jeudi, avril 23, 2009
mardi, avril 21, 2009
Qui oserait dire que Monseigneur Fort a raison ?
"Sida. Le vaccin de la vérité", ouvrage que j’ai publié en 1995 sous le pseudonyme de Thomas Montfort, a produit des preuves irréfutables du mensonge associatif et officiel sur le taux de fiabilité du préservatif. Il rassemblait une somme unique de témoignages médicaux, d’enquêtes scientifiques et d’informations techniques de sources diverses et de haut niveau dont les plus importantes ont été soigneusement cachées par les autorités publiques. En particulier :
- Une étude de la University of Texas, Medical Branch. Effectuée par onze équipes sous l’autorité du professeur Susan Weller et intitulée Meta-analyse de l’efficacité du préservatif dans la réduction de la transmission sexuelle du Virus HIV, indiquait une efficacité globale de 69% sur un an pour 100 rapports dans l’année (in Soc.Sc.Med., vol.36, n° 12, pp.1635-1664, 1993).
- L’éditorial du New England Journal of Medicine du 11.8.1994 (volume 331 n° 6, p.391), qui rendait compte des travaux de la conférence internationale de Yokohama sur le sida (août 1994). Il a validé l’étude de synthèse du professeur Susan Weller; puis, à propos d’une enquête du Centre Européen pour la Surveillance Epidémiologique (CESE) du sida (en fait, une équipe de l’Hôpital national de Saint-Maurice) menée à l’initiative du ministre français de la Santé, il a exprimé le sentiment commun que "L’échantillon [des personnes suivies] n’était pas assez large pour écarter la possibilité d’une transmission dans un taux supérieur à 1,5% personnes-années parmi les utilisateurs réguliers du préservatif. "
Ce que, dans un élan déjà mensonger, le pouvoir politique avait voulu faire croire par le biais d’une structure dépendante était sévèrement stigmatisé dans une instance internationale scientifique libre de toute pression. A noter que, rapporteur à Yokohama des travaux du CESE, la doctoresse Isabelle de Vincenzi concluait, dans la revue Biofutur de juin 1994 : "Le sexe sans risque (safe sex) exclut tout type de pénétration, avec ou sans préservatif, à la seule exception des relations entre partenaires non infectés et fidèles... Tout type de pénétration sexuelle avec une personne séropositive ou de statut sérologique inconnu comporte un risque potentiel... Des messages de prévention se donnant pour objectif, ne serait-ce qu’implicitement, d’atteindre un risque nul ne correspondent à aucune réalité ni psychologique, ni sociale, ni épidémiologique. " - Les révélations du chef de la section des Propriétés polymères du Naval Reserch Laboratory des USA, C.M. Roland : "La superficie des préservatifs apparait comme une surface couverte de cratères ayant un diamètre de 15 microns environ et d’une profondeur de 30 microns. Pire même, dans l’optique de la transmission du virus, nous avons découvert des canaux de 5 microns de diamètre, qui traversent la paroi de part en part. En d’autres termes, cela signifie qu’il existe des passages qui établissent un lien de communication entre l’intérieur et l’extérieur du préservatif et dont le diamètre est cinquante fois supérieur à celui du virus HIV. "
D’autres études citées corroborent ces vérités. Mais en 1995 déjà, au plus fort de la campagne de promotion du préservatif, il était impardonnable d’exprimer un point de vue contraire au discours officiel en la matière, et quiconque s’y aventurait était violemment pris à partie et qualifié de criminel. Pourtant, à l’occasion d’un recours en Conseil d’Etat intenté par une coordination d’associations (le C.I.D) contre sa circulaire du 15 avril 1996 relative à la prévention du sida en milieu scolaire, François Bayrou, alors ministre de l’Education nationale, informé par les plaignants de la teneur des preuves scientifiques que révélait mon livre sur la fiabilité dangereusement limitée du préservatif, a totalement esquivé le débat. Le gouvernement - en premier lieu le ministre de la Santé, M. Douste-Blazy - s’est bien gardé de citer l’ouvrage en justice ou même d’en contester publiquement le contenu. L’auteur s’attendait, pour le moins, à une volée de bois vert en provenance des instances officielles concernées mises nommément en cause, ainsi que des associations dites de prévention. Il n’en a rien été et la presse aux ordres, largement attributaire d’exemplaires du livre, a, pour sa part, entouré ce dossier accablant d’un mur de silence. "Sida. Le vaccin de la vérité" a été diffusé, dans le cadre d’une troisième édition, en 5.000 exemplaires auprès des évêques d’Afrique francophone en 1996.Aujourd’hui, ce livre n’a pas pris une ride. Il vient même d’être conforté en grande partie par un document des plus officiels, le Guide d’interventions prioritaires de l’OMS publié le 3 avril 2009. Ce Guide "… fournit des informations techniques sur toute une série de sujets, de la procédure à suivre pour élargir les programmes de préservatifs, aux dernières normes et directives thérapeutiques." Au point 1.2.1.1 intitulé Promotion et soutien de l’utilisation du préservatif (p. 16), il est écrit que "L’utilisation correcte et systématique du préservatif réduit le risque de transmission sexuelle du VIH de 80-90%." Si l’utilisation en est "correcte et systématique", c’est donc que le risque provient du "matériau" utilisé ! En fait, les travaux de recherche entrepris depuis dix ans pour améliorer la fabrication du condom n’ont toujours pas abouti à éliminer les plus petits (mais trop grands) microtrous. S’il en était autrement, le monde entier en aurait été informé à grands fracas médiatiques.
vendredi, avril 10, 2009
Au reposoir
mardi, mars 24, 2009
Prière du matin
jeudi, mars 19, 2009
mercredi, mars 18, 2009
Vérités
"Des pays un temps riches de foi et de vocations perdent désormais leur identité propre, sous l'influence délétère et destructive d'une certaine culture moderne. On y voit celui qui, ayant décidé que Dieu est mort, se déclare dieu lui-même, et se considère le seul artisan de son propre destin, le propriétaire absolu du monde... Mais quand l'homme élimine Dieu de son propre horizon, est-il vraiment plus heureux ? Devient-il vraiment plus libre ?... N'arrive-t-il pas plutôt - comme nous le démontre amplement la chronique quotidienne - que s'étendent l'arbitrage du pouvoir, les intérêts égoïstes, l'injustice et l'exploitation, la violence dans chacune de ses expressions ? En fin de compte, l'homme se retrouve plus seul et la société plus divisée et confuse".Ma liberté
Discutant l'autre jour avec une dame - charmante et attentionnée au demeurant - envoyée par les services des impôts pour comprendre ma manière de fonctionner, je me suis rendu compte combien les conséquences de mon cheminement intérieur pouvaient paraître incroyables et bizarres aux yeux des gens contraints de demeurer dans le système et d'y coller. Les évènements de ma vie privée, l'évolution (le mot est mal choisi mais c'est le seul auquel je pense sur l'instant) de notre monde et mes nombreuses heures de Désert, semblent confirmer la validité de mes choix qui, s'ils m'enlèvent toute possibilité de m'enrichir, de me faire connaître; d'avoir une "position", m'ont apporté une paix profonde, une joie inexorable et la certitude d'être enfin sur la bonne voie, ouvert aux autres. A l'écoute. Disponible et serein. Cette liberté conquise sur mes atavismes, mes manques, mes conformismes. Sur mon éducation et la culture de mon milieu simplement. Mais cette liberté n'est pas une fin en soi, sinon elle ne serait qu'égoïsme. Elle est un moyen. Elle me permet de regarder aujourd'hui l'autre comme il est et non à travers de prismes déformants. Elle me permet d'appréhender chaque situation de mon existence avec un regard à chaque fois différent. Elle est à reconquérir chaque jour, éternelle lutte contre moi-même. Elle procède de bien plus haut et plus important que moi, car c'est la soumission à l’Autre qui conditionne la liberté. Une soumission voulue, joyeuse et active.lundi, mars 16, 2009
Monseigneur Marc Aillet, nouvel évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, a été interrogé dans la revue "La Nef" à propos de la levée des excommunications des quatre évêques sacrés par Monseigneur Lefebvre sans mandat pontifical en 1988. Voici un extrait des propos de Monseigneur Aillet sur ce sujet :jeudi, février 26, 2009
« Quel est le jeûne qui me plaît ?... N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim ? » (Is 58,6-7)
elui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne : il doit sympathiser avec l'homme qui a faim s'il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim ; il doit faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde... Ce que nous avons perdu par le mépris, nous devons le conquérir par le jeûne ; immolons nos vies par le jeûne, parce qu'il n'est rien que nous puissions offrir à Dieu de plus important, comme le prouve le prophète lorsqu'il dit : "Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; le coeur qui est broyé et abaissé, Dieu ne le méprise pas" (Ps 50,19). Offre donc à Dieu ta vie, offre l'oblation du jeûne pour qu'il y ait là une offrande pure, un sacrifice saint, une victime vivante qui insiste en ta faveur...
Toi qui jeûnes, ton champ jeûne aussi s'il est privé de miséricorde ; toi qui jeûnes, ce que tu répands par ta miséricorde rejaillira dans ta grange. Pour ne pas gaspiller par ton avarice, recueille par tes largesses. En donnant au pauvre, tu donnes à toi-même ; car ce que tu n'abandonnes pas à autrui, tu ne l'auras pas. mercredi, février 25, 2009
Un message d'amour et de sérénité
En ce premier jour de Carême, je voudrais apporter aux lecteurs de Doux et Humbles de coeur un message de joie et d'espérance. Pendant quarante jours, nous allons pouvoir nous regarder, voir en nous ce qui ne va pas ou pas assez, ce qui devrait mieux aller, ce qui devrait être magnifié, développé, amplifié pour mieux servir Dieu et mieux aimer l'autre. Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois ont un chant très émouvante, merveilleusement interprété comme toujours par cette manécanterie et qui dit tout l'amour, toute l'espérance et toute la foi que les enfants de dieu doivent transmettre et développer. Ces paroles disent à ceux qui sont dans la souffrance et dans le doute, combien l'amour est fort et combien ils sont aimés. Je ne sais pas comment vous ressentirez ces images et ce chant, moi ils m'ont terriblement émus et mes larmes furent de joie et de félicité. Je forme le voeu que vous tous pleuriez aussi de joie et de de félicité, votre espérance renforcée et vos attentes comblées.
Composé pour le centenaire de la plus formidable manécanterie de France, véritable école de foi qui forme depuis 1907 de jeunes garçons parisiens au chant et à la musique dans une optique chrétienne, ce chant est un hymne à la voix, à l'espérance et à l'enfance, naturellement bonne et solidaire. En voici les paroles :
Tout autour de la Terre,
Depuis déjà cent ans,
Unis et volontaires,
Nous défions le temps.
Apôtres et missionnaires
D'un monde en plein tourment,
Nous révélons le mystère
En sublimant nos chants.
Musique Universelle, Musique la plus belle,
Celle qui nous a tant donné, survivra pour l'éternité.
Elle tourne dans nos têtes, sans jamais s'arrêter,
Elle est l'âme d'une fête, un souffle de liberté.
Qu'il soit dans la misère,
Qu'il soit riche ou puissant,
Qu'il soit l'enfant d'une guerre,
Ou le fruit d'un serment,
Nous lui disons sereins,
Qu'il est digne d'amour,
Que même après la fin,
Il est un nouveau jour !
Musique Universelle, Musique la plus belle,
Celle qui nous a tant donné, survivra pour l'éternité.
Demain de nos poussières des voix s'élèveront,
Perpétuant nos prières, elles diront de chanter,
Pour l'humanité.
dimanche, février 01, 2009
dimanche, janvier 25, 2009
Combien prompte est la discorde
Aussitôt des esprits chagrins relayés par d'autres mal intentionnés ou braqués donnent en pâture à l'opinion publique le pape et la Curie romaine, vus par eux comme un groupement de traditionnalistes obscurantistes et conservateurs, donc dangereux pour l'époque libertaire et décadente dans laquelle nous vivons. Souvenez-vous que pour bon nombre d'intellectuels, il est interdit d'interdire.
Quand, en plus, l'un des évêques tient des propos négationnistes, c'est la furie qui se réveille. Oui l'évêque schismatique anglais pense qu'il n'y a pas eu de chambre à gaz. Il ne nie pas la Shoah, il pense, à titre personnel, que les chambres à gaz n'ont pas existé. C'est l'opinion d'un homme et non pas le reflet de la pensée de l'Eglise. Certainement pas la pensée de Benoît XVI. J'ai même entendu quelqu'un dire "c'est normal, ce pape est bavarois, il ne peut pas cacher ses sympathies naturelles". C'est un scandale d'entendre cela.
jeudi, janvier 22, 2009
Un hommage unanime : Le grand théologien orthodoxe Olivier Clément s’est éteint
Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé, sur laquelle Olivier Clément a écrit un livre, a déclaré notamment : "La mort d’Olivier Clément nous touche, nous les frères de Taizé, jusqu’au plus profond de nos coeurs. C’était un ami proche. Par ses paroles lors de ses visites à Taizé, ou par ses livres, non seulement il nous a aidés à aimer l’orthodoxie, mais il a nourri notre foi et notre vie intérieure. Il était le témoin d’une communion réalisée entre l’Orient et l’Occident".
Il a ajouté : "Quand il rencontrait frère Roger, ces deux hommes pourtant si différents se comprenaient presque sans paroles, ils avaient la même vision d’un Dieu qui ne juge pas l’être humain mais qui ne peut qu’aimer".
L’ouverture sans limite de l’amour
il n’a même pas l’idée, a dit un théologien contemporain -, pour s’interposer à jamais entre le néant et nous, pour nous faire sentir, nous faire vivre, qu’au fond des choses, il n’y a pas le néant mais l’amour". Il continuait : "Dieu se révèle ici non comme une plénitude écrasante, qui juge et qui condamne, mais comme l’ouverture sans limite de l’amour dans le respect sans limite de notre liberté". L’amitié et la prière Enfin, commentant la dimension oecuménique de cette méditation, confiée depuis plusieurs années par le pape à des personnalités spirituelles non-catholiques, il disait : "sur la route du Golgotha, il ne peut plus y avoir de séparation". Et si les tensions persistent au niveau du dialogue officiel, confiait-il alors à Radio Vatican, avec de "fortes réactions identitaires", il affirmait qu’il y a toujours une place, pour le rapprochement entre les chrétiens, pour "l’amitié" et la "prière". Un message actuel, que le départ d’Olivier Clément pour l’autre rive rappelle avec vigueur, au moment où commence la grande Semaine de prière pour l’Unité des chrétiens.
Article de Anita S. Bourdin
La disparition d'un grand témoin
"La beauté sauvera le monde" (Dostoïevski)
Olivier Clément s'est éteint à Paris à l'âge de 87 ans, après une longue maladie. Ce grand théologien de la beauté, porte-parole de l'Eglise orthodoxe de France a répandu tout au long de sa vie une pensée merveilleusement profonde et a su transcrire dans ses livres une vision extrêmement élevée de la foi et de la tradition religieuse orthodoxe. Le monde a perdu aujourd'hui un grand témoin de la foi. Il chante dorénavant dans le choeur des anges au pied de Notre Seigneur, dans la beauté absolue de Dieu.
Ce petit film, diffusé en novembre dernier, est le dernier entretien d'Olivier Clément à l'occasion de la journée consacrée au 40ème anniversaire de la fondation du Comité inter-épiscopal orthodoxe en France. L'écouter est un régal. Puissent se lever demain d'autres Olivier Clément au service de la foi et puisse chacune de nos église avoir son Olivier Clément !
mercredi, janvier 21, 2009
Dans le secret du coeur de l'homme
Saint Aelred de Rielvaux était un moine cistercien qui vivait dans ces années terribles de l'an 1000. Ce qu'il écrit demeure merveilleusement actuel. Sa prose est belle, limpide et sa pensée tellement pure qu'elle s'immisce en ceux qui le lisent comme une douce mélodie. Jamais rien de léger chez ce saint homme, rien de tragique non plus. Une grande paix et la certitude que le bonheur vient de Dieu. Ce texte est extrait du Miroir de la charité, réédité en 1992 chez Bellefontaine."Quand un homme s'est retiré du tumulte extérieur pour rentrer dans le secret de son coeur, qu'il a fermé sa porte à la bruyante foule des vanités et a fait le tour de ses trésors intérieurs, quand il n'a plus rien rencontré en lui d'agité ni de désordonné, rien qui puisse le tourmenter ou le contrarier mais que tout en lui est plein de joie, d'harmonie, de paix, de tranquillité ; quand tout le petit monde de ses pensées, paroles et actions lui sourit comme le ferait la maisonnée d'un père de famille dans une demeure où règne l'ordre et la paix ; alors se lève soudain une merveilleuse assurance. Et de cette assurance vient une joie extraordinaire et de cette joie jaillit un chant d'allégresse qui éclate en louanges de Dieu. Ces louanges sont d'autant plus ferventes que l'on voit plus clairement combien tout ce qui est bon en soi-même est un don de Dieu.
C'est la joyeuse célébration du sabbat qui doit être précédée de six autres jours, c'est-à-dire du complet achèvement des oeuvres. Nous transpirons d'abord en faisant des oeuvres bonnes, pour nous reposer ensuite dans la paix de notre conscience A partir des oeuvres bonnes naît la pureté de la conscience qui conduit au juste amour de soi-même, qui nous permettra d'aimer notre prochain comme nous-mêmes" : "Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens lui disaient : « Regarde ce qu'ils font le jour du sabbat ! Cela n'est pas permis. » Jésus leur répond : « N'avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu'il fut dans le besoin et qu'il eut faim, lui et ses compagnons ? Au temps du grand prêtre Abiathar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l'offrande que seuls les prêtres peuvent manger, et il en donna aussi à ses compagnons. » Il leur disait encore : « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l'homme est maître, même du sabbat." (Evangile selon saint Marc chap. 2, versets 23-28). mardi, janvier 20, 2009
Hommage à Olivier Clément
Voilà un homme qui respirait à plein avec les "deux poumons" de la foi chrétienne, l'Orient et l'Occident, Byzance et Rome. Avec lui, on passait des Pères de l'Eglise grecque à l'orthodoxie russe martyrisée sous Staline, des guerres d'un Proche-Orient en proie à tous les intégrismes à celles des Balkans dont il connaissait chaque épisode tragique. Olivier Clément est mort jeudi 15 janvier à Paris, à l'âge de 87 ans.Son histoire est celle, d'abord, d'une conversion. Il naquit en 1921 au coeur des Cévennes, théâtre de tant de blessures religieuses. Ses ancêtres sont à la fois des protestants et des catholiques, mais il grandit dans un milieu déchristianisé, agnostique, anticlérical. Il n'est pas baptisé, ne reçoit aucune instruction religieuse. Son environnement est marqué par le "paganisme et l'athéisme militant socialiste", où la mort n'est que le néant, Dieu une invention des hommes et Jésus un mythe.
Après avoir passé l'agrégation d'histoire en pleine guerre, il se retrouve dans le maquis, sans cesser de lire Kierkegaard, Newman, Heidegger ou Chestov. Il fait la rencontre de sa vie avec les théologiens et laïcs chrétiens issus de l'émigration russe comme Paul Evdokimov, et fait ainsi son entrée dans un autre univers fascinant, celui de la mystique orthodoxe. Olivier Clément découvre le mystère de la sainte Trinité, tout ce qu'il avait jusqu'ici cherché, à la fois la singularité de la personne humaine et la profusion de la grâce et de la transcendance divine.
Il s'est imposé progressivement comme la voix de l'orthodoxie, une voix qui retentira bien au-delà de la France. Jean-François Colosimo, lui aussi professeur à Saint-Serge, le définira comme "l'homme qui a réussi à faire passer l'orthodoxie orientale en France et le message de l Occident dans les Eglise d'Orient".
Les entretiens qu'il publie dans les années 1970 avec Athénagoras (1886-1972), patriarche de Constantinople, l'homme de la réconciliation avec Paul VI et de la fin des anathèmes contre Rome, est un témoignage de cette brève période d'oecuménisme fusionnel qui suivit le concile Vatican II (1962-1965).
Grâce à Olivier Clément, l'orthodoxie trouve une place dans l'intelligentsia française. Il est l'ami des poètes comme Pierre Emmanuel. Dans le séisme qui suit Mai 68, il est de ceux qui deviendront les hérauts d'une sorte de christianisme libre, voire libertaire.
Au Proche-Orient, il est aussi l'ami du patriarche d'Antioche, Ignace Hazim, qui dialogue avec l'islam et les autres Eglises, et de tous ces intellectuels orientaux. Il jouit d'un grand prestige aussi dans l'Eglise roumaine, sous le joug de la dictature, puis libérée, attirée, en raison de sa part de culture latine, par une orthodoxie moderne. Il sera le porte-parole d'une orthodoxie ouverte au monde et au dialogue oecuménique. Il entretient de bonnes relations avec Paul VI, puis Jean-Paul II, ce qui lui vaut de passer pour un dangereux papiste chez les orthodoxes les plus bornés.
On ne trouvera aucun observateur à la fois aussi critique envers les scléroses de l'orthodoxie et aussi émerveillé par les trésors de son patrimoine liturgique, sa tradition ascétique et monastique.
Olivier Clément a présidé l'Association des écrivains croyants d'expression française, qui regroupe des écrivains juifs, chrétiens et musulmans.
Plus qu'aucun autre, il aura eu conscience des dérives nationalistes engendrées par le lien historique et théologique entre religion et nation, en Russie, en Grèce, en Serbie... Il laissera le souvenir d'un homme qui aura plaidé pour une conception libre de l'orthodoxie dans un monde pluriel et libre. Il savait que, dans les volutes d'encens de ses églises, sous l'or de ses coupoles et de ses iconostases, elle risque de devenir une religion de musée. Mais il eut en permanence avec l'orthodoxie une relation de tendresse exigeante, toujours lucide.
mercredi, janvier 14, 2009
Prière d’un Juif pour les enfants de Gaza
S’il y a jamais eu un temps pour prier, c’est maintenant.S’il y a jamais eu un lieu abandonné, c’est Gaza.
Seigneur, créateur de tous les enfants, écoute notre prière en ce jour maudit. Dieu que nous nommons le Béni, tourne ton visage vers ceux-ci, les enfants de Gaza, afin qu’ils puissent connaître tes bénédictions et ton abri, qu’ils puissent connaître la lumière et la chaleur où il n’y a maintenant que ténèbres et fumées, et un froid qui resserre et coupe la peau.
Tout-puissant, toi qui fais des exceptions que nous appelons des miracles, fais une exception pour les enfants de Gaza. Protège-les de nous et des leurs. Épargne-les. Guéris-les. Laisse-les vivre en toute sécurité. Délivre-les de la faim et de l’horreur, de la fureur et du chagrin. Délivre-les de nous et des leurs.
Donne-leur de retrouver leur enfance volée et leurs droits de naissance, qui est un avant-goût du paradis.
Rappelle à notre mémoire, ô Seigneur, l’enfant Ismaël, qui est le père de tous les enfants de Gaza. Comment l’enfant Ismaël a été sans eau et laissé pour mort dans le désert de Beer-Sheba, tellement dépouillé de tout espoir que sa mère ne pouvait pas supporter de voir sa vie s’écouler dans le sable.
Sois ce Seigneur, le Dieu de notre parent Ismaël, qui a entendu son cri et a envoyé son ange pour réconforter sa mère Hagar.
Sois ce Seigneur, toi qui étais avec Ismaël ce jour-là et tous les jours d’après. Sois ce Dieu, le Tout Miséricordieux, qui a ouvert les yeux d’Hagar ce jour-là et lui a montré le puits afin qu’elle puisse donner à boire au garçon Ismaël et lui sauver la vie.
Allah, que nous appelons Élohim, toi qui donnes la vie, qui sais la valeur et la fragilité de toute vie, envoie tes anges à ces enfants. Sauve-les, les enfants de ce lieu, Gaza la plus belle, Gaza la damnée.
En ce jour où l’anxiété, la colère et le deuil que l’on appelle guerre saisissent nos cœurs et les couvrent de cicatrices, nous en appelons à toi, Seigneur, dont le nom est paix :
Bénis ces enfants et garde-les du mal.
Tourne ton visage vers eux, Seigneur. Montre-leur, comme si c’était pour la première fois, la lumière et la bonté, et ta bienveillance bouleversante.
Regarde-les, Seigneur. Laisse-leur voir ton visage.
Et, comme si c’était pour la première fois, accorde-leur la paix.
vendredi, janvier 02, 2009
"Je suis la voix qui crie à travers le désert"
"Voici quel fut le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il le reconnut ouvertement, il déclara : « Je ne suis pas le Messie. » Ils lui demandèrent : « Qui es-tu donc ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Non. - Alors es-tu le grand Prophète ? » Il répondit : « Ce n'est pas moi. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix qui crie à travers le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. » Or, certains des envoyés étaient des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Si tu n'es ni le Messie, ni Élie, ni le grand Prophète, pourquoi baptises-tu ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l'eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c'est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. » Tout cela s'est passé à Béthanie-de-Transjordanie, à l'endroit où Jean baptisait". vendredi, mars 21, 2008
L'Office des Ténèbres
Entendu ce matin l'Office des Ténèbres pour le vendredi saint, chez les Dominicains. Un moment intense et fort où la pensée portée par la musique (autour du prieur, les moines formaient un petit choeur à six voix), dans la pénombre de l'église avec devant l'autel, comme le veut une très ancienne liturgie, un chandelier portant quinze cierges, un pour chacun des psaumes qu'on éteint un à un jusqu'à se retrouver dans le noir complet. Quand les moines se sont prosternés, quand le silence s'est fait et que les voûtes semblaient garder encore le reflet de ces belles voix justes, pures, paisibles, je me suis senti nu, mais lavé, éclairé. En paix. jeudi, mars 20, 2008
Un enseignement catholique ?
C’est aujourd’hui Jeudi-Saint, premier jour du triduum pascal, début du grand temps qui après le Carême, nous amène vers la Pâque de Notre Seigneur. Partout dans le diocèse se célèbre ce soir à 19 heures la messe du Jeudi-Saint, moment important de recueillement et de sanctification. Pourtant - et pour la première fois depuis de nombreuses années – nous n'allons pas pouvoir assister à cette messe. Explications… S’il est important que nos enfants apprennent tôt le fonctionnement des institutions européennes qui vont peser sur leur avenir, s’il est important de former des femmes et des hommes en adéquation avec leur époque, il est aussi fondamental de leur inculquer, en prolongement des enseignements reçus normalement par la famille, le respect des racines chrétiennes de notre pays, de leur faire comprendre la primauté du spirituel sur le matériel. De l’être sur l’avoir. Donner à toutes les facettes de l’enseignement, dans toutes les matières, une résonnance chrétienne.
J’ai donc pris conscience ce soir que Tivoli n’était plus un établissement à vocation chrétienne, mais une structure privée comme les autres où le projet éducatif a évacué sinon dans la lettre du moins dans les faits l’impérieuse nécessité d’une vie spirituelle active, militante et exigeante. La vague présence spirituelle en pointillé ne répond pas selon moi aux exigences d’une véritable éducation chrétienne. En cela, je regrette aujourd’hui foncièrement d’avoir inscrit mes enfants dans cet établissement.
Cela ne remet pas en cause la qualité de l’enseignement que reçoivent nos enfants mais je ne puis m’empêcher de penser que cette trop grande adéquation avec un monde désincarné où les valeurs fondamentales que nous essayons de leur apprendre, sont chaque jour mises à mal, n’est pas à l’honneur du corps enseignant et de la direction d’un établissement d’inspiration et d’origine chrétienne.
Aller à Strasbourg c’est bien, replacer ce qu’on y a vu dans une perspective chrétienne, spirituelle et morale c’est mieux et cela correspondrait totalement à ce que nous, parents chrétiens, nous souhaiterions voir enseigné à nos enfants.
mardi, mars 18, 2008
Les jeunes sont beaux nous dit Frère David
Frère David est dominicain, originaire de Martinique. Il a de nombreux apostolats, notamment : il est aumônier de Lycée, il a un apostolat dans la rue, il est appelé pour prêcher un peu partout, et il est aussi prieur du Couvent des Dominicains de Bordeaux. Titulaire d'une maîtrise en théologie, il a écrit, entre autre, un "pense-bête de la foi" sur cette question :"Le pape est-il infaillible ?". Frère David a parlé aux jeunes de leur beauté et de l'amour. Ecoutez-le, c'est plein de leçons et c'est plein d'amour.Il existe dans notre société, un phénomène indéniable que nous pourrions qualifier de racisme anti-jeunes. En effet, depuis quelques années, leurs agissements sont réprouvés sans discernement par une grande majorité. Or, ils ne font qu'exprimer la spontanéité, le dynamisme de leur âge face aux situations vécues et rencontrées. A part quelques extrêmes où la délinquance semble l'unique réponse à leurs problématiques. Les Jeunes sont beaux. Ils sont les étoiles des cieux en devenir. Ils sont ce que nous avons été dans une autre période. Et selon les périodes, les réponses diffèrent. Ce que nous ne saisissons point c'est la signification ontologique de ces réponses. Un regard plus clairvoyant, plus optimiste nous fait entrer progressivement dans leur Univers sans le violer. Ils sont beaux de la Beauté de l'Esprit qui les admire et les soutien dans leurs combats pour l'avenir. Oui, l'avenir est dans la paume de leurs mains. Il ne tient qu'à nous de les aider à le construire. Aucun individu sur cette terre n'est capable de s'édifier seul face à une société de plus en plus exigeante.Nous devons impérativement leur donner les bases nécessaires pour qu'ils aient une colonne vertébrale solide. Serons-nous les parents ou éducateurs qui auront l'Amour suffisant pour conforter leur structuration ? Ou abandonnerons-nous lâchement les devoirs qui nous incombent ? Le Frère David n'évoque pas ces questions. En tant que Dominicain ayant voyagé sur de nombreux continents. Les Jeunes représentent à ses yeux, la braise qui couve sous le Feu. Les Jeunes sont flamboyants. Les Jeunes sont d'une beauté rare qu'il ne faut point détruire. Ils sont les fleurs du jardin de nos connaissances. Ils sont emplis de potentialités insoupçonnées. Telle est l'approche de Frère Macaire. Telle est ma conviction profonde. Tous deux, nous connaissons bien les Jeunes pour vous affirmer qu'ils ne sont pas ce que les Médias en font. D'ailleurs, bon nombre de discours médiatiques ne servent qu'à entretenir les peurs et refus basiques de nos instincts animaux. Les Chrétiens ou Hommes et Femmes ayant une certaine Hauteur spirituelle ne peuvent se laisser piéger par de tels propos. Les Jeunes sont beaux. A nous d'épanouir dans un Respect absolu la splendeur de leurs métamorphoses. Que cette émission vous donne la Force de mieux comprendre nos chères têtes blondes.
dimanche, novembre 25, 2007
Qu'il est beau le jour du Vivant !
Cette belle manière de nommer le dimanche, ce jour attendu où nous nous retrouvons entre frères pour entendre la Parole, libérer nos coeurs de tout ce qui les encombre et recevoir la force et l'énergie que rien autant que l'Eucharistie ne peut nous donner. En ce 34e dimanche, fin de l'année liturgique, fête du Christ-Roi, je souhaite à tous mes lecteurs une Bonne Année !Il est aussi bon de peler des pommes de terre pour le bon dieu que de bâtir des cathédrales...
Guy de Larigaudie, un des guides de ma prime jeunesse disait qu’il était aussi bien de peler des pommes de terre pour le bon dieu que e bâtir des cathédrales. J’ai l’impression depuis un certain temps de plutôt peler des pommes de terre que de bâtir des cathédrales dans ma vie spirituelle. Les dimanches sont devenus difficiles à gérer. Les enfants grandissant, il s’avère de plus en plus difficile de faire venir les enfants à la messe. Ce dimanche encore nous n’irons pas tous ensemble à Saint Paul. La messe sera belle portant en cette solennitré du Christ-Roi. Je ne ressentirai pas cette joie intense quand, à l’élévation, mes enfants s’agenouilleront spontanément devant le saint sacrifice. Je ne tremblerai pas lorsque face au prêtre je recevrai le corps du Christ et que je regarderai mes enfants recevoir à leur tour la communion. Le décalage est grand entre ma soif de vie spirituelle, et le monde dans lequel mes enfants vivent. Leur mère n’est pas croyante. Elle a même adopté face à ma foi et à mon engagement spirituel une attitude critique et agressive. Le comportement des enfants s’en ressent. Ils ont beau appartenir à un milieu où la majorité des familles pratiquent une religion certainement d’usage, par héritage et tradition, mais qui pratiquent. Et puis ce ne sont pas des familles séparées… Alors je vis ma foi tout seul, dans les actes de mon quotidien, en assistant à des messes en semaine, en lisant la Bible et des textes de théologie, en priant aussi beaucoup dans le silence de mes nuits. Mais est suffisant ? Comment transmettre cet amour, cette force, cette sérénité que me donne ma foi ? Comment aider mes enfants à replacer le Christ au centre de leur vie, comme le moteur unique de leur cheminement ?
lundi, octobre 08, 2007
Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir...
Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : Déracine-toi et va te planter dans la mer, et il vous obéirait. « Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : Viens vite à table ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour. Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir. » Sois toujours fidèle dans les petites choses, car en elles réside notre force. Pour Dieu, rien n'est petit. Il n'entend rien diminuer. Pour lui, toutes les choses sont infinies. Pratique la fidélité dans les choses les plus minimes, non pas pour leur vertu propre, mais en raison de cette grande chose qu'est la volonté de Dieu -- et que, moi-même, je respecte infiniment.
Ne recherche pas des actions spectaculaires. Nous devons délibérément renoncer à tout désir de contempler le fruit de notre labeur, accomplir seulement ce que nous pouvons, du mieux que nous le pouvons, et laisser le reste entre les mains de Dieu. Ce qui importe, c’est le don de toi-même, le degré d'amour que tu mets dans chacune de tes actions.
Ne t'autorise pas le découragement face à un échec, dès lors que tu as fait de ton mieux. Refuse aussi la gloire lorsque tu réussis. Rends tout à Dieu avec la plus profonde gratitude. Si tu te sens abattu, c’est un signe d'orgueil qui montre combien tu crois en ta propre puissance. Ne te préoccupe pas plus de ce que pensent les gens. Sois humble et rien ne te dérangera jamais. Le Seigneur m'a lié là où je suis ; c'est lui qui m'en déliera.
vendredi, septembre 28, 2007
mardi, juillet 31, 2007
Il y a cent ans.
Il y a cent ans des jeunes hommes se réunissaient pour la première fois autour de Lord Baden-Powell. Naissait ainsi cet extraordinaire mouvement qui a formé des milliers de jeunes hommes et de jeunes filles aux valeurs chrétiennes. Il est émouvant de penser que dans quelques heures, le 1er août 2007, au lever du soleil, scouts et anciens scouts du monde entier vont se réunir pour renouveler leur promesse. Que Dieu les guide et qu'il fasse nombreuses les générations de scouts et de guides à travers le monde.jeudi, juin 07, 2007
Dieu, le prochain et soi-même
Evangile de Jésus-Christ selon St Marc ( XII, 28-34) Saint Augustin
(Extrait de De Trinitate)
lundi, mai 14, 2007
Si le monde a de la haine contre vous...

mardi, mars 20, 2007

jeudi, février 15, 2007
Joie, joie, pleurs de joie
jeudi, février 08, 2007
Un ermite dans les Cévennes.
A la fois seul, au bout des chemins, au bout du monde, et au centre d'un réseau de prière, d'engagement, de libération... A la fois pasteur et moine protestant, artisan, musicien et théologien. Comment devient-on ermite dans les Cévennes ? Vous ne risquez pas de le trouver par hasard ! Vous arrivez d'abord à St-Jean-du-Gard, un village des Cévennes. Prendre à gauche devant la gare du train touristique la route étroite qui tourne sur quelques kilomètres en pleine montagne. Laisser votre voiture sur une esplanade marquée "Parking des Abeillères" et continuer à pied un moment sur un sentier de moutons, à droite de la route, jusqu'à une clairière au pied des rochers. Et au fond du pré, une cabane de rondins.En union de prière avec ma filleule : à la recherche du Chemin.
Le 11 février prochain, dimanche de Notre Dame de Lourdes, ma chère petite filleule Domitille prononcera ses voeux définitifs au Prieuré Saint Hugues, à Semur-en-Brionnais, ce merveilleux petit village de la belle Bourgogne, où les Soeurs Apostoliques de Saint Jean ont leur maison-mère. Après de longues années de cheminement, l'enfant délurée et vive qui fut ma première approche du mystère et de la bénédiction de l'enfance pour le jeune adulte étourdi que j'étais ( elle est née en 1979, suivie par l'aînée de mes nièces, dix ans avant mon premier enfant) est aujourd'hui une jeune femme décidée et tout aussi joyeuse, du moins je l'espère.mercredi, janvier 10, 2007
La Fragilité comme un défi

Personne en fait n'est immunisé contre la fragilité. Fragilité des personnes âgées, fragilité des relations humaines, fragilité d’un sourire quand la douleur vient crisper un visage… Et si nous savons bien que rien ni personne sur cette terre ne peut annihiler cette fragilité et ses conséquences, notre engagement et notre présence à tous, ici, chacun à sa place - avec ses compétences, ses moyens, son ressenti, sa volonté mais aussi ses faiblesses, ses atermoiements, ses limites - apporte la preuve vivante que la solidarité existe. Je suis administrateur d'une masion de retraite d'origine confessionnelle et, si je ne suis pas souvent dans les couloirs de la maison, je sais combien les membres de l’équipe soignante, par exemple, savent prendre le temps d’écouter, de consoler, de rassurer. Bien sur, il faudrait encore plus de temps, et il faut se rendre disponible pour tout le monde, laissant certainement parfois des frustrations parmi les résidents qui attendent leur visite. Mais ce qui importe, c’est que leur travail n’est jamais mécanique. Leur mission s’accomplit aussi avec leur cœur. C’est ainsi que des bénévoles au personnel de cuisine, de l’administration aux animateurs et aux aumôniers, il y a dans la maison un leitmotiv jamais prononcé, jamais imposé non plus : la solidarité de tous devant la fragilité des corps et des âmes.
lundi, octobre 23, 2006
En finir avec les tièdes

Dans son introduction, Benoît XVI se souvient de son travail d'enseignant à l'Université de Bonn, et de la manière dont la théologie s'insérait naturellement dans le travail universitaire : "Sans aucun doute, l'université était également fière de ses deux facultés de théologie. Il était clair qu'elles aussi, en s'interrogeant sur la dimension raisonnable de la foi, accomplissaient un travail qui nécessairement fait partie du "tout" de l'universitas scientiarum, même si tous pouvaient ne pas partager la foi, dont la relation avec la raison commune est l'objet du travail des théologiens."
Dans le contexte du thème "foi et raison", il évoque le désormais célèbre empereur Manuel II Paléologue. Il en fait deux citations, et on peut se demander en fait laquelle dérange le plus certains musulmans, ou certains critiques : "Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait" ou bien : "Dieu n'apprécie pas le sang"- dit-il -,"ne pas agir selon la raison , sun logô, est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme, non du corps. Celui, par conséquent, qui veut conduire quelqu'un à la foi a besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la violence et de la menace... Pour convaincre une âme raisonnable, il n'est pas besoin de disposer ni de son bras, ni d'instrument pour frapper ni de quelque autre moyen que ce soit avec lequel on pourrait menacer une personne de mort..."
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Ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu.
Ce rapprochement est présent dès l'origine du christianisme : "Au commencement était le logos", nous dit Saint Jean. Cela ne doit rien au hasard ni à l'opportunité. Il est nécessaire et trouve ses racines dans l'Ancien Testament. Il est présent dans l'histoire du christianisme et de sa diffusion : "Fondamentalement, [au sujet de la traduction grecque de l'Ancien Testament réalisée à Alexandrie] il s'agit d'une rencontre entre la foi et la raison, entre l'authentique philosophie des lumières et la religion. En partant véritablement de la nature intime de la foi chrétienne et, dans le même temps, de la nature de la pensée grecque qui ne faisait désormais plus qu'un avec la foi, Manuel II pouvait dire : Ne pas agir "avec le logos" est contraire à la nature de Dieu.
Le fondement de l'Europe.
Cette évolution de la conception de la raison a pour effet de réduire la diversité de la science, (les sciences humaines cherchant à se rapprocher du canon mathématico-empirique), mais aussi le domaine même de la raison (la question de Dieu est dorénavant rejetée de ce domaine). "Alors c'est l'homme lui-même qui devient victime d'une réduction" : "Car les interrogations proprement humaines, c'est-à-dire celles concernant les questions sur "d'où" et "vers où", les interrogations de la religion et de l'ethos, ne peuvent alors pas trouver de place dans l'espace de la raison commune décrite par la "science" interprétée de cette façon, et elles doivent être déplacées dans le domaine du subjectif. Le sujet décide, à partir de ses expériences, ce qui lui apparaît religieusement possible, et la "conscience" subjective devient, en définitive, la seule instance éthique".
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Le temps de l'inculturation.
Dans sa conclusion, Benoît XVI affirme qu'il ne pense pas à un quelconque retour en arrière,pas plus qu'à une remise en cause des convictions de l'époque contemporaine. Il propose au contraire "un élargissement de notre concept de raison et de l'usage de celle-ci. Car malgré toute la joie éprouvée face aux possibilités de l'homme, nous voyons également les menaces qui y apparaissent et nous devons nous demander comment nous pouvons les dominer. Nous y réussissons seulement si la raison et la foi se retrouvent unies d'une manière nouvelle ; si nous franchissons la limite auto-décrétée par la raison à ce qui est vérifiable par l'expérience, et si nous ouvrons à nouveau à celle-ci toutes ses perspectives". Qu'y-a-t-il dans ces paroles de rétrograde et de convenu ? J'y vois pour ma part une grande tolérance et l'acceptation raisonnée et raisonnable de nos temps. Propos d'une grande modernité et sans rien de paradoxal.
La condition d'un véritable dialogue des cultures et des religions.
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Loin des polémiques déplacées qu'il a suscitées, et qui en masquent la véritable nature, nous avons affaire à un texte fondamental. Rien de ce que Saint Père a dit ne peut être négligé, ni balayé d'un geste désinvolte comme l'ont fait nombre de journalistes et d'intellectuels à la mode. Il n'est pas une provocation à mettre au compte d'une quelconque calotte, d'une quelconque secte frileuse, d'une assemblée de fanatiques aveuglés et exaltés qui perdant de la vigeur se rattache à des idées extrêmistes. Bien au contraire. On y sent à tout moment la lumière de la raison et la force de l'amour.
dimanche, octobre 22, 2006
Prions avec Saint Augustin
Viens à moi, Viens à moi, Esprit Saint,Esprit d'amour :
Viens à moi, Esprit saint,Esprit de vérité :
Viens à moi, Esprit saint,
jeudi, octobre 05, 2006
Dépasser le sensible et aller vers l'essentiel...
Simplicité qui éclaire et qui révèle. Aller vers l'essentiel. Plonger dans la profondeur du divin. S'enfouir dans la lumière du coeur. Simplement. Porter en silence la douleur et les espoirs de ce monde. Partager avec le Père les doutes, les misères mais aussi les joies et les victoires qui nous sont confiées...
Joie, joie, pleurs de joie

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mercredi, octobre 04, 2006
Sainte humilité ou diabolique méprise ?
"Jacques Maritain, naguère, distinguait entre la "Personne" de l’Église et les membres de son "personnel". La première était "une, sainte, catholique et apostolique". Les seconds, bien que communiant à des degrés divers à cet article du Credo, pouvaient obscurcir la visibilité de la sainteté de l’Église par leurs péchés et leurs défaillances. L’Église, qui est sur la terre, est formée de pécheurs. .
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Mais reparlons des faits. l'Evêque de vendée déplorait dans sa déclaration "l'emprise de l'Eglise sur la société vendéenne dans le passé". Cette emprise était en effet tellement inacceptable, si jacobinement insupportable qu'il fallut en 1793 envoyer notamment le général-boucher Turreau et ses célèbres colonnes infernales pour essayer de la desserrer en exterminant 400.000 de ces "brigands" vendéens qui osaient défier le règne du progrès et de la liberté en se cramponnant à une foi catholique désuète et en restant fidèle à leur roi que tous dans le pays quelques mois auparavant aimaient et vénéraient comme leur père...L'emprise du clergé sur ces "fanatiques" était telle que dans les églises, les femmes et les enfants se pressaient autour de leurs prêtres pour mourir et que les soldats de la République étaient dans la nécessité de les égorger ou de les passer tous ensemble au fil des baïonnettes comme ils le firent, par exemple, le 28 février 1794 dans le petit bourg des Lucs-sur-Boulogne, "décalottant" selon le rapport Chapelain, "toute une nichée de calotins qui brandissaient leurs insignes du fanatisme". Les soldats de la liberté "décalottèrent" ainsi 564 femmes et enfants dont 109 de moins de 7 ans qui, n'en doutons pas, étaient déjà "sous emprise".
dimanche, octobre 01, 2006
C'est demain Yom Kippour, la Fête du Grand Pardon pour nos frères juifs.
La veille de Yom Kippour, les juifs font un repas de fête pour montrer leur foi et leur confiance dans la miséricorde Divine. Une autre belle coutume de ce jour consiste pour les parents a bénir leurs enfants. Yom Kippour c'est le rachat des péchés commis a l’encontre de Dieu. Bien que les "jours de crainte", comme on les nomme souvent, soient solennels, ils ne sont pas tristes. En fait, Yom Kippour, le jour le plus saint de l’année, est, d’une certaine manière, l’un des plus heureux. C’est qu’a Yom Kippour le croyant reçoit ce qui est peut être le don le plus sublime de Dieu, Son pardon. Lorsqu’un homme accorde son pardon, il exprime un sentiment profond d’amour, qui efface dans sa relation a l’autre les effets du mal subi. Le pardon que Dieu accorde est l’expression de son amour éternel et inconditionnel.
Bien que l'homme passe son temps à transgresser la volonté de Dieu, oour le juif notre notre âme, demeure divine (venant de Dieu) et donc pure. Yom Kippour est ce jour unique de l’année oü Dieu révèle plus clairement l’unité de son essence avec l'âme du pêcheur ; Cette âme par laquelle les juifs se trouvent véritablement dans une position d’égalité et d’individualité : "plus nous saurons montrer cette unité essentielle en agissant avec amour et fraternité, plus Dieu Lui-même nous révèlera, dans Sa plénitude, Son amour".
A Yom Kippour, le croyant est libéré de toute preoccupation matérielle : il peut donc consacrer tout le jour à la prière. Le service du soir commence par le chant de "Kol Nidré" qui absout des voeux que nous pourrions faire durant toute l’année a venir. Dans chacune des grandes prières de Kippour, les croyants récitent le "Vidouy", la confession qui énumère les pêchés que nous pouvons avoir commis et ils demandent le pardon Divin. La dernière prière de ce grand jour, alors que le jugement est sur le point d’être scellé, est appelé "Neilah". C'est, de toute l’année, le seul office qui s'accomplit devant l’Arche ouverte comme sont grandes ouvertes, a ce moment-là, les portes du ciel. La Neilah culmine avec la proclamation par la communauté du "Chema Israel" ("Ecoute Israël"), a l‘unisson, et enfin, par la dernière sonnerie du Chofar, cette trompette sacrée qui semble lorsqu'elle retentit devoir percer les cieux de son cri strident pour rejoindre le Père.
Que notre prière en ce jour rejoigne la grande prière de nos frères juifs qui se préparent à cette grande fête.
"au coeur de l'Eglise, je serai l'amour"
Docteur de la Foi
Elle est morte à 24 ans. Elle est Docteur de la Foi, témoin de la Vie et guide d'une Eglise qui doute au milieu d'un monde déboussolé où les hommes se croyant définitivement libérés se jettent d'eux-mêmes sans s'en rendre compte dans un esclavage terrible où le malin les attire. Thérèse nous montre comment résister et travailler au triomphe de la Liberté vraie, celle qui porte le plus beau nom : l'Amour. Sur ce chemin, il y a la joie et la grâce. Aux dimensions du monde, cela se traduit par la paix et la tolérance, l'entraide et la solidarité. Ouvrons nos mains à toutes les misères, reprenons ensemble la route de la foi.Des esprits "éclairés" crieront au retour de l'obscurantisme. On me traitera d'illuminé, de retardé. Proclamer sa foi et témoigner de la joie et de la force qu'on en reçoit déplait et agace. Comment être responsable, engagé dans son époque, présent au monde et digne de confiance, quand on est croyant, pratiquant et que de cette croyance, de cette pratique naissent des obligations et des comportements hors la mode et les convenances ?
La tentation est alors grande de s'enfermer avec ceux qui vibrent de la même manière en chantant les Psaumes de David, en écoutant les Paraboles du Christ et en communiant à son sang et à son corps, force vitale. Il faut résister. La tentation est grande de se penser sauvé et à l'abri quand on pénètre dans la Maison de Dieu et qu'inclinés devant son Saint Tabernacle rien du monde extérieur ne semble plus avoir d'importance. Le monde est important, les temps que nous vivons sont nos temps et nous devons y avoir notre part. Ce monde arrive à son terme, ces temps sont les derniers temps, mais nous en sommes tous, nous les croyants, responsables et quand la nuit se fera, nous devons être là car nous sommes le Corps du Christ.
Que ceux qui se moquent et critiquent soient bénis. Que la Lumière se fasse en eux et que la paix s'empare de leurs coeurs trompés par de fausses valeurs. Ne nous y trompons pas, il y a déjà leur place aux côtés du Père. Nous, de par notre mission et les talents qui nous ont été confiés pour servir l'Amour et la Paix, nous y avons moins de place. Avons-nous toujours veillé à ce que le feu ne s'éteigne pas ? Ne sommes nous pas complices de la violence, de l'injustice, trop souvent indifférents ? Le prince du mensonge n'a-t-il pas déjà pris notre coeur ? Sommes-nous assez détachés du monde pour pouvoir, à l'image du Christ, servir ce monde ? Nous appartenons au Christ, nous devons être ses prophètes, ses prêtres et ses rois. Sans crainte, sans peur de déparer dans cette époque vide de sens et d'amour vrai. Vous savez bien, la "porte étroite"... Sainte Thérèse disait que nos pêchés doivent nous rendre joyeux car ils servent à magnifier l'amour et la miséricorde du Père. Comme elle, soyons émerveillés.Ce feu d'amour avec lequel il embrase nos coeurs doit jaillir en autant d'étincelles vers nos frères pour transmettre l'espérance et l'enthousiasme : C'est à notre joie et au bonheur de l'homme que le Christ a rendu visite, disait Dostoïevsky. Notre mission la voilà : répandre la Joie. Regardez Sainte Thérèse malade qui débordait de gaité alors que bientôt elle mourra... Nos misères et nos peines acceptées deviennent puissance de consolation, d'amour, d'intercession. Notre sourire comme notre faiblesse deviennent le sourire de Dieu et sa force ! "Surprised by Joy, Impatient like the wind", c'est cette phrase du poète qui doit définir notre action de chrétien dans ce monde gris et triste. N'abandonnons pas cette mission. Les valeurs de ce monde passeront, pas l'Amour. Soyons heureux d'être tout petits, faibles, imparfaits ; par le Christ, nous sauverons le monde. Ne cessons pas de clamer avec Sainte Thérèse : "ma vocation dans l'Eglise je l'ai trouvé, c'est l'amour".
lundi, septembre 04, 2006
Après le bonheur des vacances, la joie de la rentrée
Cette fois, c'est la bonne : la rentrée des classes pour les enfants et le retour au travail pour les parents. S'il est effectivement difficile de "reprendre le collier", le train train des affaires, le rythme du quotidien, l'enthousiasme de nos chers petits nous aide à appréhender ce retour à la routine, aux soucis inhérents à la vie active avec joie et sérénité. jeudi, août 31, 2006
Disparition du Père Marie-Dominique Philippe
Le Père Marie-Dominique Philippe, père fondateur de la Communauté de Saint jean qui m'est chère pour de multiples raisons, à commencer parce que ma chère petite filleule Domitille et son frère ont rejoints la famille de Saint Jean, est retourné à Dieu. Parce que c'était un immense théologien. Comme Saint Jean au crépuscule de sa vie terrestre, le père Philippe continuait de creuser, "intelligence ouverte", l'essentiel : Dieu est amour, Dieu est bonté. Et il s'attristait de voir que la Sagesse ne fût plus aimée. Ses obsèques auront lieu à la Primatiale Saint Jean de Lyon sous la présidence du Cardinal Barbarin. Voici le très bel hommage de Gérard Leclerc .La mort de frère Roger : pourquoi ?
Dans beaucoup de messages que nous avons reçus l’an dernier, la mort de frère Roger a été comparée à celle de Martin Luther King, de Mgr Romero ou de Gandhi. Toutefois, on ne peut pas nier qu’il y ait aussi une différence. Car ceux-là se trouvaient dans un combat d’origine politique, idéologique, et ont été assassinés par des adversaires qui ne pouvaient pas supporter leur opinion et leur influence.Certains diront qu’il est vain de chercher une explication à l’assassinat de frère Roger. Le mal déjoue toujours toute explication. Un juste de l’Ancien Testament disait qu’on le haïssait « sans raison », et saint Jean a mis cette même affirmation dans la bouche de Jésus : « Ils m’ont haï sans cause. » Cependant, en côtoyant frère Roger, un aspect de sa personnalité m’a toujours frappé, et je me demande si cela n’explique pas pourquoi il a été visé. Frère Roger était un innocent. Non pas qu’il n’y aurait pas eu de fautes en lui. Mais l’innocent est quelqu’un pour qui les choses ont une évidence et une immédiateté qu’elles n’ont pas pour les autres. Pour l’innocent, la vérité est évidente. Elle ne dépend pas de raisonnements. Il la « voit » pour ainsi dire, et il a de la peine à se rendre compte que d’autres ont une approche plus laborieuse. Ce qu’il dit est pour lui simple et clair, et il s’étonne que d’autres ne le ressentent pas ainsi. On comprend aisément qu’il se trouve souvent désarmé ou se sent vulnérable. Pourtant, son innocence n’a en général rien de naïf. Pour lui, le réel n’a pas la même opacité que pour les autres. Il « voit à travers ».
Je prends l’exemple de l’unité des chrétiens. Pour frère Roger, il était évident que si cette unité était voulue par le Christ, elle devait pouvoir être vécue sans tarder. Les arguments qu’on lui opposait devaient lui paraître artificiels. Pour lui, l’unité des chrétiens était avant tout une question de réconciliation. Et dans le fond il avait raison, car, nous autres, nous nous demandons beaucoup trop peu si nous sommes prêts à payer le prix de cette unité. Une réconciliation qui ne nous touche pas dans notre chair mérite-t-elle encore son nom ?
On disait de lui qu’il n’avait pas de pensée théologique. Mais ne voyait-il pas beaucoup plus clair que ceux qui disaient cela ? Depuis des siècles, les chrétiens ont eu besoin de justifier leurs divisions. Ils ont artificiellement agrandi les oppositions. Sans s’en rendre compte, ils sont entrés dans un processus de rivalité et l’évidence de ce phénomène leur a échappé. Ils n’ont pas « vu à travers ». L’unité leur paraissait impossible.
Frère Roger était un homme réaliste. Il tenait compte de ce qui demeure irréalisable, surtout du point de vue institutionnel. Mais il ne pouvait pas s’arrêter la. Cette innocence lui donnait une force persuasive très particulière, une sorte de douceur qui jamais ne s’avouait vaincue. Jusqu’au bout, il a vu l’unité des chrétiens comme une question de réconciliation. Or la réconciliation est une démarche que chaque chrétien peut faire. Si tous la faisaient effectivement, l’unité serait toute proche.
Il y avait un autre domaine où cette approche de frère Roger était sensible et où l’on voyait peut-être encore mieux sa personnalité avec ce qu’elle avait de radical : tout ce qui pouvait jeter un doute sur l’amour de Dieu lui était insupportable. Ici, on touche à cette compréhension très immédiate des choses de Dieu. Ce n’était pas qu’il refusait de réfléchir, mais il ressentait très fortement en lui-même qu’un certain langage qui se veut juste – par exemple sur l’amour de Dieu – obscurcit en réalité ce que des gens non avertis attendent de cet amour.
Si frère Roger a beaucoup insisté sur la bonté profonde de l’être humain, c’est à voir dans la même lumière. Il ne se faisait pas d’illusion sur le mal. Il était plutôt vulnérable de nature. Mais il avait la certitude que si Dieu aime et pardonne, il refuse de revenir sur le mal. Tout vrai pardon éveille le fond du cœur humain, ce fond qui est fait pour la bonté.
Paul Ricœur a été frappé par cet accent sur la bonté. Il nous a dit un jour à Taizé qu’il voyait là le sens de la religion : « Libérer le fond de bonté des hommes, aller le chercher là où il est complètement enfoui. » Dans le passé, une certaine prédication chrétienne est sans cesse revenue sur la nature humaine foncièrement mauvaise. Elle le faisait pour garantir la pure gratuité du pardon. Mais elle a éloigné beaucoup de gens de la foi ; même s’ils entendaient parler de l’amour, ils avaient l’impression que cet amour gardait des réserves et que le pardon annoncé n’était pas total.
Le plus précieux de l’héritage de frère Roger se trouve peut-être là : ce sens de l’amour et du pardon, deux réalités qui avaient pour lui une évidence et qu’il saisissait avec une immédiateté qui nous échappait souvent. Dans ce domaine, il était vraiment l’innocent, toujours simple, désarmé, lisant dans le cœur des autres, capable d’une extrême confiance. Son très beau regard traduisait cela. S’il se sentait si bien avec les enfants, c’est que ceux-ci vivent les choses avec la même immédiateté ; ils ne peuvent se protéger et ils ne peuvent croire ce qui est compliqué ; leur cœur va droit à ce qui les touche.
Le doute n’était jamais absent chez frère Roger. C’est pour cela qu’il aimait les paroles : « Ne laisse pas mes ténèbres me parler ! » Car les ténèbres, c’étaient les insinuations du doute. Mais ce doute n’entamait pas l’évidence avec laquelle il ressentait l’amour de Dieu. Peut-être même ce doute réclamait-il un langage qui ne laisse subsister aucune ambiguïté. L’évidence dont je parle ne se situait pas au niveau intellectuel, mais plus profondément, au niveau du cœur. Et comme tout ce qui ne peut pas être protégé par des raisonnements forts ou des certitudes bien bâties, cette évidence était nécessairement fragile.
Dans les Évangiles, la simplicité de Jésus dérange. Certains auditeurs se sont sentis mis en question. C’était comme si les pensées de leur cœur étaient dévoilées. Le langage clair de Jésus et sa façon de lire dans les cœurs constituaient pour eux une menace. Un homme qui ne se laisse pas enfermer dans les conflits, apparaît dangereux à certains. Cet homme fascine, mais la fascination peut facilement devenir hostilité.
Frère Roger a sûrement fasciné par son innocence, sa perception immédiate, son regard. Et je pense qu’il a vu dans les yeux de certains que la fascination pouvait se transformer en méfiance ou en agressivité. Pour quelqu’un qui porte en soi des conflits insolubles, cette innocence a dû devenir insupportable. Alors il ne suffisait pas d’insulter cette innocence. Il fallait l’éliminer. Le docteur Bernard de Senarclens a écrit : « Si la lumière est trop vive, et je pense que ce qui émanait de frère Roger pouvait éblouir, cela n’est pas toujours facile à supporter. Alors ne reste que la solution d’éteindre cette source lumineuse en la supprimant. »
J’ai voulu écrire cette réflexion, car elle permet de faire ressortir un aspect de l’unité de la vie de frère Roger. Sa mort a mystérieusement mis un sceau sur ce qu’il a toujours été. Car il n’a pas été tué pour une cause qu’il défendait. Il a été tué à cause de ce qu’il était.
Frère François, de Taizé
mercredi, août 16, 2006
Il y a un an déjà...
C'est aujourd'hui le premier anniversaire de la mort de Frère Roger. Un an déjà. Je me souviens de l'émotion qui avait saisi le monde à l'annonce de cette terrible nouvelle. Cette fin violent, si éloignée de l'amour qu'il avait toujours indiqué comme le chemin le plus sûr vers le Père. Il nous manque. Cependant, sa présence demeure très forte : sa voix, ses écrits, sa pensée et la Communauté de Taizé qui perpétue le message de paix, d'amour et de miséricorde de son fondateur.lundi, juillet 31, 2006
Non aliam nisi Te, Domine
- Toi seul, Seigneur.
- Thomas, on t'a vu étudier auprès du Grand Albert, non seulement les Augustin, les Damascène, les Jérôme, les Grégoire, les Denys, mais aussi ce vieux païen d'Aristote. Qu'allais-tu faire chez quelqu'un d'aussi peu recommandable, que cherchais-tu dans cette métaphysique, si pour toi "l'étude de la philosophie ne consiste pas à savoir ce que les hommes ont pensé mais à découvrir la vérité des choses"? (De Cælo, I, 22)
- Toi seul, Seigneur.
- Thomas, regarde maintenant tous les siècles qui passent. Regarde ton œuvre et sa féconde lumière. Tu as compris que l'œuvre de la vérité, si profondément vissée dans ta vocation apostolique, naît de l'amour, d'un grand amour que bouleverse une misère à sauver, la misère de l'intelligence. Là ou fut cette misère, là fut ton cœur ; et donner la vérité fut ta miséricorde. Mais toi, qui as tout donné, jusqu'à l'épuisement, où étais-tu pendant ce temps-là ? Jamais tu ne parles de toi, jamais tu ne t'épanches, jamais ton œuvre ne trahit son ouvrier. Thomas, que cherchais-tu dans toute ta théologie ?
- Toi seul, Seigneur.
- Thomas, si tu crois que les hommes sont faits pour me connaître tel que Je suis, et me voir un jour face à face, si donc tu crois que l'étude conduit à Dieu, pourquoi as-tu abandonné ton ouvrage ? Un jour que tu me cherchais dans le mystère de l'Eucharistie, je te suis apparu tout soudainement, souviens-t'en ; ce que tu as vu n'était qu'un pâle reflet de ma gloire, mais tu as méprisé tout ton effort, le dispersant comme la paille au vent qui tourne, et tu as fermé tes livres, quand tout le monde te suppliait d'achever. Thomas, t'ai-je dit, tu as bien parlé de moi. Que veux-tu pour récompense ? Et tu m'as répondu :
- Toi seul, Seigneur. Non aliam nisi Te, Domine.
- Viens, Thomas, qui t'es détaché de tout ce qui n'est pas moi, qui m'as préféré à tout ce qui ne fait que conduire à moi. Viens, Thomas, mon serviteur fidèle, entre dans la joie de ton maître.
Homélie de frère Thierry-Dominique Humbrecht o.p.
dimanche, juillet 16, 2006
samedi, juillet 15, 2006
Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur
Alléluia ! Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur !Je veux louer le Seigneur tant que je vis,
chanter mes hymnes pour mon Dieu tant que je dure.
Ne comptez pas sur les puissants,
des fils d'homme qui ne peuvent sauver !
Leur souffle s'en va : ils retournent à la terre ;
et ce jour-là, périssent leurs projets.
Heureux qui s'appuie sur le Dieu de Jacob,
qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu,
lui qui a fait le ciel et la terre
et la mer et tout ce qu'ils renferment !
Il garde à jamais sa fidélité,
il fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.
Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes,
le Seigneur protège l'étranger.
Il soutient la veuve et l'orphelin,
il égare les pas du méchant.
D'âge en âge, le Seigneur régnera :
ton Dieu, ô Sion, pour toujours !
Dieu est le créateur du ciel et de la terre, il est le gardien fidèle du pacte qui le lie à son peuple, il est Celui qui rend justice aux opprimés, qui donne le pain qui soutient les affamés et libère les prisonniers. C'est Lui qui ouvre les yeux aux aveugles, qui relève celui qui est tombé, qui aime les justes, qui défend l'étranger, qui soutient l'orphelin et la veuve. C'est lui qui bouleverse la vie des impies et qui règne de façon souveraine sur tous les êtres et sur tous les temps.
Il y a douze affirmations théologiques qui, à travers leur nombre parfait, veulent exprimer la plénitude et la perfection de l'action divine. Le Seigneur n'est pas un Souverain distant de ses créatures, mais il participe à leur histoire: il est Celui qui fait régner la justice, en se rangeant du côté des derniers, des victimes, des opprimés, des malheureux.
L'homme se trouve alors face à un choix radical entre deux possibilités antagonistes: d'un côté, il y a la tentation de "mettre sa foi dans les princes", en adoptant leurs critières inspirés par la méchanceté, l'égoïsme et l'orgueil. En réalité, il s'agit d'une voie glissante et vouée à l'échec, c'est "un sentier tortueux, une piste oblique" , qui a comme point d'arrivée le désespoir.
En effet, le Psalmiste nous rappelle que l'homme est un être fragile et mortel, comme le dit le vocable 'adam, qui en hébreu renvoie à la terre, à la matière, à la poussière. L'homme - répète souvent la Bible - est semblable à un palais qui s'émiette, à une toile d'araignée que le vent peut rompre (cf. Job 8, 14), à un brin d'herbe verdoyant à l'aube, mais desséché le soir (cf. Ps 89, 5-6; 102, 15-16). Quand la mort le surprend, tous ses projets s'anéantissent et il redevient poussière: "Il rend le souffle, il retourne à sa glaise, en ce jour-là périssent ses pensées".
Il existe, cependant, une autre possibilité pour l'homme et il s'agit de celle qui est exaltée par le Psalmiste dans une Béatitude: "Heureux qui a l'appui du Dieu de Jacob et son espoir en Yahvé son Dieu". C'est la voie de la confiance dans le Dieu éternel et fidèle. Amen, qui est le verbe hébreu de la foi, signifie précisément se fonder sur la fidélité inébranlable du Seigneur, sur son éternité, sur sa puissance infinie. Mais cela signifie surtout partager ses choix que la profession de foi et de louange, que nous avons décrite auparavant, a mis en lumière.
Il est nécessaire de vivre en adhérant à la volonté divine, d'offrir le pain aux affamés, de rendre visite aux prisonniers, de soutenir et de réconforter les malades, de défendre et d'accueillir les étrangers, de se consacrer aux pauvres et aux indigents. C'est, en pratique, le même esprit que celui des Béatitudes; faire le choix de cette décision d'amour nous sauve déjà dans cette vie, qui sera ensuite l'objet de notre examen lors du jugement dernier qui scellera l'histoire. Nous serons alors jugés sur le choix de servir le Christ dans ceux qui sont affamés, assoiffés, étrangers, nus, malades ou en prison. "Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait" (Mt 25, 40): c'est ce que dira alors le Seigneur.
Nous concluons notre méditation sur le Psaume 145 par un élément de réflexion qui nous est offert par la tradition chrétienne successive.
Origène, le grand écrivain du III siècle, lorqu'il parvient au v. 7 du Psaume qui dit: "Il donne aux affamés du pain, Yahvé délie les enchaînés", y voit une référence implicite à l'Eucharistie: "Nous avons faim du Christ, et lui-même nous donnera le pain du ciel. "Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien". Ceux qui parlent ainsi sont affamés; ceux qui ressentent le besoin du pain sont affamés". Et cette faim est pleinement rassasiée par le Sacrement eucharistique, dans lequel l'homme se nourrit du Corps et du Sang du Christ (cf. Origène-Jérôme, 74 homélies sur le livre des psaumes, Milan 1993, pp. 526-527).






