Discutant l'autre jour avec une dame - charmante et attentionnée au demeurant - envoyée par les services des impôts pour comprendre ma manière de fonctionner, je me suis rendu compte combien les conséquences de mon cheminement intérieur pouvaient paraître incroyables et bizarres aux yeux des gens contraints de demeurer dans le système et d'y coller. Les évènements de ma vie privée, l'évolution (le mot est mal choisi mais c'est le seul auquel je pense sur l'instant) de notre monde et mes nombreuses heures de Désert, semblent confirmer la validité de mes choix qui, s'ils m'enlèvent toute possibilité de m'enrichir, de me faire connaître; d'avoir une "position", m'ont apporté une paix profonde, une joie inexorable et la certitude d'être enfin sur la bonne voie, ouvert aux autres. A l'écoute. Disponible et serein. Cette liberté conquise sur mes atavismes, mes manques, mes conformismes. Sur mon éducation et la culture de mon milieu simplement. Mais cette liberté n'est pas une fin en soi, sinon elle ne serait qu'égoïsme. Elle est un moyen. Elle me permet de regarder aujourd'hui l'autre comme il est et non à travers de prismes déformants. Elle me permet d'appréhender chaque situation de mon existence avec un regard à chaque fois différent. Elle est à reconquérir chaque jour, éternelle lutte contre moi-même. Elle procède de bien plus haut et plus important que moi, car c'est la soumission à l’Autre qui conditionne la liberté. Une soumission voulue, joyeuse et active.En cherchant comment expliquer ce ressenti, j'ai déniché un beau texte du Père Rouet, notre vicaire épiscopal, noté sur son blog :
"La liberté est le bien le plus précieux et le moins partagé dans le monde des hommes... Elle est essentiellement intérieure. Elle ne se confond ni avec le libéralisme ni avec le caprice de faire ce que je veux, quand je veux... Elle n'est vraie et réelle que sous la forme d'une libération. Je ne nais pas libre, je le deviens ... peut-être ! Elle est ce sentiment profond d'être soi, l'expérience d'un épanouissement de soi qui déploie mon être et mes capacités de vie et de relation. Elle n'est jamais acquise une fois pour toute. Elle ne s'expérimente que dans l'ouverture à l'autre, que dans le consentement à soi et à l'autre. C'est dans le désert que j'apprends à l'aimer car il n'y a rien d'autre que Dieu et l'immensité..."


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