent nos enfants mais je ne puis m’empêcher de penser que cette trop grande adéquation avec un monde désincarné où les valeurs fondamentales que nous essayons de leur apprendre, sont chaque jour mises à mal, n’est pas à l’honneur du corps enseignant et de la direction d’un établissement d’inspiration et d’origine chrétienne.
Aller à Strasbourg c’est bien, replacer ce qu’on y a vu dans une perspective chrétienne, spirituelle et morale c’est mieux et cela correspondrait totalement à ce que nous, parents chrétiens, nous souhaiterions voir enseigné à nos enfants.
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