
Nos temps sont souvent perçus comme difficiles. Là où des modes de vie solidaires s’étiolent au bénéfice le plus souvent d’un renfermement sur soi, dans les grandes villes notamment, l’homme moderne oublie trop souvent que la vigueur et la force de la prime jeunesse s’émoussent toujours avec le temps. La solitude dont beaucoup trop d’entre nous font l’expérience n’est qu’un élément supplémentaire de ce mal-être que souvent nous ne voyons pas chez l’autre. Pourtant, nous savons tous combien nous sommes pétris de fragilité. Qu’il s’agisse de notre corps ou de notre cœur, de nos certitudes ou de nos idées, tout peut éclater ou au mieux s’étioler, par un accident ou une maladie pour ce qui est du physique, par une rupture ou une séparation pour ce qui est de notre moral.
Personne en fait n'est immunisé contre la fragilité. Fragilité des personnes âgées, fragilité des relations humaines, fragilité d’un sourire quand la douleur vient crisper un visage… Et si nous savons bien que rien ni personne sur cette terre ne peut annihiler cette fragilité et ses conséquences, notre engagement et notre présence à tous, ici, chacun à sa place - avec ses compétences, ses moyens, son ressenti, sa volonté mais aussi ses faiblesses, ses atermoiements, ses limites - apporte la preuve vivante que la solidarité existe. Je suis administrateur d'une masion de retraite d'origine confessionnelle et, si je ne suis pas souvent dans les couloirs de la maison, je sais combien les membres de l’équipe soignante, par exemple, savent prendre le temps d’écouter, de consoler, de rassurer. Bien sur, il faudrait encore plus de temps, et il faut se rendre disponible pour tout le monde, laissant certainement parfois des frustrations parmi les résidents qui attendent leur visite. Mais ce qui importe, c’est que leur travail n’est jamais mécanique. Leur mission s’accomplit aussi avec leur cœur. C’est ainsi que des bénévoles au personnel de cuisine, de l’administration aux animateurs et aux aumôniers, il y a dans la maison un leitmotiv jamais prononcé, jamais imposé non plus : la solidarité de tous devant la fragilité des corps et des âmes.
Personne en fait n'est immunisé contre la fragilité. Fragilité des personnes âgées, fragilité des relations humaines, fragilité d’un sourire quand la douleur vient crisper un visage… Et si nous savons bien que rien ni personne sur cette terre ne peut annihiler cette fragilité et ses conséquences, notre engagement et notre présence à tous, ici, chacun à sa place - avec ses compétences, ses moyens, son ressenti, sa volonté mais aussi ses faiblesses, ses atermoiements, ses limites - apporte la preuve vivante que la solidarité existe. Je suis administrateur d'une masion de retraite d'origine confessionnelle et, si je ne suis pas souvent dans les couloirs de la maison, je sais combien les membres de l’équipe soignante, par exemple, savent prendre le temps d’écouter, de consoler, de rassurer. Bien sur, il faudrait encore plus de temps, et il faut se rendre disponible pour tout le monde, laissant certainement parfois des frustrations parmi les résidents qui attendent leur visite. Mais ce qui importe, c’est que leur travail n’est jamais mécanique. Leur mission s’accomplit aussi avec leur cœur. C’est ainsi que des bénévoles au personnel de cuisine, de l’administration aux animateurs et aux aumôniers, il y a dans la maison un leitmotiv jamais prononcé, jamais imposé non plus : la solidarité de tous devant la fragilité des corps et des âmes.
La fragilité, c’est quelque chose qui nous saute un jour au visage et nous avons tous beaucoup de mal à l’assumer. Tous nous cherchons à l’éloigner, à l’occulter. La présence parmi nous de plus faibles, de plus fragiles que nous, en nous incitant à mieux écouter, à mieux donner de notre présence, en un mot à mieux aimer, n’est pas qu’un service accompli pour les autres. C’est aussi une démarche personnelle lourde de conséquence. Au lieu de nous fuir, au lieu de demeurer enfermés dans cette illusion que rien ne peut nous atteindre, nous prenons conscience que notre tour viendra. Ce n’est pas de renoncement dont il s’agit, mais bien plutôt d’acceptation. D’engagement. Dieu nous attend tel que nous sommes. Il nous cherche en ces points de fragilité qui sont les nôtres. C’est une véritable réconciliation avec nous-même qui nous est ainsi proposée. La proximité des plus fragiles aiguise l’amour. Leur fragilité nous réconcilie avec nos faiblesses. Sans complaisance. C’est un chemin de foi. Une descente progressive au plus profond de nous-même, en ce lieu d’extrême vulnérabilité où se manifeste la présence de Dieu qui nous libère, nous raffermit et nous rend heureux. Mais pour vivre cette aventure, cette acceptation, il faut savoir lâcher prise, lâcher ces fausses sécurités et se laisser humblement et simplement guider par l’amour. C’est la leçon me semble-t-il qui nous est donnée par la proximité avec les plus âgés, les plus fragiles d’entre nous. Ce sont eux qui par un paradoxe dont seul Dieu a le secret, nous montrent le chemin de libération : C’est dans leur faiblesse que se déploie la force de Dieu comme elle se déploie dans nos fragilités. Ainsi, condition même de l’existence, la fragilité ne doit pas être considérée comme une fatalité qui justifierait l’abandon, l’éloignement, l’indifférence. Mais au contraire comme un lien entre les hommes. La justification évidente de la solidarité. Assumer pour nous et pour les autres cette fragilité est le défi de tous. Au-delà de l’impuissance, du découragement et de la tristesse qui accompagnent si souvent cette prise de conscience, il y a la joie d’être ensemble, le bonheur d’un sourire et la certitude que nous ne sommes finalement pas seuls. Je souhaite que tous, nous puissions ressentir et mettre en pratique ce sentiment qui forge une communauté, et mieux, une famille.


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