Quand "Histoire de Famille", le premier film réalisé par l'actrice Helen Hunt, est sorti, le public et la critique l'ont moyennement bien accueilli. En France on a crié à la bluette un peu lourde, les plus honnêtes parlant d'un film gentil, drôle, émouvant et sympathique. En le visionnant à nouveau ces jours-ci, dans sa version originale, j'ai découvert que derrière l'apparente légèreté, cet esprit à la Woody Allen (le film se déroule à New York), on avait affaire à un quelque chose de puissant et de profond. De son titre original,.Se réservant le rôle principal, , Helene Hunt a co-écrit et réalisé "Then She Found Me", qui est adapté du roman éponyme de Elinor Lipman. C'est en résumé l'histoire d'April Epner, une institutrice encore jeune (elle a 39 ans), qui essaye de faire face au départ de Ben, son mari immature (Matthew Broderick), à la disparition de sa mère adoptive, à sa rencontre avec le père d'un de ses élèves qui se soucie de son (Colin Firth), l'apparition soudaine de sa mère biologique (Bette Midler) et le désir irrésistible d'avoir un bébé. April est juive et pratiquante, comme l'étaient ses parents adoptifs. Bernice, sa mère biologique, n'est pas vraiment croyante mais elle est chrétienne. Dans la clinique où elle doit faire une insémination artificielle, Bernice qui n'zest pas croyante, invite April à prier. Et c'est là qu'intervient une scène surprenante, du presque jamais vu dans un film hollywoodien : les deux protagonistes s'engagent dans une discussion approfondie sur le sens et l'importance de la prière. Mais oui, au beau milieu d'un film fait pour détendre et sourire, on assiste à une discussion sérieuse et qui nous touche ! Prions-nous quand nous nous sentons plus proches et plus confiants de Dieu ou quand nous nous sentons perdus et les plus dépourvus ?
Une des raisons qu'avance April pour expliquer sa réticence à se résoudre à prier en ce moment, c'est qu'il faudra penser à ce que signifie sa décision de se faire inséminer et réfléchir à la place que tient Dieu dans sa vie. Elle ne veut pas se résoudre à l'idée que ce qu'ele est en train de faire vient de son propre désir mais n'est pas la volonté de Dieu... Dans cette scène poignante, nous découvrons en même temps qu'April, combien Bernice la fofolle superficielle est sensible et combien elle aime sa fille retrouvée. Bernice pousse April à regarder honnêtement en elle pour décider de ce qui compte vraiment pour elle. Alors April se met à prier. Belle scène très émouvante où l'actrice se met à chanter le Shema Israel. elle aurait pu prononcer le Mishaberach, la prière que les juifs disent pour les guérisons, ou le Shehekianu, une prière de gratitude et de louange. Au lieu de cela, elle chante la plus ancienne et la plus sainte des prières des juifs, le Shema : "Ecoute Israël, Le Seigneur notre Dieu est Un seul Seigneur". Dans ce moment d'espoir et d'angoisse, l'héroïne revient à la première dès prières, celle qu'on apprend dès l'enfance, comme chez nous le Notre Père.
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