23 octobre 2006

En finir avec les tièdes


Le Saint Père a prononcé à Ratisbonne un discours qui n'en finit pas de faire couler beaucoup d'encre. Un très beau discours, un très beau texte, difficile mais qu'il est fondamental de lire et de relire. Ce texte dérange indubitablement. Lers musulmans. Mais surtout les tièdes que nous sommes, les habitués du confort, les consensuels mous que le quotidien confortable où nos fois s'émoussent... J'ai rencontré beaucoup de gens, des gens qui pensent, des laïcs mais aussi des clercs, qui ont réagi d'une manière épidermique, selon l'esprit du temps. Je crois que si ce etxte dérange, il a posé clairement les choses : voulons-nous oui ou non défendre notre foi chrétienne et pensons-nous vraiment, du fonds du coeur et de l'âme, ce que nous répétons chaque dimanche quand le prêtre, le pope ou le pasteur nous invitent à proclamer notre foi ?

Benoît XVI défend sa foi, la foi chrétienne, d'une façon claire et raisonnée. Il tourne le dos à un vague syncrétisme, à un dialogue interreligieux s'il reste convenu et de surface. Inutile. On ne peut pas reprocher à l'Evêque de Rome de faire son travail. Mais commençons par le commencement. Qui dans les médias a rappelé que le titre du discours est : "Foi, Raison et Université. Mémoires et réflexions". Ne pas le citer revient à gommer le fondement de ce texte qui est avant tout un texte universitaire. Le Pape commence d'ailleurs ainsi : "C'est pour moi un moment de grande émotion de me trouver une nouvelle fois dans cette université et de pouvoir une nouvelle fois donner un cours".
Dans son introduction, Benoît XVI se souvient de son travail d'enseignant à l'Université de Bonn, et de la manière dont la théologie s'insérait naturellement dans le travail universitaire : "Sans aucun doute, l'université était également fière de ses deux facultés de théologie. Il était clair qu'elles aussi, en s'interrogeant sur la dimension raisonnable de la foi, accomplissaient un travail qui nécessairement fait partie du "tout" de l'universitas scientiarum, même si tous pouvaient ne pas partager la foi, dont la relation avec la raison commune est l'objet du travail des théologiens."
Dans le contexte du thème "foi et raison", il évoque le désormais célèbre empereur Manuel II Paléologue. Il en fait deux citations, et on peut se demander en fait laquelle dérange le plus certains musulmans, ou certains critiques : "Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait" ou bien : "Dieu n'apprécie pas le sang"- dit-il -,"ne pas agir selon la raison , sun logô, est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme, non du corps. Celui, par conséquent, qui veut conduire quelqu'un à la foi a besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la violence et de la menace... Pour convaincre une âme raisonnable, il n'est pas besoin de disposer ni de son bras, ni d'instrument pour frapper ni de quelque autre moyen que ce soit avec lequel on pourrait menacer une personne de mort..."
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La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme.
La position de Benoît XVI au sujet de la violence est claire et sans ambiguïté : ..."L'empereur, après s'être prononcé de manière si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme"... Voilà de quoi faire méditer ceux qui, imprégnés de relativisme culturel et de culpabilité occidentale, ont été chercher dans la bible et, de manière plus problématique, dans l'évangile, des paroles d'une "inouïe violence", pour bien établir que, bien sûr, toutes les religions se valent et qu'elles sont également porteuses de violence… Eh bien non, il semble que le christianisme ait définitivement tourné le dos à la tentation de la violence... Ce que n'a pas encore fait l'islam, nous en avons, hélas, des preuves tous les jours.
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Ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu.
C'est là le thème principal du discours de Benoit XVI. Le pape voit dans cette conviction le point crucial où la foi chrétienne se rapproche et s'unit à la raison grecque : "La conviction qu'agir contre la raison serait en contradiction avec la nature de Dieu, est-elle seulement une manière de penser grecque ou vaut-elle toujours et en soi ? Je pense qu'ici se manifeste la profonde concordance entre ce qui est grec dans le meilleur sens du terme et ce qu'est la foi en Dieu sur le fondement de la Bible."
Ce rapprochement est présent dès l'origine du christianisme : "Au commencement était le logos", nous dit Saint Jean. Cela ne doit rien au hasard ni à l'opportunité. Il est nécessaire et trouve ses racines dans l'Ancien Testament. Il est présent dans l'histoire du christianisme et de sa diffusion : "Fondamentalement, [au sujet de la traduction grecque de l'Ancien Testament réalisée à Alexandrie] il s'agit d'une rencontre entre la foi et la raison, entre l'authentique philosophie des lumières et la religion. En partant véritablement de la nature intime de la foi chrétienne et, dans le même temps, de la nature de la pensée grecque qui ne faisait désormais plus qu'un avec la foi, Manuel II pouvait dire : Ne pas agir "avec le logos" est contraire à la nature de Dieu.

Le fondement de l'Europe.
Il accompagne le développement du christianisme jusqu'au début de l'époque moderne, malgré des tentatives de remises en cause par certains théologiens comme Duns Scott. Benoît XVI insiste : "En opposition à cela, la foi de l'Église s'est toujours tenue à la conviction qu'entre Dieu et nous, entre son Esprit créateur éternel et notre raison créée, il existe une vraie analogie dans laquelle -comme le dit le IVe Concile du Latran en 1215 - les dissemblances sont certes assurément plus grandes que les ressemblances, mais toutefois pas au point d'abolir l'analogie et son langage". Ce rapprochement est un fait décisif de l'histoire universelle, "un fait qui nous crée des obligations aujourd'hui encore". Il est à l'origine et demeure le fondement de notre civilisation européenne, " de ce que l'on peut à juste titre appeler l'Europe". À partir de l'époque moderne apparaissent des mouvements de "des-hellénisation" du christianisme. Le pape découpe cette tendance en trois étapes.
Le premier de ces mouvements est celui de la Réforme, au XVIe siècle. Les réformateurs veulent retrouver la foi dans son sens véritable et originel, et pour cela il faut la libérer de la métaphysique. Kant pousse cette logique jusqu'au bout : "Ainsi a-t-il [Kant] ancré la foi exclusivement dans la raison pratique, en lui niant l'accès au tout de la réalité." À ce mouvement succède celui de la théologie libérale du XIXe et de XXe siècle. Il vise à réduire le christianisme à un humanisme, le libérant de tout aspect philosophique ou théologique, la théologie devenant alors une science historique. Cette "autolimitation" moderne de la raison, Benoît XVI la résume ainsi : "D'une part, on présuppose la structure mathématique de la matière, sa rationalité intrinsèque, pour ainsi dire, qui rend possible sa compréhension et son utilisation dans son efficacité opérationnelle : ce présupposé de fond est pour ainsi dire l'élément platonicien dans le concept moderne de la nature. D'autre part, on envisage l'"utilisabilité" fonctionnelle de la nature selon nos objectifs, où seule la possibilité de contrôler vérité et erreur à travers l'expérience fournit une certitude décisive."
Cette évolution de la conception de la raison a pour effet de réduire la diversité de la science, (les sciences humaines cherchant à se rapprocher du canon mathématico-empirique), mais aussi le domaine même de la raison (la question de Dieu est dorénavant rejetée de ce domaine). "Alors c'est l'homme lui-même qui devient victime d'une réduction" : "Car les interrogations proprement humaines, c'est-à-dire celles concernant les questions sur "d'où" et "vers où", les interrogations de la religion et de l'ethos, ne peuvent alors pas trouver de place dans l'espace de la raison commune décrite par la "science" interprétée de cette façon, et elles doivent être déplacées dans le domaine du subjectif. Le sujet décide, à partir de ses expériences, ce qui lui apparaît religieusement possible, et la "conscience" subjective devient, en définitive, la seule instance éthique".
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Le temps de l'inculturation.
Enfin le troisième temps de la deshellénisation du christianisme est celui, actuel, de l'inculturation : la rencontre du christianisme avec le monde grec a été une première inculturation, elle doit laisser la place à d'autres inculturations dans sa rencontre avec d'autres civilisations. Pour Benoît XVI, cela n'est qu'en partie vrai, tant la synthèse de la foi et du logos grec est le fondement même du christianisme.
Dans sa conclusion, Benoît XVI affirme qu'il ne pense pas à un quelconque retour en arrière,pas plus qu'à une remise en cause des convictions de l'époque contemporaine. Il propose au contraire "un élargissement de notre concept de raison et de l'usage de celle-ci. Car malgré toute la joie éprouvée face aux possibilités de l'homme, nous voyons également les menaces qui y apparaissent et nous devons nous demander comment nous pouvons les dominer. Nous y réussissons seulement si la raison et la foi se retrouvent unies d'une manière nouvelle ; si nous franchissons la limite auto-décrétée par la raison à ce qui est vérifiable par l'expérience, et si nous ouvrons à nouveau à celle-ci toutes ses perspectives". Qu'y-a-t-il dans ces paroles de rétrograde et de convenu ? J'y vois pour ma part une grande tolérance et l'acceptation raisonnée et raisonnable de nos temps. Propos d'une grande modernité et sans rien de paradoxal.

La condition d'un véritable dialogue des cultures et des religions.
On a voulu opposer la bienveillante attitude de Jean Paul II à assise à ce qui a été présenté dans les médias du monde entier comme une retenue compassée. Il s'agit bien plutôt d'une réflexion positive née de l'expérience du pontificat précédent à l'aulne de la pensée du théologien qui occupe aujourd'hui le trône de saint Pierre. "Une raison qui reste sourde face au divin et qui repousse la religion dans le domaine des sous-cultures est incapable de s'insérer dans le dialogue des cultures"..."Depuis longtemps l'Occident est menacé par cette aversion contre les interrogations de sa raison, et ainsi il ne peut subir qu'un grand dommage". Diagnostic impitoyable de notre état d'aveuglement. L'avertissement est clair.
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Revenant à son point de départ, Benoît XVI termine en disant : "Ne pas agir selon la raison, ne pas agir avec le logos, est contraire à la nature de Dieu" a dit Manuel II, partant de son image chrétienne de Dieu, à son interlocuteur persan. C'est à ce grand logos, à cette ampleur de la raison, que nous invitons nos interlocuteurs dans le dialogue des cultures. La retrouver nous-mêmes toujours à nouveau, est la grande tâche de l'université."
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Loin des polémiques déplacées qu'il a suscitées, et qui en masquent la véritable nature, nous avons affaire à un texte fondamental. Rien de ce que Saint Père a dit ne peut être négligé, ni balayé d'un geste désinvolte comme l'ont fait nombre de journalistes et d'intellectuels à la mode. Il n'est pas une provocation à mettre au compte d'une quelconque calotte, d'une quelconque secte frileuse, d'une assemblée de fanatiques aveuglés et exaltés qui perdant de la vigeur se rattache à des idées extrêmistes. Bien au contraire. On y sent à tout moment la lumière de la raison et la force de l'amour.
Loin de tous les sectarismes, de nouvelles réflexions, de nouvelles perspectives s'ouvrent à nous. Il reste maintenant à examiner, à argumenter, à réfléchir. Sans aucun doute un texte qui fera date. Il faut vite oublier les polémistes de tout poil qui se sont jetés sur Benoit XVI qui n'a pas le charisme de son prédecesseur. Loin des manifestations de masse, loin des trépidants mouvements de foule que Jean Paul II suscitait à chacun de ses déplacements, le petit homme qui lui a succédé travaille presque dans l'ombre. L'avenir démontrera au monde que le second prolonge l'action et la pensée du premier, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

22 octobre 2006

Prions avec Saint Augustin

Viens à moi,
Esprit SaintEsprit de sagesse !
Donne-moi un regard et une oreille intérieure
Pour que je ne sois pas attiré par les choses matérielles,
Mais que je cherche toujours les réalités de l'Esprit.

Viens à moi, Esprit Saint,Esprit d'amour :
Fais que mon cœur
Soit toujours capable d'une plus grande charité.

Viens à moi, Esprit saint,Esprit de vérité :
Donne-moi d'arriver à la connaissance de la vérité
En toute sa plénitude.

Viens à moi, Esprit saint,
Eau vivante qui jaillit en vie éternelle :
Fais-moi la grâce d'arriver
A contempler le visage du Père
Dans la vie et la joie sans fin.
Amen.
Saint Augustin - Fresque de Boticelli

5 octobre 2006

Dépasser le sensible et aller vers l'essentiel...

"Simplement viens, rejoins la Communauté en prière.
Dépasse le sensible et va vers l’essentiel.
Emprunte les mots séculaires pour dire l’inexprimable.
Applique ton cœur à ce qu’énoncent tes lèvres."..
Règle des diaconesses de Reuilly
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Simplicité qui éclaire et qui révèle. Aller vers l'essentiel. Plonger dans la profondeur du divin. S'enfouir dans la lumière du coeur. Simplement. Porter en silence la douleur et les espoirs de ce monde. Partager avec le Père les doutes, les misères mais aussi les joies et les victoires qui nous sont confiées...
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Dans la petite chapelle de Mamré, au Brillac où la nuit dans la crypte aménagée par les soeurs sous la grande maison familiale, combien d'heures avons-nous passé à prier. Cet apprentissage du silence, ce goût pour l'oraison, j'en ai été comme imprégné, par un air de cithare, par les chants qui s'élançaient aux quatre prières du jour. Le sensible oui, mais qui mène à l'essentiel : Rendre grâce et porter nos frères dans la prière.
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Non, mon coeur ne serait pas rempli d'autant de joie et de paix si je n'avais pas eu la chance de venir un jour au Brillac, avec ma communauté d'alors, cette grande famille des Chartrons, sous la conduite du pasteur Olivier Fabre ou bien était-ce le pasteur Ferret du Temple du ? La lecture de la Règle de cette communauté a fait jaillir ce soir une montagne de souvenirs.
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Je rends grâce au Seigneur pour l'intuition de Caroline Malvesin, celle de Soeur Viviane, pour Soeur Myriam et toutes les soeurs de la communauté. Les diaconesses sont un lien entre les Eglises comme le sont les frères de Taizé. Leur engagement dans le monde et leur vie de prière sont la justification de mon propre engagement. Le modèle aussi.


Joie, joie, pleurs de joie


« Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous du moins, mes amis, car la main de Dieu m'a frappé. Pourquoi vous acharner contre moi, comme Dieu lui-même ? Ne serez-vous jamais rassasiés de me mordre ? Je voudrais qu'on écrive ce que je vais dire, que mes paroles soient gravées sur le bronze avec le ciseau de fer et le poinçon, qu'elles soient sculptées dans le roc pour toujours : Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu'à la fin il se dressera sur la poussière des morts ; avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. Moi-même, je le verrai, et quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas. »
Job XIX,21-27.
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Quand je regarde autour de moi, je vois qu’à l’évidence nos temps sont difficiles. Mais ce sont nos temps. Le monde change sans que cela soit pour les hommes une évolution. Une constante cependant demeure : là où il y a souffrance et chagrin, il y a Dieu qui pleure et qui souffre. Ne pas chercher à réagir, ne pas tendre la main, ne pas vouloir chercher à soulager ne serait-ce qu’un peu, ne serait-ce que temporairement par un sourire, ou un geste revient à nier Dieu et sa présence. J’ai vécu comme tout un chacun des périodes difficiles. J’en vivrai d’autres. Ce n’est jamais facile. Cependant, j’ai reçu une grâce que je me dois de partager. Il n’y a pas de difficulté, de deuil, de douleur qui ne puisse être surmontée quand on remet au Seigneur tout ce qui nous pèse et nous assomme. Par la prière, par l’oraison, par le silence devant sa sainte Face, la paix puis la lumière nous sont toujours données.

4 octobre 2006

Sainte humilité ou diabolique méprise ?

En relisant dans un ouvrage d'histoire, le chapitre relatant le triste épisode des massacres de Vendée, j'ai pensé à un éditorial récent de Philippe Maxence dans l'Homme Nouveau.. En voici de larges extraits pour servir de base de réflexion, et de méditation :
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"Jacques Maritain, naguère, distinguait entre la "Personne" de l’Église et les membres de son "personnel". La première était "une, sainte, catholique et apostolique". Les seconds, bien que communiant à des degrés divers à cet article du Credo, pouvaient obscurcir la visibilité de la sainteté de l’Église par leurs péchés et leurs défaillances. L’Église, qui est sur la terre, est formée de pécheurs.
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Ce rappel, paradoxalement, ne doit pas nous conduire à douter de l’Église ou à manquer de confiance dans les membres de sa hiérarchie. L’Église est de constitution divine et cette constitution implique qu’elle repose sur l’autorité des évêques unis au pape. Il n’y a pas d’Église catholique sans évêques. Ceux qui espèrent ou qui rêvent d’une réforme de l’Église, d’un grand renouveau ou d’un retour aux grandes époques de son histoire, ne doivent pas oublier que rien ne se fera sans les évêques. Ils sont les successeurs des Apôtres, avec leur sainteté, leurs misères, leurs courages et leurs défaillances.
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Dans ce regard que nous jetons sur l’état de l’Église de France, il faut se garder de tomber dans deux pièges : l’angélisme et un hyper-réalisme critique. La première tentation serait d’affirmer que l’Église en France se porte bien, qu’elle n’a pas de problèmes ni de défaillances. La seconde tentation ne verrait, au contraire, que les zones d’ombre et les infidélités.
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À nous catholiques, il nous est demandé un grand effort : savoir porter sur des réalités naturelles un regard surnaturel, nourri par la foi, l’espérance, la charité, l’enseignement de l’Église et son histoire elle-même"...
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Dans un de ses dossiers, la revue l'Homme Nouveau présentait, un an après l’accession de Benoît XVI au souverain pontificat, et alors que de nouvelles nominations d’évêques et des départs à la retraite venaient d'avoir lieu, un tableau très détaillé de la situation de l’Église. a sa lecture, on pouvait aisément comprendre l'évolution des tendances du corps épiscopal. La déclaration de repentance de Mgr Santier, Evêque de Vendée y est évoquée "qui pose, selon nous, un véritable problème à notre conscience de laïcs catholiques".
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"Peut-on, tout en même temps, affirmer constamment le principe de l’autonomie du laïcat dans le domaine temporel tout en mettant en cause le principe même de la chrétienté, incarnation du spirituel chrétien dans le temporel ? Peut-on, sous prétexte de repentance, insulter à la mémoire de ceux qui sont morts pour obtenir de la Révolution anti-chrétienne la liberté religieuse ? Ces questions font, aussi, partie de la situation de l’Église de France."
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Mais reparlons des faits. l'Evêque de vendée déplorait dans sa déclaration "l'emprise de l'Eglise sur la société vendéenne dans le passé". Cette emprise était en effet tellement inacceptable, si jacobinement insupportable qu'il fallut en 1793 envoyer notamment le général-boucher Turreau et ses célèbres colonnes infernales pour essayer de la desserrer en exterminant 400.000 de ces "brigands" vendéens qui osaient défier le règne du progrès et de la liberté en se cramponnant à une foi catholique désuète et en restant fidèle à leur roi que tous dans le pays quelques mois auparavant aimaient et vénéraient comme leur père...
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L'emprise du clergé sur ces "fanatiques" était telle que dans les églises, les femmes et les enfants se pressaient autour de leurs prêtres pour mourir et que les soldats de la République étaient dans la nécessité de les égorger ou de les passer tous ensemble au fil des baïonnettes comme ils le firent, par exemple, le 28 février 1794 dans le petit bourg des Lucs-sur-Boulogne, "décalottant" selon le rapport Chapelain, "toute une nichée de calotins qui brandissaient leurs insignes du fanatisme". Les soldats de la liberté "décalottèrent" ainsi 564 femmes et enfants dont 109 de moins de 7 ans qui, n'en doutons pas, étaient déjà "sous emprise".
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Ce génocide n'est pas médiatique. Pas plus que le massacre des moines de Tibérine ou l'assassinat de cette soeur italienne en Afrique... Pourtant il représente pour la France autant que le génocide arménien sous d'autres cieux ! Fallait-il assimiler ces populations de croyants fervents à des fauteurs de trouble qui auraient démérité de la République ? Pourquoi laisse-t-on la pensée unique et la langue de bois se faufiler jusqu'à la chaire de nos églises ? Que le lecteur soit juge et qu'il prie le Seigneur de donner à nos évêque discernement et lucidité !"
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Philippe Maxence
Nota Bene :
A la réflexion, et après lecture de différents ouvrages, je ne pense pas que le terme "génocide" puisse s'appliquer au terrible massacre des vendéens, pas plus qu'à celui des arméniens. Ces boucheries terribles et inexcusables, injustifiables et impardonnables, n'ont jamais été commanditées, préméditées, organisées administrativement, politiquement, légilativement comme le fut le seul génocide des temps modernes, celui qui mena des centaines de milliers d'innocents vers une mort programmée dans les camps d'extermination voulus par le Régime nazi et ses chefs. Le monde connait depuis toujours des légions de martyrs dont le malheur fut d'avoir été à un mauvais moment au mauvais endroit.

1 octobre 2006

C'est demain Yom Kippour, la Fête du Grand Pardon pour nos frères juifs.

La veille de Yom Kippour, les juifs font un repas de fête pour montrer leur foi et leur confiance dans la miséricorde Divine. Une autre belle coutume de ce jour consiste pour les parents a bénir leurs enfants. Yom Kippour c'est le rachat des péchés commis a l’encontre de Dieu.
Mais non de ceux commis a l’encontre de son prochain. "C’est pourquoi il importe, la veille de Yom Kippour, de rechercher le pardon de ceux que nous avons pu offenser pour effacer les ressentiments que nous aurions fait naitre".
Bien que les "jours de crainte", comme on les nomme souvent, soient solennels, ils ne sont pas tristes. En fait, Yom Kippour, le jour le plus saint de l’année, est, d’une certaine manière, l’un des plus heureux. C’est qu’a Yom Kippour le croyant reçoit ce qui est peut être le don le plus sublime de Dieu, Son pardon. Lorsqu’un homme accorde son pardon, il exprime un sentiment profond d’amour, qui efface dans sa relation a l’autre les effets du mal subi. Le pardon que Dieu accorde est l’expression de son amour éternel et inconditionnel.
Bien que l'homme passe son temps à transgresser la volonté de Dieu, oour le juif notre notre âme, demeure divine (venant de Dieu) et donc pure. Yom Kippour est ce jour unique de l’année oü Dieu révèle plus clairement l’unité de son essence avec l'âme du pêcheur ; Cette âme par laquelle les juifs se trouvent véritablement dans une position d’égalité et d’individualité : "plus nous saurons montrer cette unité essentielle en agissant avec amour et fraternité, plus Dieu Lui-même nous révèlera, dans Sa plénitude, Son amour".
A Yom Kippour, le croyant est libéré de toute preoccupation matérielle : il peut donc consacrer tout le jour à la prière. Le service du soir commence par le chant de "Kol Nidré" qui absout des voeux que nous pourrions faire durant toute l’année a venir. Dans chacune des grandes prières de Kippour, les croyants récitent le "Vidouy", la confession qui énumère les pêchés que nous pouvons avoir commis et ils demandent le pardon Divin. La dernière prière de ce grand jour, alors que le jugement est sur le point d’être scellé, est appelé "Neilah". C'est, de toute l’année, le seul office qui s'accomplit devant l’Arche ouverte comme sont grandes ouvertes, a ce moment-là, les portes du ciel. La Neilah culmine avec la proclamation par la communauté du "Chema Israel" ("Ecoute Israël"), a l‘unisson, et enfin, par la dernière sonnerie du Chofar, cette trompette sacrée qui semble lorsqu'elle retentit devoir percer les cieux de son cri strident pour rejoindre le Père.
Que notre prière en ce jour rejoigne la grande prière de nos frères juifs qui se préparent à cette grande fête.

"au coeur de l'Eglise, je serai l'amour"

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus
Docteur de la Foi

Elle est morte à 24 ans. Elle est Docteur de la Foi, témoin de la Vie et guide d'une Eglise qui doute au milieu d'un monde déboussolé où les hommes se croyant définitivement libérés se jettent d'eux-mêmes sans s'en rendre compte dans un esclavage terrible où le malin les attire. Thérèse nous montre comment résister et travailler au triomphe de la Liberté vraie, celle qui porte le plus beau nom : l'Amour. Sur ce chemin, il y a la joie et la grâce. Aux dimensions du monde, cela se traduit par la paix et la tolérance, l'entraide et la solidarité. Ouvrons nos mains à toutes les misères, reprenons ensemble la route de la foi.
Des esprits "éclairés" crieront au retour de l'obscurantisme. On me traitera d'illuminé, de retardé. Proclamer sa foi et témoigner de la joie et de la force qu'on en reçoit déplait et agace. Comment être responsable, engagé dans son époque, présent au monde et digne de confiance, quand on est croyant, pratiquant et que de cette croyance, de cette pratique naissent des obligations et des comportements hors la mode et les convenances ?
La tentation est alors grande de s'enfermer avec ceux qui vibrent de la même manière en chantant les Psaumes de David, en écoutant les Paraboles du Christ et en communiant à son sang et à son corps, force vitale. Il faut résister. La tentation est grande de se penser sauvé et à l'abri quand on pénètre dans la Maison de Dieu et qu'inclinés devant son Saint Tabernacle rien du monde extérieur ne semble plus avoir d'importance. Le monde est important, les temps que nous vivons sont nos temps et nous devons y avoir notre part. Ce monde arrive à son terme, ces temps sont les derniers temps, mais nous en sommes tous, nous les croyants, responsables et quand la nuit se fera, nous devons être là car nous sommes le Corps du Christ.
Que ceux qui se moquent et critiquent soient bénis. Que la Lumière se fasse en eux et que la paix s'empare de leurs coeurs trompés par de fausses valeurs. Ne nous y trompons pas, il y a déjà leur place aux côtés du Père. Nous, de par notre mission et les talents qui nous ont été confiés pour servir l'Amour et la Paix, nous y avons moins de place. Avons-nous toujours veillé à ce que le feu ne s'éteigne pas ? Ne sommes nous pas complices de la violence, de l'injustice, trop souvent indifférents ? Le prince du mensonge n'a-t-il pas déjà pris notre coeur ? Sommes-nous assez détachés du monde pour pouvoir, à l'image du Christ, servir ce monde ? Nous appartenons au Christ, nous devons être ses prophètes, ses prêtres et ses rois. Sans crainte, sans peur de déparer dans cette époque vide de sens et d'amour vrai. Vous savez bien, la "porte étroite"... Sainte Thérèse disait que nos pêchés doivent nous rendre joyeux car ils servent à magnifier l'amour et la miséricorde du Père. Comme elle, soyons émerveillés.
Ce feu d'amour avec lequel il embrase nos coeurs doit jaillir en autant d'étincelles vers nos frères pour transmettre l'espérance et l'enthousiasme : C'est à notre joie et au bonheur de l'homme que le Christ a rendu visite, disait Dostoïevsky. Notre mission la voilà : répandre la Joie. Regardez Sainte Thérèse malade qui débordait de gaité alors que bientôt elle mourra... Nos misères et nos peines acceptées deviennent puissance de consolation, d'amour, d'intercession. Notre sourire comme notre faiblesse deviennent le sourire de Dieu et sa force ! "Surprised by Joy, Impatient like the wind", c'est cette phrase du poète qui doit définir notre action de chrétien dans ce monde gris et triste. N'abandonnons pas cette mission. Les valeurs de ce monde passeront, pas l'Amour. Soyons heureux d'être tout petits, faibles, imparfaits ; par le Christ, nous sauverons le monde. Ne cessons pas de clamer avec Sainte Thérèse : "ma vocation dans l'Eglise je l'ai trouvé, c'est l'amour".
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