4 septembre 2011

Dans la main de Dieu


"On doit être comme de l'argile informe dans la main de Dieu. Cette main d'amour nous forme comme elle le veut. […] Elle rend doux et passif, elle nous apprend à abandonner toute volonté. […] Elle nous isole dans un lieu vide de toute vie propre ou étrangère, où Dieu est le seul et entier trésor des âmes."
Gerhard Tersteegen (1697-1769)

Initiateur de la Réformation de l'Église, Luther a dénoncé l'ascèse monastique comme moyen de salut. Le monachisme a ainsi connu une longue éclipse dans le protestantisme. Luther a condamné aussi le monopole clérical de l'expérience spirituelle. Pour lui, l'âme de chaque fidèle est unie au Christ — dans la prière, la lecture de la Bible et la fréquentation du culte — par la grâce de la foi. Calvin, de son côté, a décrit le chrétien reformé comme «illuminé et glorifié par Dieu». Les débordements "illuministes" des mouvements radicaux de la Réforme ont rendu suspecte la voie mystique. Souvent rejetée par ses grands théologiens, tel Karl Barth au XXe siècle, elle n'en reste pas moins un phénomène résurgent dans le protestantisme. Aux XVI-XVIIe siècles, elle a pour principales figures Jacob Boehme et Gerhard Tersteegen. Au XVIIIe siècle, la spiritualité du mouvement piétiste est, à l'image de Zinzendorf, recherche de communion avec le Christ. L'est encore le mouvement du Réveil de la foi protestante (XIXe siècle), dont la ferveur spirituelle trouve des suites dans les courants pentecôtistes et charismatiques nés au XXe siècle. La démarche mystique a aussi été soutenue par Albert Schweitzer pour qui la foi ne peut atteindre sa plénitude en restant purement rationnelle. Au milieu du XIXe siècle, le monachisme a fait son retour avec des fondations communautaires, le plus souvent féminines, les diaconesses. Ce mouvement s'est poursuivi au XXe siècle, en s'inspirant parfois de l'expérience spirituelle de la communauté œcuménique deTaizé, d'origine protestante.

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