25 novembre 2007

Il est aussi bon de peler des pommes de terre pour le bon dieu que de bâtir des cathédrales...

Guy de Larigaudie, un des guides de ma prime jeunesse disait qu’il était aussi bien de peler des pommes de terre pour le bon dieu que e bâtir des cathédrales. J’ai l’impression depuis un certain temps de plutôt peler des pommes de terre que de bâtir des cathédrales dans ma vie spirituelle. Les dimanches sont devenus difficiles à gérer. Les enfants grandissant, il s’avère de plus en plus difficile de faire venir les enfants à la messe.
Même la petite, pourtant très pieuse, vit ce temps pourtant si fort comme une obligation et lorsque, renonçant à me stresser et à stresser tout le monde quand l’heure de la messe approche et que personne n’est encore habillé, je vois son regard se mettre à briller. Il faut dire que notre organisation de vie est devenue un peu compliquée, Ils sont avec moi chaque week- end mais doivent repartir déjeuner chez leur mère le dimanche. C’est donc la course à chaque fois. Il suffit que je les laisse un peu dormir – ils ont besoin de cette fin de semaine pour reprendre des forces et sont vraiment fatigués par leur vie quotidienne – que le petit déjeuner s’éternise pour qu’aussitôt les rouages s’emballent. Cris, énervements, menaces… Le moment de la messe devient une corvée voire un motif de tension familiale. Mon aînée n’y va plus jamais. La seconde baigne encore dans une atmosphère spirituelle grâce à l’aumônerie et aux guides. Mais mon fils, adolescent de 14 ans dans toute sa splendeur, est en pleine objection de conscience et son refus s’argumente de plus en plus et cela donne des échanges très vifs entre lui et moi. La petite dernière me suit mais je ne ressens plus l’enthousiasme béat de son enfance, cette joie qu’elle montrait à prier, à chanter les chants que je lui apprenais. Il faut dire que comme beaucoup d’enfants d’aujourd’hui, passé le temps de la communion, il n’y a plus rien d’organisé qui puisse la maintenir, en dehors du cercle familial, dans une sphère de foi et de vie spirituelle. Où est le temps de notre petite chapelle familiale, ces temps quotidiens de prière devant une icône et la bible ouverte ? Les bougies, la musique de Taizé, les chants de l’Emmanuel ou les psaumes de Goudimel ?
Ce dimanche encore nous n’irons pas tous ensemble à Saint Paul. La messe sera belle portant en cette solennitré du Christ-Roi. Je ne ressentirai pas cette joie intense quand, à l’élévation, mes enfants s’agenouilleront spontanément devant le saint sacrifice. Je ne tremblerai pas lorsque face au prêtre je recevrai le corps du Christ et que je regarderai mes enfants recevoir à leur tour la communion. Le décalage est grand entre ma soif de vie spirituelle, et le monde dans lequel mes enfants vivent. Leur mère n’est pas croyante. Elle a même adopté face à ma foi et à mon engagement spirituel une attitude critique et agressive. Le comportement des enfants s’en ressent. Ils ont beau appartenir à un milieu où la majorité des familles pratiquent une religion certainement d’usage, par héritage et tradition, mais qui pratiquent. Et puis ce ne sont pas des familles séparées… Alors je vis ma foi tout seul, dans les actes de mon quotidien, en assistant à des messes en semaine, en lisant la Bible et des textes de théologie, en priant aussi beaucoup dans le silence de mes nuits. Mais est suffisant ? Comment transmettre cet amour, cette force, cette sérénité que me donne ma foi ? Comment aider mes enfants à replacer le Christ au centre de leur vie, comme le moteur unique de leur cheminement ?
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