16 octobre 2011

La jeune moniale qui allait d'un pas joyeux

Jésus mon Christ, combien ta lumière irradie nos routes. Nous allons sur les chemins de la vie parfois hagards et plein d'angoisse, nos pas nous portent sans que nous sachions où aller, il fait sombre dans nos cœurs mais ton amour incandescent éclaire les cailloux de la route. C'est à cela que je pensais l'autre jour, vers le milieu du jour quand les obligations de la vie sociale m'avaient conduit dans le quartier du Jardin Public où j'ai longtemps vécu. J'allais à la banque et je chantais intérieurement ce beau cantique de Jacques Berthier qu'on chante à Taizé, "Jésus le Christ".
J'étais au milieu du monde. Entouré par la circulation automobile, le bruit, les passants pressés. Mais le ciel était serein, le soleil brillait. Soudain une sensation de légèreté s'empara de moi, une grande joie paisible pénétra mon cœur et se répandit jusqu'au bout de mes doigts. Je retrouvais soudain l'une des litanies que nous chantions: " je te rends grâce pour tout ce que tu me donnes, [...], conduis moi sur le chemin d'éternité"... Le hasard me fit me retourner. Une toute jeune femme vêtue de bure grise allait son chemin. Une religieuse de la communauté de Saint Jean... Certains de mes lecteurs le savent, l'aînée de mes filleuls est membre de cette congrégation. Cette enfant que j'ai pratiquement vu naître a fait ce choix radical qui surprend de nos jours, même les croyants fidèles. Elle n'a pas fui le monde, elle a choisi de le porter à bout de cœur, en ne réduisant pas son amour à quelques uns mais à l'universel, prenant l'extraordinaire décision de partir à la suite du Christ. Derrière toute l'inconscience de la jeunesse, l'enthousiasme du charbonnier, il y avait dès le premier instant le choix de Dieu qui sans s'imposer, sans rien forcer, a continuellement posé des jalons sur le chemin de cette enfant, pierraille tranchante et douloureuse ou galets polis par la joie... Elle a choisi la grâce et je me sens en face d'elle, comme en face de tous ceux qui quittent ce monde pour mieux le porter et ainsi mieux servir Dieu et ne servir que Lui, comme un petit enfant.
"Heureux ce qui avec un corps résolu font le joie de s'abandonner au Christ et de lui donner toute leur vie", c'est ainsi que s'exprimait Frère Roger. C'est avec ces mots-là qu'il m'ouvrit les portes de Taizé, me proposant quelques mois de présence au sein de la communauté. je savais que j'y resterai et je ne me suis jamais résolu à répondre à cet appel... Il y a eu la merveilleuse période du mariage et les quatre extraordinaires enfants qui m'ont été donnés. Mais parfois, comme ma pensée l'évoquait au moment même où cette jeune religieuse a croisé mes pas, l'idée très forte que depuis toujours mon chemin de Damas mène dans la direction que ma chère filleule a su choisir...
"Jésus le Christ lumière de Dieu,
ne laisse pas mes ténèbres me parler
Jésus le Christ, lumière intérieure
donne moi d'accueillir ton amour"


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